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LE XVIIP SIÈCLE 433

qui était considéré comme anormal et inhumain depuis Voltaire,devint,en vertu des principes posés en 1789,illégal, du moins au point de vue social. Or on ne pouvait demander davantage à la sagesse humaine. Inscrire parmi les lois de l'humanité un droit imprescriptible d*où naissent des devoirs de charité, sinon de justice, exigeant de la part de chacun un certain sacrifice d'amour -propre ou même de liberté individuelle, c'était là un résultat plus important qu'on ne le pourrait croire au premier abord. La suppression des guerres, des massacres et des proscriptions pour cause de religion était un succès suffisant pour cette longue et pidmirable campagne, et d'ailleurs le seul qu'il fût permis d'espérer.

Après avoir ainsi traité le point de vue historique de la question, c'est-à-dire, somme toute, le point de vue des apparences, il resterait à mettre en lumière les réalités psychiques et sociales dont ces phénomènes ne sont que les manifestations inadéquates et confuses.

L'mtoléranco n'est pas autre chose qu'une forme de cet individualisme qui lut, sous ses modes les plus simples, la tendance fondamentale de l'homme à ses origines. D'ailleurs, sans qu'il soit indispensable d'aborder ces questions toujours délicates, on peut considérer l'être humain déjà conscient des nécessités sociales et cherchant, selon ses goûts et ses penchants,à résoudre l'antinomie qui seposedès qu'il s'agit de vivre en commun, c'est-à-dire à concilier son intérêt personnel, qu'il favorise d'instinct, avec l'intérêt de tous, qui limite et qui restreint ses droits individuels, fl est probable que, de bonne heure, il y eut, non seulement des conflits d'intérêts, mais aussi des conflits d'idées. D'autre part, la politique étant essentiellement empirique en fait, sinon endroit, il était naturel qu'on s'efforçât de réaUsor ces conceptions, puisque c'était là le seul moyen d'en déterminer la valeur. De là ces collisions sanglantes, révolutions rapides ou longues guerres civiles, qui étaient regrettables, mais dont les promoteurs ou les chefs se proposaient du moins de fournir une solution pratique aux difficultés que soulève

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la vie en société, et pour idéal, parfois il est vrai la satisfaction do leurs appétits et de leur ambition, mais souvent aussi l'amélioration de l'état social.

La religion, dans les premiers âges, ne provoqua pas de conâits spéciaux : son double but était simplement de réunir les peuples en des eérémonies solennelles, et, d'autre part, dp suppléer & la carence dudroit civil dans ces primitives organisations sociales ; elle n'était alors dogmatique qu'au point de vue moral. Si les religions antiques devinrent oppressives, ce fut la faute des prêtres, toujours tentés d'abuser du prestige que leur donnaient leurs fonctions. Ainsi s'instituèrent les théocraties, peu différentes des autres régimes d'autocratie et de dictature, si ce n'est que leurs chefs se réclamaient d'un pouvoir suprême, transcendantal et hypothétique, au lieu de s'autoriser simplement de leur courage, de leur audace, en un mot du droit du plus fort. Pour les peuples soumis, le résultat était le même, et le fait n'était important que par ses conséquences lointaines. Tandis qu'à Rome la religion se réduisait de pluïenplus au culte et à un cérémonial auquel on n'f.ttachait qu'une importance relative, en Israël au contraire elle^ devenait Ip. ba«e même de la vie sociale et le principe de laplupart des institutions. Or l'unification politique du peuple hébreu n'alla pas sans des répressions sanglantes, qui, pour des observateurs superficiels, constituèrent des manifestations d'intolérance. Cependant, ce n'était là en réalité que l'absolutisme coutumieraux factions dominantes. Mais le dogme se compliquait ot se développait en môme temps qu'apparaissait, sous sa forme individuelle, le sentiment religieux.

