‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 104 sur 293 · Voltaire, Histoire du Parlement, ch. XIX · texte numérisé non relu

Voltaire, Histoire du Parlement, ch. XIX

le vendredi, un grand nombre de victimes demeurées inconnues, et dont l'histoire ne raconte que les effrayants supplices ; en 1546 (l'année même de l'exécution d'Etienne Dolet), quarante-six réformés, dont dix-neuf femmes, condamnés à Meaux à diverses peines, et quatorze autres au feu : tels sont les fastes sanglants du règne de François I®»" *. j^

Mais, comme l'a dit de fiéze à propos de JVançois P^ « encore que ce prince ait eu de grandes imperfections, elles pouiTont estre presque estimées vertus, si on les compare aux meschancetez survenues après sa mort » *.

Dès 1545', en effet, c'est-à-dire dès les premières sessions du concile de Trente, l'Eglise manifesta son intention bien arrêtée de lutter par tous les moyens contre la propagation de riiérésie luthérienne. Elle avait, en 1542, substitué à l'ancienne inquisition monastique une nouvelle institution imitée de Tiiiquisition espagnole, et dont le tribunal suprême siégeait à Rome ; de plus, elleavpit établi la congrégation de l'Index ^destinée à pallier aux dangers de rimprimeriejdont le despotisme romain se fût volontiers débarrassé plus radicalement, s'il enavait vu la possibilité. On sait parquelles cruautés ces deux movens de défende roussirent à éliminer complètement de l'Italie, non seulement le protestantisme, mais encore toute véritable vie intellectuelle, et ceci pour près de deux siècles. En Espagne, sous Charles-Quint, et surtout sous Philippe ir, le fanatisme religieux qui, depuis Ferdinand et Isabelle, caractérisait la monarchie esj)agnole, se développa avec des conséquences non moins terribles qu'en Italie. Dès avant 1550, l'Inquisition; sans autorisation formelle, s'*y occupait déjà des livres et des œuvres dramatiques *.

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