J. Simon, op. cit. y p
2. Théodore de Bèze, Vrays pourtraicts des hommes illustres, Genèvo, 1581, p. 132.
3. Pour tout ce qui concerne la réaction catholique, cf. Philipson% La contre-révolution religieuse au XV I^ siècle, Bruxelles, 1883.
4. Cf. ^tAGNABAL, Hist. de la litt espagnole (d'ap. Ticknor), t. ii, p. 5 et 97.
Bientôt parut le premier Index expurgatoire, promulgué par Charles-Quint après avis du conseil suprême de l'Inquisition. Puis, en 1559, le premier autodafé de protestants eut lieu à Valladolid, et les supplices se multiplièrent jusqu'à ce que l'orthodoxie triomphât absolument en 1 570. « Les hommes instruits, dit Magnabal, se vo3^aient particulièrement exposés aux soupçons, parce que la cause du protestantisme s'adressait directement au savoir pour son soutien. Sanchez le meilleur écrivain classique de son temps, en Espagne Lui» de liéon, le meilleur critique hébraïsant et le prédicateur le plus éloquent ; Mariana, le meilleur des historiens espagnols, et d'autres lettrés, d'un nom et d'une réputation inférieure, furent sommés de comijaraître devant le tribunal de l'Inquisition, pour confesser au moins leur soumission à son autorité, s'ils n'étaient déjà pas sujets à ses censures. Les hommes de la vie la plus sainte et des mœurs les plus ascétiques n'échappaient pas aux soupçons et aux recherches, s'iJs manifestaient seulement une tendance à l'investigation *. » La pei'sécution était d'ailleurs bien accueillie par le peuple, et approuvée par des hommes illustres comme Cervantes et I/ope de Vega '. Il ne devait plus y avoir de liberté de conscience en Espagne jusqu'en 1808. Enfin, en tous pays,les inquisiteurs étaient soutenus par les jésuites, dont la règle avait été approuvée par Paul III en 1540.
L'Inquisition fut importée en France également sous le règne d'Henri II, et., si son triomphe y fut moins durable que dans les autres pH5^s latins, il fut cependant assez terrible pour faire oubUer les manifestations d'intolérance du moyen âge. Le fanatisme populaire encourageait d'ailleurs le roi à réprimer cruellement l'hérésie, ce qu'il eût fait aussi de son propre mouvement, par conviction religieuse et par absolutisme politique. De même, la Rorbonne se révélait chaque