‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 129 sur 293 · Rabei^is, Livre IV, ch. LI, p · texte numérisé non relu

Rabei^is, Livre IV, ch. LI, p

que la papauté tire, bon an mal an, du royaume de France quatre cent mille ducats, sinon plus : « Est-ce rien ? » demande-t-il. A quoi Homenaz répond : a Cela me semble toutefoys estre peu, veu que France la treschristiane, est unicque nourrice de la court romaine V » Un critique contemporain a fait remarquer, il est vrai, que ce n'était pas là une grande hardiesse de la part de Rabelais, car une qutîstien d'argent divisait alors la royauté françaiseet la papauté': de ceci, il ne faut pas conclure que Rabelais fut avant tout un gallican ^ ; cette coïncidence voulue n'est qu'une preuve nouvelle de sa prudence extrême, et ne diminue en rien la vigueur sincère de cette satire.

Enfin, dans ces mêmes chapitres du Quart Livre, Rabelais raille encore une forme de la faiblesse humaine, qui transforme la religion en bigoterie, et qui démontre que poiir beaxicoup, la foi n'est qu'un correctif à l'idée angois« santé de l'implacable mort ; c'est lorsqu'il dépeint Homenaz, songeant tout à coup à cette conclusion inéluctable, et commençant aussitôt à « jecter grosses et chauldes larmes> battre sa poitrine, et baiser ses poulces en croix » *. De plus, il fait une allusion très directe à la question de l'hérésie, c'est-à-dire de la tolérance : il montre en effet le papimane furieux et désolé que les hérétiques ne cèdent pas à « l'auriflue énergie » de ces admirables Décrétales, et n'envoient pas, eux aussi, leurs richesses à Rome. <^ Ces diables hereticques, dit Homenaz, ne le voulent aprendre et sçavoir . Bruslez, tenaillez, cizaillez, noyez, pendez, empalez, espautrez, desmembrez, exenterez, découpez, fricassez, grisiez» transsonnez, crucifiez, bouillez, escarbouillez, escartelez, debezillez, dehinguandez, carbonnadez ces meschans hereticques decretalifuges, decretalicides, pires que homicides.

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