‹ Histoire de La Tribune [microforme]Chapitre 3 sur 23 · DE QUELLE MANIÈRE FUT FONDÉE LA “ TRIBUNE · texte numérisé non relu

DE QUELLE MANIÈRE FUT FONDÉE LA “ TRIBUNE

Quand la Tribune remplaça la Réforme que j'avais fondée avec mes modiques ressources et avec l’aide généreux de quelques amis dévoués, et contre l'établissement de laquelle s’oppogèrent de toutes leurs forces mais dans l’ombre, les mêmes hommes à peu près qui m’attaquent aujourd'hui et qui s’imposent aux ministres en se disant être seuls le parti libéral de Québec ; quand ce changement eut lieu, dis-je, un grand nombre de mes amis qui connaissent de vieille date ces tristes personnages, me déclarèrent

ue j’allais me ruiner de gaité de cœur en abdiquant une position acquise au prix de grands sacrifices, et qu’en me livrant pieds et poings liés à des gens qui, incapables de fonder par eux-mêmes un journal, voulaient par l'intrigue et un tour de passe-passe s'emparer du mien, j'allais commettre ni plus ni moins qu’un suicide politique.

La perspective de perdre six ans de travail, était le moïndre de mes soucis, tant je tiens peu à occuper une place dans la politique ; mais je dois néanmoins avouer que ces ainis avaient raison, Ils jugeaient mon affaire par

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f'en nl juil. td dinffite hhraient aucün' intérét À me jouer, mais ceux qui les exploitent, étaient dans une position toute contraire. Voilà pourquoi je n’ai pas eu justice. Laissés à eux-mèmes, les ministres feraient certainement mieux que de suivre les conseils des cerveaux brûlés de la rue Desjardins, et s'ils prenaient des avis, quand ils en ont besoin, des hommes qui peuvent leur en donner de désintéressés et d’honnèêtes, ils ne se troaveraient certainement jamais exposés au ridicule et aux déboires dont ils sont si souvent victimes. Mon cas n’est pas le seul qui prouve cet avancé. “ Mais revenons à nos moutons.”

Le gouvernement était sans organe à Québec. La Réforme existait, mais comme j'avais écrit sur ce journal qnelques articles qui avaient beaucoup dépla, paraît-il, à MM. Piamondon, Gleason, Pruneau & Foarnier, mon journal ne pouvait pas être l'organe du gouvernement. Ainsi le vouluient ces messieurs.

Que pouvaient faire les ministres, sinon leur obéir. Malgré cela, je défendis de mon mieux le gouvernement.

es élections se firent ; je votai en faveur

de M. Thibaudeau que je croyais meilleur que M. Simard, et qui a prouvé que ses électeurs s'étaient trompés en l’élisant, mais je m'abstins de prendre part aux élections. Eh ! combien qui, comme moi, se sont abstenus parce Si MM. les intimes de la rue Desjardins refusaient la coopération de tous seux qui ne voulaient pas les suivresurla voie imprudente où ils se Jançaïent ! D'ailleurs, ces messieurs déclaraient à quiconque voulait les écouter, qu’ils pouvaient faire seuls toutes les. élections !

Ils les firent en effet. On connait le résultat. Passons, et espérons que pareille déconfiture n'arrivera plus. Espérons, surtout, qu'ils

ceux qui se sont emparé de gré ou de force de | comprendront qu’un comité préliminaire d'él'oreille des ministres du Bas-Uanada et quiilection ne doit pas se composer, à l'exclusion ont la haute main sur toutes les décisions de | de tous autres, que d’hommes aussi influents ces derniers avec qui je transigenis et dont | auprès des électeurs que MM. Sabin Têtu, j'acceptais la parole comnine sacrée. Ces amis ; Paul Fréchette et compagnie !

voyaient d’instinct ce que la bonne foi m3 voilait encore. Je ne pouvais pas croire que MM. Dorion et Letellier qui se prétendent des hommes d’état honnètes et habiles, se laisseraient conduire par sept ou huit individus de . Québec sur le compte desquels ils étaient instruits, dont l'influence est nulle—les dernières élections générales l'ont prouvé à l’évidence—et qui ont toujours fait perdre les plus belles et les meilleures causes dont ils se sont emparées, Aujourd’hui mème, je crois que, et je le déclaré hautement, si je n'avais eu affaire qu'à ces deux messieurs, les choses auraient pris une autre tournure et tout le monde eût été content, mais malheureusement que le contact dés politiqueurs de la rue Desjardins leur a tourné la tête : au lieu de suivre leur propre

jugement, il s’en sont rapporté à ceux qui)

Les élections terminées, la session s’ouvrit bientôt. Alors on commença à sentir plus que jamais le besoin d'un organe. M. Dorion ine demanda d’écrire quelques articles.

Ah! si M. Auger, le sublime M. Auger se fut trouvé là, il m'aurait remplacé ! Cependant, chose étrange, M. Dorion trouva que j'avais écrit suivant son désir.

Quelques jours plus tard, ce monsieur me demanda combien j'exigeais pour mon établissement.

Je compris que je gènais beaucoup les messieurs de la rue Desjardins qui voyaient d’un mauvais œil un journal ui, entre mes mains, pouvait devenir ‘organe du gouvernement ; je compris aussi que je ferais mieux de vendre à bonne composition plutôt que de risquer à les avoir constamment dans mon chemin.

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