L. M. Darveau
Le 19 novembre M. Aubin répondit de la manière suivante :
M. Darveau est prié de donner à l'acte de vente gi cite l'interprétatton honnét+ des conditions crites et verbales qui l'ont précédé. J'ai acheté de dui toutes les créances dues au dit journal por annonces el abonn-ments NON PAYÉS ce jour, à compter du 24 septembre dernier, C'est-à-dire qu'à partir du 24 septembre M. Darveau n'avait déjà plus le droit de rien recevoir, et que tout ce qui était non pryé au 9 novembre m'appartient. Cela est si vrai que M. Darveau m'a donné un état qui devait représenter l’argent touché pa lui et que j'ai retenu sur le prix de vente. Il devait aussi me remettre tous les livres de compte de l'établissement. Il m'en a laissé un dans Jequel la première entrée sur laquelle j'ai jeté les yeux, se trouve être une fa/sification.
Les personnes qui doivent à la Tribune sont encoré prévenues de ne payer qu'à moi. M. Darveau ferait mieux de n'en plus appeler au tribunal de
. l'opinion publique devant lequel je n'ai ni le goût { ni le temps de le suivre. Un autre tribunal pourrait |
N. Auniw.
Voici maintenant copie de la promesse de vente :
# Nous promettons de vendre d'hui à six semaines, , l'établissemont de ln #4 Dribune, y compris la liste des abonnés, le titre
‘du journal, en un mot tout ce qui comprend au- }, * jourd'hui le matériel, Les livres de comples attachés ! ‘à la publicétion du journal ef Les créances duen à
Le l'étoblissem ent à l'époque de la vrnte, à M, Aubin, : :#,ou à toute autre personne qu'il pourra subatituer ® ,# Nous nous obligeons de plus à ne pas adresser de “ comptes aux abonnés d’hui à l'époque de la vente.
# (Signé) L. M. Danvzau & Frans.
# Québec, 24 septembre 1863. ”
En réponse à la note publiée par moi dans le Canadien du 18 novembre, M. Aubin cite la promesse de vente faite sous seing privé entre lui et L. M, Darveau & Frère. On remarquera que cette promesse de vente est datée du 24 septembre et que l'acte de vente est du 9 novembre. Nécessairement ce dernier acte doit être le seul suivi. D'ailleurs la seconde clause de l’acte de vente citée plus haut décide la question, et M. Aubin se garde bien de la publier sur la Tribune, et pour cause !
M. Aubin m’accuse d'avoir fait une fasi- Jfication dans le livre de comptes que je lui ai laissé. Je ferai remarquer que M. Binet qui est eraployé par M. Aubin, tenait ce livre, et je ne crois pas que ce monsieur l’ait falsifié.
Les deux autres livres que j'ai gardés, contenaient mes dépenses et mes recettes de chaque semaine, et ne pouvaient être :utiles qu’à moi seul. J’ai remis à M. Aubin le livre d'annonces, le seul qui existait. M. Binet n’avait pas de livre pour les abonnés, mais se servait d’une liste, vu que le nombre des abon nés variait constamment et qu’il se. proposait de tenir un livre pour les abonriés aussitôt que le nombre en aurait été à peu près fixé. Par ce moyen, il évitait, prétendait-il, des ratures et des répétitions dans ce livre,
Accuser un homme d'etre un faussaire est chose grave et même très-grave, et qui, devant des tribunaux plus sévères et surtout plus expéditifs que les nôtres, aurait pour l'accusé, s’il était coupable, des conséquences fatales et déshonorantes, et à moins de prouver son avancé, l’accusateur serait dans une position très-critique. Aussi, je somme M. Aubin de me montrer cette falsification que lui seul & pu trouver et que M. Binet, à qui j'en ai parlé, a dit ne pas connaître. S’il y a eu erreur, falsification mème, pourquoi M. Aubin ne m'en a-t-il pas demandé compte ? Le papier souffre tout et M. Aubin en profite car il sait que quand bien même on poursuit devant les tribunaux des individus de son espèce et que l’on obtient justice, on y perd toujours. Mais, patience, il me reste AA heureusement d’autres moyens d’avoir justice et je les emploierai.
Soyez tranquilles, MM. Aubin et compagnie, j'ai bonne mémoire et je suis, surtout, d’une persévérance surprenante!