‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 137 sur 293 · Cf. Amphoux, op. ciL, p · texte numérisé non relu

Cf. Amphoux, op. ciL, p

LE XVr SIÈCLE 215

feBsion et du dédain de François P' vieillissant en composant des vers latins. « Je déclare, disait-il en un de ses poèmes, qu'il n'est pas indigne de moi de passer mes loisirs à composer même de mauvais vers ; que cet exercice est préférable à la poursuite des gains iniques ou à la recherche des plaisirs. Ils font mon bonheur, à moi; ils me délassent de mes travaux, et quand je reviens, harassé des tribulations d'audience, je les savoure comme l'ombre propice d'un berceau de feuillage '. » La modération de L'Hospital était si réellequ'il se lia même avec les plus intolérants,tels parexemple le cardinal de Lorraine et les Guises. C'est pourquoi peut-être Henri II lui fut favorable : il l'envoya comme ambassadeur, avec d'Urfé, au concile de Bologne. L'Hospital se réjouissait de revoir l'Italie, mais il était pieux,malgré tout, et fut attristé de constater le peu d'empressement des évêques à se rendre au concile ; celui-ci fut d'ailleurs ajourné. De retour en France, L'Hospital fut nommé chanceUer de la duchesse de Berry, sœur du roi. Il se trouva si bien dans son élément en cette cour humaniste et tolérante de Bourges qu'il s'enhardit, et proposa d'y appeler des professeurs plus ou moins partisans de la Réforme, entre autres Cujas*. Cependant, l'intolérance d'Henri II devenait chaque jour plus dangereuse, et, après l'arrestation de du Faur et d'Anne du Bourg, L'Hospital donna courageusement sa démission; il n'en fut pas moins nommé peu après surintendant des finances . Enfin, en mars 1 560, à la mort de François Olivier, homme d'Ëtat modéré lui aussi, mais par indécision, Catherine de Médicis, inquiète de la puissance toujours croissante des Guises et songeant à la supplanter grâce à une pohtique conciliante qui lui ramènerait des alliés plus désintéressés, fit nommer chancelier Michel de L'Hospital.

Cette nomination survint à point. On venait de découvrir

1. Michel^ DE ^L'HospiTAii, Poésies, 1. II, ép. XVIII. (Trad. de Nalèohe, PariR. 1857.)

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