‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 95 sur 293 · Cf. ^IiCHELET, Mémoires de Luther , t. ii, p · texte numérisé non relu

Cf. ^IiCHELET, Mémoires de Luther , t. ii, p

superstitieuse et mercantile de Rome ; d'autre part, il ne pouvait oublier qu'on l'avait forcé, en l'accusant d'hérésie, à se séparer définitivement de l'Eglise, et il devait se souvenir aussi que le pape Léon X, en un jour de colère, l'avait appelé comme il le dit lui-même, ein tvohl betrtinkener Deutacher *. Néanmoins, il est fort probable que Luther eût volontiers empêché la guerre religieuse, et qu'il eût, au besoin, fait quelques concessions pour y parvenir. Mais, il y avait deux partis intéressés à ce que cett^ tentative de conciliation échouât : d'abord, les princes réfoiTnés, qui craignaient d'avoir à restituer les biens dont ils s'étaient emparés *, puis François I®', qui avait tout avantage à ce que Charles-Quint fût harcelé de toutes parts : avec l'aide des évêques, qui redoutaient toute concession, le roi de France persuada le pape de désavouer Contarini. Cet échec du colloque de Ratisbonne ne peut donc être invoqué comme preuve de l'intolérance de Luther. Mais il n'en reste pas moins vrai que le réformateur fut intolérant ; cependant, quoi qu'en ait dit Voltaire ', il n'eut pas la cruauté d'un Calvin ; ses violentes invectives étaient moins dangereuses que les colères froides du dictateur de Genève. En un mot, Luther ne fut intolérant que par tempérament, et ne se crut pas obligé, comme Calvin et de Bèze, de raisonner son fanatisme et de s'efforcer à le justifier. Peu de temps avant sa mort, le 6 avril 1 546. il écrivait encore à Mélanchton : « Je pense comme autrefois sur le droit du glaive ; je pense avec toi que l'Evangile n'a rien enseigné ou conseillé sur ce droit *. »

Nous aurons l'occasion de parler tout à l'heure de l'intolérance de Calvin à propos de Sébastien Castellion. Quant à Zwingli, plus modéré et surtout plus poli que Luther, il fut

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