C'était une réforme multiple que celle tentée par Jésus : il s'agissait à la fois de séparer la religion de la politique, d'élargir et de simplifier le dogme, enfin de développer dans l'idée religieuse le côté moral, c'est-à-dire de songer à améliorer le sort de l'homme chétif et malheureux, grâce à l'action favorable de l'humanité elle-même plus encore que par l'in-

tervent ion de Dieu, hypothétique ou du moins incertaine, malgré les prières et les offrandes. Cette modification de l'idée reli^srieuse, ne laissant subsister en elle que des éléments moraux et poétiques, et rejetant au second plan l'élément métaphysique, pouvait être favorable à son évolution ultérieure, puisque les causes de dissentiment disparaissaient pour laisser une place plus considérable à ce qu'il y a d'utile, ou du moins d'indifférent, dans la religion. Mais, en fait, les conséquences de cette tentative furent tout autre». D'abord, le dogmatisme des Hébreux ne voulut pas admettre cette opinion dissidente, et, s'il y eut bien des raisons d'ordre politique et peut-être aussi d'ordre privé dans la condamnation de Jésus,il n'en est pas moins permis de la considérer jusqu'à un certain point comme une première manifestation du fanatisme. De plus, les disciples de Jésus ne comprirent qu'imparfaitement les principes fondamentaux de sa doctrine, et ne les répandirent qu'en les affaiblissant ou les pervertissant plus ou moins consciemment. C'est ainsi que cette religion, ou plutôt cette morale nouvelle, dont le but primitif était de créer des liens nouveaux dans la grande famille humaine, d'éloigner davantage l'être pensant de la brute ancestrale, de le civiliser au meilleur sens du mot, ne fit que fournir aux hommes des occasions de se massacrer, ou tout au moins de se haïr pour des motifs, non seulement illégitimes, mais encore inexcusables.

En effet, l'intolérance spéculative du christianisme qui, de simple morale sociale, voulait se transformer en religion universelle, exaspéra dans Rome l'intolérance civile. Puis, grâce à une propagande éloquente, grâce aussi au prertige que donnait à cette retigion l'abnégation et la conviction inébranlable de ses fidèles persécutés, elle réussit à conquérir les empereurs eux-mêmes, et devint reUgion d' Etat avant même d'être dominante en fait. Cette fusion entre l'intolérance dogmatique d'une religion qui prétendait à l'universalité et l'intolérance d'un pouvoir civil était, au

point (le vue .social, la plus déploraltle <»lamité. C'était d'abord une nouvelle source de guenes auxquelles la religion devait servir de prétexte plus ou moins sincère ; en outre c'était l'institution d'une forme nouvelle d'absolutisme, nui n'avait même plu? l'excuse de répttndre à des néoeasité» d'ordre politique. Non «eulemeit, en effet, l'intolérance chrétienne al!ait régner de par l'alliance de la religion avec les gouvernements, mais encore elle allait s'efforcer de restaurer un régime analogue aux théocraties antiques. Or, si le dogmatisme politique peut k bon droit se manifester, puisqu'il s'agit alors d'expérimenter, dans le domaine pratique, des systèmes ou des méthodes qui sont rendus indispensables par l'état social, il n'en est plus de même si l'on vient troubler la tranquillité publique au nom d'hypothèses superflues et susceptibles d'aucune vérification. C'est pourquoi nous jugeons inexacte cette pensée de Jules Simon : « Il est consolant de penser que c'est plutôt la politique que larehgion qui a rendu la religion intolérante... Ce n'est pas lo christianisme qui a fondé l'Inquisition et fait la Saint-Barthélémy. « 11 est juste de nier la responsabilité de l'éducateur lorsque les résultats néfastes de son enseignement dépendent d'une anomalie dans l'esprit de ses disciples. Mais ce n'était pas le cas pour ceux qui, non seulement fondèrent le dogmatisme chrétien, mais encore approuvèrent et codifièrent l'intolérance. Il ne semble pas que l'on puisse hésiter, que ce soit entre Charles IX et Théodose ou entre Calvin et saint Augustin. Ceux qui furent les -véritables fondateurs du christianisme, sans cependant continuer l'œuvre de Jésus, les Evan^élistes, les patriarches de Rome ou d'Alexandrie, les emper*>urs d'Orient, en un mot tous ceux qui firent massacrer païens, ariens, ou donatistes, au nom de principes pureinent métaphysiques, tous sont responsables, non seulement des événements de leur temps, mais encore des crimes qui se perpétuèrent jusqu'au XVIII* siècle ; car,- tandis que les autres religions simple-

