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forme, quotidien pendant la session, et seimi-
priété de mon journal. Pourquoi. voulait-ou
Lt
Je demandai £1,000 au ministre qui trouva | refusé la rédaction ! On avait réussi à m'emcette somme trop élevée. Je lui fis remarquer | pêcher d’écrire, on voulait de plus me mettre que le matériel de l'imprimerie ne valait certe | dans l'impotsibilité de gagner mon pain.-Les pas cette somme, mais que, comme j’abandon- | événements l'ont prouvé plus tard: nais de plus mon moyen d'existence, un éta-| Les ministres acceptèrent done ma dernière blissement tout monté, et des abonnés tout | proposition et, un soir, dans une des chambres trouvés, je devais avoir en retour une somme | du Parlement, je me rencontrai avec MM. Do: équivalant à ce que je perdais, rion et Letellier pour régler définitivement le
Le ministre ne voulut pas toper. marché. A cette occasion on me présenta M,
Il me demanda ensuite à quel prix je pu-| Aubin qui était, me dit-on, l'écrivain choisi blierais un journal de la grandeur de la Ré-| de tonte éternité pour rédiger la Tribune. J'avoue que je fus surpris de ce choix, et je quotidien le reste de l'année, et à mille exem-| plaignis en moi-même les pauvres ministres, plaires chaque numéro. Je ne devais pas rédi-| car je vis quels étaient les protecteurs cachés ger le journal, mais payer 81,000 par année à | de M. Aubin, mais j'avais donné ma parole: un rédacteur choisi par les ministres. j'acceptai le nouveau rabbin du journalisme,
Je demandai £1,500 par année. Je fis remarquer aux deux ministres que
Cette somme l’effraya. comme je devais faire toutes les dépensés, et
M. Letellier, avec qui j'eus des pourparlers | que mes moyens n'étaient pas considérables, à ce sujet, fut de l’avis de son collègue. je voulais avoir immédiatement un ordre par
On demanda à des imprimeurs de Montréal | écrit qui m’assurèt l'impression d'un rapport d'acheter mon établissement, mais ce projet | ou d’un document quelconque assez considéeut le sort de presque tous les projets du mi-| rable pour me mettre en état d'offrir une bonne nistère actuel : il échoua. sûreté à celui qui m’avancerait de l'argent...
Pendant ce temps-là la session s’écoulait.| On promit de me donner cet ordre paréerit L'opposition était des plus violentes et gagnait | le lendemain matin, et l'on se sépara. terriblement du terrain. Le gouvernement était | Je furai remarquer que je m'étais informié bafoué par la presse. Les députés ministériels | si je pouvais exiger des ministres un écrit qui du district de Québec demandaient à grands|me garantirait la due exécution de leur procris un organe. Plusieurs d’entre eux,—le dé-| messe. On me répondit que c’était impossible, puté de Bellechasse et celui de Charlevoix | et qu’il ne me restait qu’à me fier à leur parole, entr'autres,—me demandaient chaque fois:que aTous que je commençai à être très-ins. je les rencontrais, si mon journal n’allait pas | quiet. Je ne craignais pas les ministres, mais devenir bientôt l'organe du gouvernement ! | je redoutais les complots des conspirateurs de Que cela m’appartenait de droit, ete. Et ehaque | la rue Desjardins, et je n'avais certes pas tort. fois ils me quittaient désespérés ! Mais j'avais passé le Rubicon et je devais
Un jour, après mûre réflexion, j’allai trou- | subir la conséquence de mes actes, ver M. Dorion et lui proposai d'imprimer pour | : Je dois ajouter qu'il avait fallu deux mois le gouvernement un journal tel que l’on ». «a | au moins pour en venir au point ou en était avait demandé un. Je m'obligeai à de... |rendu l'affaire, et que ce retard n'était certes £250 par année à un rédacteur, douze piast. #8 | pas dû à moi. par semaine à un traducteur, dix piastres par
semaine à un correcteur d'épreuves, ete. Je: NL m'obligeai de plus à louer un bureau de ré-| COMMENT ILS TIENNENT LEURS PRO: daction dans la rue Desjardins, à aggrandir dé rad ba |
mon établissement, etc. En retour, je deman.
dai le patronage qu'avait le Canadien sous le
ministère Macdonald-Sicotte, Le ministre fut enchanté, Le gouvernement
Je me mis donc à l’œuvre, et le premier numéro de la Tribune parut le 25 août 1868.
