Defensor paciti. II** p., ch. XX
dataire de ses sujets,e'est à lui qu'appartenait le di'oit d'investir les prélats, de juger les év^êques, d'élire le pape et de réunir et organiser les conciles : si l'on procède ainsi, Marsile reconnaîtra à ces assemblées une autorité suprême qui leur permettra de jouer un rôle conciliateur dans les contestations entre le pape et l'empereur. « La question des rapports entre les deux glaives, dit un critique allemand, qui provoqua d'interminables controverses parmi les esprits éclairés, n'avait aucun sens pour Marsile de Padoue ; car, d'aprèslui, la papauté et le clergé n'avaient aucune espèce de puissance qui pût se manifester par le glaive * . »
Cette partie de sa critique n'est pas, pour nous, ce qu'il y a de plus intéressant dans l'œuvre de Marsile de Padoue ; mais du moins elle nous explique par quelles tendances il devint un défenseur de la liberté de conscience.C'esten effet lorsqu'il semble réfuter à plaisir les sophismes de saint Augustin qu'il nous apparaît surtout comme un novateur. D'après lui, non seulement les prêtres doivent être élus, mais encore ils ne peuvent qu'enseigner le dogme et les moyens les plus sûrs d'obtenir la vie étemelle ; il ne leur appartient pas de punir les infractions à cette loi. De plus, les conversions par la force sont contraires à la loi chrétienne et d'ailleurs parfaitement inutiles: Ad ohservanda prœcepta divinœ legiSy pœna vel supplicio temporali, seu yrœsentis sœculi, nenio Evangelica scripiura conipdli prœcipiiur, 11 faut avouer cependant que Marsile ne refusait pas aux empereurs le droit de punir l'hérésie lorsqu'elle semblait menacer l'Etat. «C'est au prince, disait-il, qu'ij appartient de juger les hérétiques et tous les coupables, en les contraignant à une peine ; à lui aussi le droit d'infliger les châtiments et d'exiger les amendes. » Il fut peut-être une des premières victimes de ses concessions regrettables à la raison d'Etat : en effet,Louis de Bavière ayant été sommé, en 1336, de détruire ces hérétiques, promit en particulier de bannir, sinon châtier, d'Occam, Jandun et