ment politiques qui se partageaient le monde restaient tyranniques sans devenir intolérantes au sens strict du mot, cette doctrine aux prétentions universellement sociales et au dogmatisme étroit, exacerbait Tintolérance spéculative (qui chez l'homme est absolument normale), et provoquait les dangereuses manifestations d'un étot non moins pathologique au point de vue social qu'au point de vue psychologique, le tanatisme.

Dès les premiers âges du christianisme, et lorsqu'il dominait déjà,il se produisit bien quelques protestations intéressantes, de la part des païens ou des dissidents et aussi de certains orthodoxes ; mais le moment n'était pas opportun, car trop de passions refrénées par ailleurs trouvaient en ces circonstances des occasions de se satisfaire ; et, de plus, ces protestations n'atteignaient pas le mal à la racine. De même, pendant le moyen âge, on ne songea qu'à repousser les prétentions des chefs de l'E-^lise chrétienne au pouvoir temporel, ce qui était un point de vue plutôt politique que social. Mais, dès le XV« siècle, le mouvement de réaction se dessina avec plus de précision, et, favorisé par des circonstances toutes particuUères, provoqua enfin, au XVI® siècle, des manifestations d'une importance capitale, qui marquèrent, à vrai dire, le début de la campagne en faveur du principe de tolérance. Des tendances bien distinctes permirent, dès le premier moment, de distinguer deux courants principaux dans cette évolution des esprits vers les idées nouvelles. Les uns s'attaquèrent à l'intolérance elle-même, en se plaçant, soit sur le terrain politique, comme L'Hospital et les rédacteurs de Tédit de Nantes, soit sur le terrain religieux, comme Sébastien Castellion. Les autres s'attaquèrent aux causes profondes du fanatisme : Erasme, Rabelais et Despériers, élargissant la critique des philosophes et conteurs italiens, démontrèrent que toute croyance et toute opinion n'a de valeur qu'autant qu'elle a été soumise au contrôle de la raison humaine, et portèrent ainsi au dogma-

tiame religieux un coup dont il devait toujours se ressentir ; puis, Montaigne alla plus loin, puisque, sans trdp en avoir l'air, il démontra qu'il ne faut pas se fier à la raison ellemême, et fonda ainsi le scepticisme ou, plus exactement, le relativisme moderne, qui seul pouvait, à la longue, rendre l'intolérance spéculative suffisamment haïssable pour qu'on se crût obligé d'admettre plus ou moins sincèrement la tolérance en matière religieuse. Au XVII® siècle, le seul tolérant au point de vue politique, Vauban, ne put rendre publiques ses généreuses protestations ; Locke, qui se main tint, il est vrai, sur le même terrain, semble phitôt, par sa méthode, appartenir au siècle suivant ; enfin, seule la minorité des protestants réfugiés en Hollande persista à protester contre Tintolérance au nom de la religion même qui l'avait instituée. Mais Tautre courant, celui qui seul pouvait aboutir, parce qu'il tenait compte des réalités :\u lieu de s'attacher aux apparences, se développa chez Bayle, qui fut encore plus sceptique que tolérant, chez Molière, qui plus encore que Rabelais aimait l'humanité, car il en percevait mieux les faiblesses et les misères, enfin chez ces libertins tant méprisés, par qui le rationalisme se transmit au XVIII® siècle. Car, en ce siècle, le triomphe de la tolérance fut bien, jusqu'à un certain point, le résultat des eflPorts des ministres libéraux, comme Turgot et Malesherbes, et des tolérants de tout degré, depuis les protestants modères jusqu'à Jean-Jacques, le philosophe reUgieux, en passant par les encyclopédistes. Mais, dans ce succès définitif, le rôle des sceptiques comme Fontenelle et Montesquieu, et des rationalistes comme Vauvenargues, Diderot et l'école matérialiste, fut certes beaucoup plus considérable. Quant à Voltaire, dans sa doctrine peu cohérente, il est vrai, mais par là même plus universelle, il synthétisa tous les courants favorables au principe de tolérance, voire même le courant religieux, puisque son théisme était la seule croyance compatible avec une modération sincère et non contradictoire ;

