Cf. /6iVl, t. II, p
lier les brigands, les assassins et les hérétiques ? Pourquoi ne pas nous en servir pour châtier le pape, les cardinaux, les évêques et toute cette lie de la Sodome romaine, empoisonneuse de l'Eglise de Dieu i Pourquoi ne pas tremper nos mains dans leur sang, afin de nous sauver nous-mêmes et notre postérité * ? » Et; d'autre part, non content de mettre ainsi de pair brigands et catholiques, assassins et hérétiques, il ne parlait en outre rien moins que de se débarrasser à tout prix des juifs : il avait d'ailleurs l'intolérance inventive,, car il n'indiquait pas moins de sept moyens d'y parvenir *. On a parfois aussi voulu voir une preuve de l'intolérance de Luther dans l'échec du colloque de Ratisbonne, en 1541 ; on lui a reproché d'av^oir soupçonné injustement la sincérité du légat du pape, Contarini, bien connu par sa tolérance, et d'avoir empêché toute tentative de conciliation. C'est un fait tout au moins douteux : Contarini, en effet, sympathisait peut-être avec le protestantisme, car il était outré des abus de l'Eglise, et déclarait lui-même que« la loi du Christ est une loi de Uberté >> \ D'autre part, il est certain que Paul III l'avait chargé de chercher à tout prix un terrain de conciliation qui permît d'éviter cette scission dont il redoutait les conséquences. De même, la modération des représentants de la Réforme, Bucer et Mélanchton, était indéniable : Bucer, qui fut l'arbitre de la trêve entre Zwingli et Luther, à la suite des conférences de Marbourg,en