‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 94 sur 293 · Cf. Lavisse et Rambaud, Histoire générale, t. rv% p · texte numérisé non relu

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LE XVIO SIÈCLE 157

1 529, et contribua auasi, sept ans plus tard, à la paix de Wittemberg, devait toujours rester flottant entre ces deux formes du protestantisme, et n'était, en réalité, qu'un pacifique théologien, scrupuleux et tolérant ; quant à Mélanchton, bien qu'il n'eût pas changé quatorze fois de parti, comme le prétendaient charitablenient les catholiques, il est très probable que la religion ne l'intéressait qu'au point de vue scientifique, et que son amitié pour Luther ne put faire de cet homme doux et modéré un fanatique ; cependant, il eut le tort d'écrire, en 1540, un traité De officio piincipinn ', où il n'était pas loin d'approuver saint Augustin et reconnaissait aux princes le droit de punir les hérétiques, et sa tolérance, du moins, ne s'étendait pas aux athées ou prétendus tels; car, avec les théologiens de Weimar, il avait approuvé le supplice de Servet, ce dont l'apologiste deBèze ne manqua pas de se réclamer ^ ; mais, malgré ces deux erreurs, il n'en est pas moins exact que Mélanchton, comme Bucer et Contarini, était un tolérant. Tout semblait donc favorable, dans le colloque de Ratisbonne, à un accommodement, sinon à une fusion entre les deux partis. Qui donc l'empccha ? Ce ne fut pas Luther; car, vieilli et fatigué par ses luttes contre les anabaptistes et les sacrementaires, il se demandait déjà s'il pourrait obtenir une liberté de conscience plus solide etplus large que la trêve toute politique accordée aux princes alliés protestants par Charles-Quint, dans Y intérim de Nuremberg en 1 532 ; il s'inquiétait de voir la Réforme, qu'il voulait es.sentiellement religieuse, devenir simplement une arme dans la Jutte des principautés allemandes contre l'empire ^. Luther n'admettait pas cependant la possibilité d'une fusion des deux doctrines entre elles, car il était trop persiiadé de la supériorité de son christianisme rationnel sur la religion

1. Cf. MKI4ANCHTON, Œuvrea^ in Corpus Reformatorum de Bret- Bchneider, Brunswick et Leipzig, 1S34, t. xii.

2. Cf, F. Buisson, Sébastien CastelUon, Paris, 1891, p. 380-1.

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