c^est à lui évidemment qu'il faut attribuer la plus grande part dans le triomphe final de cette lutte philosophique : il développa et vulgarisa toutes les argumentations courantes, reproduisit les mêmes pensées sous mille formes diverses, passa sa vie à démontrer la fatuité du dogmatisme et la nécessité de la tolérance, mit son temps, son argent, son prestige et son activité au service de causes particulières dans lesquelles il fit triompher le principe général, et, grâce à son sens pratique, fit entrer la tolérance dans les mœurs, à tel point que la Révolution fut nécessairement conduite à proclamer la liberté de conscience.

Mais, de par les tendances fondamentales de Tesprit humain, toute liberté absolue est incompatible avec Tétat social. En ce qui concerne particulièrement la liberté religieuse, il eût fallu, pour l'obtenir, réaliser au préalable l'une ou l'autre de ces deux conditions : inculquer aux hommes une bienveillance absolue à Tégard de leurs semblables, — et il serait puéril de songer à un tel idéal ; — ou bien leur démontrer l'inanité de toute crovance, la relativité de l'évidence elle-même, en un mot les amener au scepticisme absolu, ce qui au surplus eût tranché doublement la question ; mais le goût de l'affirmation n'est qu'une forme plus complexe de l'individualisme, et non moins irréductible que l'égoïsme. On ne pouvait donc obtenir que la bonté relative et le scepticisme relatif. C'est pourquoi l'on dut se contenter de la simple tolérance, le seul idéal social qui ne fût pas intangible.

Encore ne faut-il pas croire que, même à ce point de vue restreint, tout danger soit écarté. Si l'évolution des idées humaines et les progrès du scepticisme ont diminué les dangers de l'intolérance rationnelle et du dogmatisme religieux, ces deux causes d'erreurs et de crimes n'en subsistent pas moins. Or on ne saurait songer à ruiner la première, car elle n'est pas autre chose que l'aspect spéculatif de notre fondamental égoîsme ; mais on peut du moins s'efforcer de

pallier k ses inconvénients et de la maintenir à nn degré absolument normal en démontrant anx hommes combien leur dogmatisme est présomptueux.

Quant à l'idée religieuse, si elle a pour origine un penchant naturel à l'esprit humain, du moins ne peut-elle invoquer aucune utilité pratique incontestable ; il sera donc légitime de la combattre loyalement, s'il est démontré que, seuls, les esprits d'élite ne sont pas conduite par elle au fanatisme. Or, pour une secte de quakers, combien de sectes intolérantes ! Rien n'est plus inexact que cette affirmation de l'écrivain protestant N. Weiss :« La liberté a eu pour berceau, non les abstractions des philosophes, ni les fluctua-, tions de la politique,ni les rêveries des littérateurs, mais la conscience religieuse. * Les religions diviseront toujours les hommes, car elles prétendent à une certitude; elles ne peuvent atteindre à cette impartialité philosophique dont rêvait Renan, et qui s'appuie sur les idées les plus larges en même temps que sur le désir d'un progrès indéâni. Or peu importe que le sentiment religieux soit primitif ou non : s'il faut que l'homme dégénère pour être bon, et, en l'espèce, tolérant, il serait à souhaiter qu'il dégénérât. D'ailleurs, U est à remarquer que tous ceux qui se sont réolamés des religions révélées n'ont rien obtenu en faveur de la liberté de conscience. H ne faut même pas insister uniquement sur l'idée de tolérance : elle ne constitue pas à elle seule un principe pacificateur ; ce qu'il faut, c'est agir sur la cause profonde du fanatisme, sur le dogme.

