RABKL.U8, Livre IV, ch. XLIX, p. 41S
d'amour divin, de charité envers vostre prochain, pourveu qu'il ne soit hereiicque\ » Et comme Rabelais veut qu'un rire large et irrésistible vienne,en toute occurrence, s'ajouter au plaisir du raisonnement, en une page pleine de verve, il confie à ses interprètes habituels, les compagnons de Pantagruel, le soin de répondre à Homenaz, et d'exposer les plaisants méfaits des Décrétales*. Mais, à chaque anecdote nouvelle, Homenaz fournit la même interprétation subtile, et démontre que c'est pour avoir fait un usage profane du livre sacré qu'on s'en est mal trouvé. Et, lorsque finalement frère Jean lui signale le quatrain suivant :
Depuys que decretz eurent aies, Et gens d'armes portarent maies, Moynes allarent à cheval.
En ce monde abunda tout mal,
Homenaz répond simplement : « Je vous entendz, ce sont petitz quolibetz des hereticques nouveaulx ^. »
Un autre point sur lequel porta souvent la critique de Rabelais est la rapacité ecclésiastique. « Notez, beuveurs, dit-îl par exemple, que, durant la messe >eiche d'Homenaz. troys manillers de l'ecclise, chascun tenant ung grand bassin en main, se pourmenoyent parmi le peuple, disnns à haute voix : « N'oubliez les gens heureux qui l'ont veu en face (le pape)». Sortansdu temple, ilz apportarent a Homenaz leurs bassins tous pleins de monnoye papimanicque. Homenaz nous dist que c'estoit pour faire bonne chiere. Et que de ceste contribution et taillon, l'une partie seroyt employée à bien boire, l'aultre à bien manger, suyvant une mirificque glose cachée en un certain coiîînet de leurs sainctes decre taies * . » Et un peu plus loin, Epistemon remarque