Le lendemain j’allai trouver les ininistres et ne devait pas débourser un sou. Cependant ce {leur demandai l’ordre par écrit qu'ils :m’a-| sacrifice n'était pas assez. On mefit promettre | vaient promis. Ils me remirent encore au len-| de ne pas écrire sur le journal, et l'on eut |demain, et ainsi de suite jusqu’au samedi, Je! l’effronterie de me demander à ne pas mettre | compris alors que j'étais joué, et je déclarai à | ‘mon nom comme propriétaire ! J'étais libre de | M. Aubin que je ne continuerais à publier la} subir la première avanie, car j'étais maître de | Tribune qu'à condition de recevoir irnmédial tement l’ordre en question. M. Aubin entra}
ma plume ;. mais comme la propriété du
journal ne m'appartenait pas toute entière, | dans une grande colère, mais comme je restais} je repoussai avec indignation ja seconde de- | inflexible, il prit son chapeau et ses paperasses! mande, On dut se contenter de. briser ma | et s’en fut indigné. Je le suivis dans l’intention! plume de journaliste et de me laisser la. pro- | d'aller fermer le bureau de rédaction, mais ja le rençontrai bientôt qui revenait en calèche
m'en enlever la’ propriété après m'en avoir | avec M. Fournier.
—Voici, dit-il, la copie que j'ai rapportée il ya un instant, publiez le journal comme si rien n’était,
Et l'ordre ?
—Allez immédiatement chez M. Dorion, il va vous donner un ordre par écrit pour vous faire faire le rapport du département des finances.
Je ne voulais pas croire à cette nouvelle promesse, mais un ami qui m’accompagnait
Dans le cours de la journée, je me rendis trois fois au bureau de M. Dorion que je ne rencontrai que vers quatre heures après midi, À ma troisième visite. Ce monsieur me dit de me rendre auprès de M. Holton et que j'aurais l’ordre en question.
M. Hoiton ne fut pas visible pour moi ce jour-là, mais le lundi suivant, son sccrétaire, une espèco de géant écossais, lui remit de ma part une lettre dans laquelle je lui expliquais le but de ma visite, Je reçue pour réponse d'aller trouver M. Harvey, l'un des employés du. département des finances.
::oi:je dois mentionner qu’au commencement de la première semaine, j'avais reçu de M; Dorion une lettre qui me recommandait auprès de M. Laframboise, de M. McDougall et de M. Holton. Cette lettre priait ces messieurs d'accorder à la Tribune le patronage dont ils pourraient disposer: ce qu'ils promirent, Cette première semaine fut employée par moi à courir d’un bureau à l’autre et à voir à ce que la part de patronage qu’on m’avait ER ne m'échappa point. Ce fut peine inutile ; le patronage ne vint point: M. Blackburn enlevait tout. Chaque fois que je me | plaignais aux ministres, ils répondaient qu’ils avaient donné des ordres pour qu’on me donnât la part promise; mais je dirai que les employés dont le plus grand nombre sont leurs ennemis jurés, que ceux mème qu’ils avaient promis de destituer et qu’ils gardent pour leur ruine, se moquaient d'eux et de leurs ordres.
Îl n'y avait donc rien pour moi, mais en revanche, M. Blackburn, cet étranger qui vient enlever aux Bas-Canadiens tout ce qui leur appartient de droit; cet homme que l’on assure être en société avec le premier ministre ,-du'Haut-Canada pour faire les jobs d'impressiôn, amassait une fortune à l4 Foote, contre lequel on a tant crié !
pouvant avoir justice, et voulant néan- ! | noins patienter encore quelques temps, je me
im’ayant fait remarquer qu’il témoignerait au | damier ministériel l'office de pion, et à ce que besoin, je continuai à publier le journal, ses collègues lui font faire tout ce qu'ils veu-
nistre qui représentait Québec dans le gouvernement, ne se mêlât point aux transactions LU avaient rapport à la fondation d'un organe
estiné à défendre le gouvernement dans la capitale. J’ai su plus tard que l’on ne vonlait pas immiscer M. Thibaudeau dans cette affaire, afin de ne pas risquer à le voir plus tard avoir la haute main sur le journal. Mais je crois que l’absence absolue de M. Thibaudeau dans cette affaire, tient plutôt à ce qu'il fait sur le
lent comme à un véritable enfant. M. Thibaudeau dans le ministère, me rappeile ces enfants crieurs (cry baby) que l'on voit exposés dans les vitrines des marchands de joujoux, et que l’on fait mouvoir à volonté !
