RENCONTRE ET CORRESPONDANCE AVEC UN POSEUR DE GAZ
Le 17 novembre, M. Aubin écrivit ce qui suit sur la Tribune :
# Le propriétaire de ce journal, arrivé ce matin de Montréal, est allé au bureau du Canadien demander le nom de l’auteur de la lettre signée: Plusienrs libéraux modérés; on lui a donné le nom de M. i.. M. Darvean !
Ayant rencontré peu après cet individu, il lui demanda s’il était l'auteur de cette correspondance, Z/ de nia form: ilement d'abord, puis, interpe/é, avoua en ètre l’auteur én disant qu'il n'avait fit que répéter dos on dit.
Le nom, pour qui connaît le personnage, dispense de toute réponse. Nous félicitohs sincèrement le parti libéral d'être débarrassé de l'individu rt nous nous réjouissons de voir quello acquisition l'opposition vient de faire, ”
M. Aubin prétend que j'ai nié d’abord être l’auteur de la lettre signée Plusieurs libéraux modérés publiée sur le Canadien.
Ou M. Aubin avait oublié ce qui s'était passé entre nous, ou il était ce jour-là en:
veine de faussetés, |
M'étant porté seul responsable de la lettre
ue, par parenthèse, j'avais signée Un tbéral éré, et au bas de laquelle on a mis, sans doute par erreur typographique, Plusieurs libéraux modérés, je n'avais certai-
nement aucune raison de ne m'en pas avouer
l'auteur, surtout à M, Aubin, Ainsi, me dit M, Aubin quand il me ren.
contra, c'est vous qui avez écrit cette.correspondance signée Plusieurs Libéraux modérés?
— Allez demander, répondis-je, au Canadien, quel en est l’auteur, se
—J'y suis allé, et l’on m'a dit que c'était vous.
—Eh ! bien, oui, c’est moi.
—Qui vous a dit que je devais poser le gas à Ottawa !
—Des personnes bien informées l’ont dit devant moi.
—Vous êtes un polisson et vous allez souffrir pour cela !
Voilà toute notre conversation à ce sujet,
Je le répète: ceux qui m'ont appris que M. Aubin devait poser le gaz en question; étaient bien informés. M. Venner, entr'antres, me déclara qu'il ne prêtait l'argent à M, Aubin que parce que ce dernier devait poser le gaz dans les édifices du gouvernement à Ot> tawe et dans la nouve';e prison de Québec!
D'ailleurs, le Journal de St.- Hyacinthe, organe ministériel, a confirmé la même nouvelle,
Quant aux insultes de M. Aubin, je les mé:
M. Aubin termine son article en me met:
tant à la porte du parti libéral. Je n'en suis pas surpris, au contraire, j'aurais été très étonné si les autocrates de la rue Desjardins n'avaient pas émané un ukase à cet effet; car dès qu'un homme ose déclarer qu’il ne veut pas obéir aux caprices et approuver toutes les intrigues de ces messieurs, il doit nécessairement être mis hors la loi, 11 faudrait lui refu-
ser comme aux grands criminels des temps !
anciens, le sel, feu et l’eau!
Après avoir été joué et pillé de la manière la plus odieuse—ce que j'ai prouvé, je crois— j'avais droit de faire connaître les coupables,
u’ils fussent ministériels ou de l'opposition. omme les coupables étaient ministériels, ils ont déclaré aussitôt que j'étais passé à l’opposition ! Nécessairement je me trouvais 0ppositioniste, puisque je m’opposais à être ruiné ar eux; mais cela m'empèche:t-il d’être un ibéral sincère et honnête !
Voilà mon opposition.
Je ne suis pas convaincu que les principes |
olitiques pour la défense desquels j'ai tou- Jours combattu, doivent être abandonnés, au contraire ; mais je ne veux point me courber sous la férule de MM, Aubin, Plamondon, | Gleason, Pruneau & Compagnie qui, tous les!
jours, foulent aux pieds ces mômes principes. |
Si c'est Ià être traître à son parti, soit; un traître comme celui-là est certainement pré-| férable au ministériel qui, comme un certain!
oseur de gaz, vend de la belle et bonne, Qu que l’on sait à la Corporation de u
L s'occuper peut-être de ces atfaires-!2.
À 4 pour la somme de $-
‘Le Canadien du 18 novembre contenait l'avis suivant :
M. le Rédacteur,
: Ne me trouvant pas dans la triste nécessité de lire, la Tribune, un ami a cru devoir me passer le numéro du 10 novembre, sur lequel M. Aubin, le nouveau propriétaire, informe les personnes auxgpolles “ des comptes ont pu être ou seront envoyés,
e ne les régler qu’au bureau de la T'ribune ou avec ses agents dûment autorisés. ”
En regard de ce paragraphe, je place la clause suivante de l'acte de vente passé entre M. Aubin et EL. M. Dürveau & Frère, le 9 novembre 1863, devant Mtre. Baptiste Pruneau :
# 2. Les dits Louis-Michel-Darveau et Alexandre- Félix-Edouard Darveau cèdent, transportent et #bandonnent au dit Aimé-Nicolas-Napoléon Aubin, sans aucune garantie quelconque (sauf et excepté de leurs fuits et promesses seulement), la liste des abonnés au dit journal la Tribune avec toutes les créances dues au dit journal pour abonnements, annoñces non payées ce jour, à compter du vingt-quatre septembre dernier, date de la promesse de vente exécutée sous seing privé entre les dites parties, ”
Il résulte de ceci, que L. M. Darveau & Frère ont droit de retirer des abonnés de la Tribune un mois d’abonnemeut, depuis le 24 août jusqu’au 24 septembre, et que les annonces de la Tribune, publiées ävant cette dernière date, leur sont payables.
En conséquence, des comptes vont être envoyés immédiatement aux personnes qui doivent à L. M. Darveau & Frère. Celles qui pâieront à M. Aubin lés sommes en question, seront exposées à payer deux fois.