Ce n'est pas, à vrai dire, la lutte contre les religions intolérantes que l'on doit préconiser, mais plutôt une tactique permettant à la fois de respecter les droits des EgUses à la liberté decroyance.et de neutraliser les principesdangereux inclus en leurs dogmes. Si l'on veut choisir une formule directrice, on s'inspirera donc de cette affirmation de Voltaire : « Il faudra bien qu'il vienne enfin un temps où la religion ne puisse faire que du bien. • La première mesure indispensa-

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ble à la réalisation de cet idéal est évidemment la séparation des Eglises et de TEtat. La question religieuse, exclusivement spéculative et sentimentale, doit être différenciée de la question politique,laquelle est surtout d'ordre pratique. On pourrait s'étonner que cette solution, réclamée déjà par une école religieuse au début du XIX® siècle et impliquée d'ailleurs par le régime républicain, n'ait pas été acceptée plus tôt en France. Mais le mouvement d'opinion, nécessaire au préalable à une transformation politique d'une telle importance,ne s'est manifesté en cette occurrence qu'avec hésitation. En effet, tandis que les crimes du fanatisme frappaient vivement les imaginations, les inconvénients d'un concordat n'apparaissent pas immédiatement à la majorité du pubb'c ; car, sous le régime concordataire, la liberté est surtout lésée au point de vue moral : il est permis de railler la religion, et Ton s'en contente. C'est donc au nom de la dignité de tous, libres penseurs et sectateurs des diverses religions, qu'on doit affirmer la nécessité de cette mesure.

Séparer les Eglises de l'Etat ne signifie pas absolument qu'on laissera toute liberté aux groupements religieux : entendue de la sorte, la séparation serait dangereuse, et rien ne le démontre mieux que de voir les églises, une fois détrônées, réclamer une sorte d'anarchie, sous prétexte de demander à leurs adversaires des preuves de libéralisme. Il est vraiment trop subtil d'exiger la tolérance pour des manifestations de fanatisme : on pourrait répondre sur le même ton que ce serait alors être responsable, c'est-à-dire intolérant, à l'égard des victimes de ces excès. De telles controverses sont singulièrement inopportunes au moment où de nouvelles théories morales exaltent rindividualisme,tandis que des polémiques d'origine politique cherchent à réveiller les haines religieuses. Laisser aux égUses toute liberté dans le domaine spéculatif, en limitant au strict nécessaire les manifestations collectives extérieures, c'est-à-dire tout ce qui

pourrait revêtir un caractère politique et provoquer ainsi des explosions de fanatisme, tel est, en somme, le programme que doivent se proposer les gouvernements.

Certes, ceux qui voudront accomplir cette œuvre de prophylaxie sociale et lutter aussi bien contre l'élément religieux que contre le facteur psychologique de l'intolérance, s'engagent dans une voie dangereuse pour euxmêmes ; car une idée fausse ou inutile, lorsqu'elle a su se rendre respectable, exerce un singulier empire sur la majorité des hommes, bien que tous ne consentent pas à l'avouer. Mais si, malgré la perspective de cette ingratitude « trop humaine », certains veulent travailler en ce domaine au bonheur des générations futures, du moins auront-ils, à l'heure du repos, l'ultime consolation d!avoir fait un peu de bien , et d' en avoir rêvé beaucoup .

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