Comme je le disais il y a un instant, M. Thibaudeau ne s’était pas encore mêlé à la transaction qui avait en lieu entre deux de ses collègues et moi, mais il allait bientôt paraître sur la scène dans son rôle unique. :
Je m’adressai donc à M. Thibaudeau. Je l'informai que je publiais la Tribune, journal destiné à défendre le gouvernement dont il faisait partie ; que je m'étais engagé à publier ce journal à mes frais, à la condition qne l’on sait ; que le gouvernement tardait beaucoup à remplir ses promesses ; que j'étais dans l'embarras, et que j’espérais que le président du conseil exécutif m’escompterait un billet de $125 à un mois de vue,
M. Thibaudeau n'en pouvait croire ses
oreilles, et je crus un instant qu'il allait tom-
bér sous le coup d’une attaque d’apoplexie
foudroyante. Enfin la crise passa, et il me dit
que les grands sacrifices qu'il avait été obligé de faire pour être élu, ne lui permettaient point d'accéder à ma demande.
Le souvenir äes pièces de flanelle rouge qu’il avait promis à des pompiers de Québec, mais qu'il n’a jamais données, lui revenait | sans doute,
Quoi qu’il en soit, après lui avoir montré de bons endosseurs il finit par consentir. On connaîtra bientôt le rôle qu'a joué ce billet dans cette affaire, |
Comme les dépenses que j'étais obligé de
faire pour publier la Tribune, tous les jours,
s'élévaient à 8150 par semaine, il.me fallut emprunter aussi de d’autres. Quelqu'un m’avançn 8280. Avec ces deux sommes ot quel-
ques épargnes, je soutins pendant trois se-
maines la publication du journal. Mes dé-
penses s’élevèrent à environ 8450 au moins,
dévidai à emprunter de l'argent, au common-|et je reçus du gouvernement pendant cet es-
«@ement même de la première semaine, -1Je pensai à M. Thibaudeau.
On remarquera que je n'avais paa encore eu, au sujet de l'établissement de la Tribune, aucun pourparler avec ce monsiétir, J'avoue
pace de temps environ 8185, sous forme de lances que je fis sur du papier nommé foolscap, qui coûte très-cher. Je retirai pour annonces environ 850. Je dépehsai donc près du double: de ce que je retirai, E: si l’on observe
| que j'étais très-étonné de voir que le seul mi- lque sur les 8185 de blancs, je ne pouvais faire
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au plus qu’eriviron 20 cent dé profit, on avouers que j'allais vite à ma ruine.
Cependant, chaque fois que je me plaignais et que je mensaçais de reprendre mon joummal, M. Aubin et sc amis disaient que j'avais tort, que j'aurais dû dire que je ne pouvais pas attendre la fin de la session pour recevoir du
‘ne pas avoir cédé mon droit à la propriété du journal! Si j'avais permis que mon nom fut remplacé par un autre, pour la forme, comme on disait, je me serais trouvé ruiné, car il est évident que l’on eut bien trouvé moyen de prouver que j'avais perdu tout droit à la pros priété de la Tribune. Heureusement
ue patronage ; que durant la session, le gouver-| j'avais. encore un moyen de me défendre. ‘On
nement ne pouvait pas me donner le patronage promis, etc. De plus, au dehors, ils disaient que le gouvernement m'avait donné 82,000, que je gaspillais cette somme dans des orgies et dans des maisons mal famées, etc.
(teztuel), que j'achetais des meubles de luxe ;|résolut. de décider mes ouvriers
me menaça de m'enlever le titre de la Tribune, je laissai crier ; on me fit des promesses, on m’offrit une situation, je refusai.
Je gardai donc mon journal.
On eut alors recours à un autre moyen : on pren-
que j'avais cheval et voiture, que je plaçais de dre contre moi une saisie-arrét avant ju-
argent à la banque, etc. Que sais-je !
Après trois semaines d'attente, voyant que les doit allaient de plus en plus mal, je me décidai à en finir avec des ministres qui, s'ils n'étaient pas malhonnêtes, se laissaient mener par le bout du nez par des gens qui l’étaient au suprème degré et qui avaient juré ma perte.
Sur les instances réitérées de M. Aubin, j'avas publié l'annonce de la quarantaine, dont je ne me souciais pas. Ce monsieur m'ayant dit que je devais la faire paraître parce que j'avais reçu devant lui l'ordre des ministres de publier toutes les annonces du gouvernement, et me déclarant qu’il avait reçu l’ordre formel de me la faire insérer, je me rendis à ses sollicitations : je publiai donc cette longue annonce que je trouvais alors inutile. Au bout de trois semaines, ayant besoin d'argent, je fus demander le paiement de cette annonce, et l'on me le rhin sous prétexte que si on me l’accordait, l'opposition allait crier trop fort !
Ceci combla la mesure. Je fermai boutique et j'envoyai la note suivante à mes abonnés :