‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 82 sur 293 · Cf. Dante, De la monarchie, trad. S. Rhéal · texte numérisé non relu

Cf. Dante, De la monarchie, trad. S. Rhéal

2. On sait qu'une curieuse polémique s'est ouverte, au milieu du XIX^ siècle, sur la question de savoir si Dante n'était pas un hérétique déguisé et prudent. Voir à ce sujet : Aboux, Dante hérétique, révolutionnaire et aodaliête, Paris, 1854; — Du même. Clef de la coméd. antieath. de Dante, Paris, 1856; — F. Boissard, Dante révolution, et aocia- UêU, Paris, 1850.

3« Cf. Les Dialogues de d'OccAM, in Goldast, De Monarchia imperii romani aeu de Jurisdictione et Potestate Imperatoria et Papœ per varioa auctorea, Francfort, 1605, t. ii, p. 752 sq. — Cf. également Riezleb op. Cl*., p. 243-77.

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excommunié en 1 330 ; il s'enfuit en Bavière, auprès de l'empereur, auquel la tradition lui fait dire : « Ta wc def endos gladiOy ego te defendam calamo, »

Quant à Marsile de Padoue, il avait écrit,en 1324, avec la collaboration fort probable de Jean deJandun, un petit traité intitulé Defensor pacis ', dans lequel les auteurs reprenaient Tai^gumentation des précédents adversaires de la papauté et la développaient.Mais,8achant combien leurs opinions sembleraient haixlies, et quels inconvénients il en pourrait résulter, Us s'empressèrent de se réfugier, en 1326, auprès de Louis de Bavière. En 1 327,en effet, le pape les déclara « hérétiques et hérésiarques », et la Sorbonne condamna par la suiti? une traduction anonyme de leur ouvrage '.

Marsile de Padoue et son collaborateur s'attaquaient tout particulièrement, en des passages qui déjà font pressentir Luther, aux abus et à l'ignorance du clergé : « Nous avons vu, disaient-ils par exemple, desprélats, desabbés, des prêtres si ignorants, qu'ils ne savaient pas même parler selon les règles de la grammaire. Ceux qui ont visité la cour de Rome l'ont appelée une maison de trafic, une caverne de voleurs ; ceux qui ne l'ont pas vue ont entendudire d'elle qu'elle est devenue le repaire de presque tous les malfaiteurs et des mercenaires, tant au spirituel qu'au temporel : chez elle, on ne voit que perversité. Il n'y a plus aucun empressement pour gagner les àmes^. » De plus, Marsile faisait déjà remarquer que la hiérarcHie ecclésiastique n'avait nullement été fondée par Jésus, et qu'au début, les prêtres étaient élus par les fidèles ; U soutenait par suite que, l'empereur étant le man-

1. Cet ouvrage est reproduit in Goldost, De monarchici, t. ii, p. 154- ^12, 80UB le titre suivant : Adverstis tiêurpatcnn romani pontificis juriêdictionem Mar&ilii Patavini de re ImpereUoria et PontifUia liber, qui cfefenêor pacis inêcribilur, tribus partibus, quas ipae appellat sectus, ad tnvtclis9imum. Imp. Cœs. Ludovicwn Bavarium a tribus Romanis Pontifieibus indigna perpessum circa annum Domini MCCCXXI V conscriptus,

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