MESURES DE RIGUEUR
Les mesures de rigueur annoncées par M. Méline suivirent : mise en réforme du lieutenant-colonel Picquart; mise en congé de M. Grimaux, professeur à l'Ecole polj'technique (qui avait déposé au procès Zola) en attendant la liquidation de sa retraite; mise en non-activité du lieutenant d'artillerie Chaplin qui avait envoyé une carte de félicitations à Emile Zola; révocation, par M. Barthou, ministre de l'intérieur^ de M. Leblois, adjoint au maire du VIP arrondissement. Le capitaine de cavalerie Bégouen, de l'étatmajor général, qui avait envoyé à M. Trarieux, le 23 février, une lettre de reproches, reçut un blâme du ministre de la guerre. Cette peine fut trouvée insuffisante par des sénateurs amis de M. Trarieux, qui obtinrent son renvoi de l'état-major d'où il passa au 31® dragons (1).
*DUEI PICQUART- HÏNRY.
Après le procès Zola, le lieutenant-colonel Pic-
(1) Cet officier demanda plus tard à servir aux spahis sénégalais et il mourut de la fièvre jaune, à Saint-Louis, le 9 août
quart envoya ses témoins, M. Ranc et son cousin .\£. Gast, au lieutenant-colonel Henry, qui refusa d'abord la rencontre jusqu'à ce que son adversaire se fût disculpé des accusations portées contre lui. Puis, après réflexion, il constitua des témoins, les lieutenants-colonels Parés et Boissonnet. La rencontre eut lieu le 5 mars, et le lieutenant-colonel Henry fut blessé légèrement au bras.
LIGUE DES DROITS DE l'hoMME.
Le 15 mars 1898, se fonda la Ligue française pour . la défense des droits de Vhomme et du citoyen — généralement appelée plus brièvement Ligue des droits de Vhomme — organisée par MM. Reinach, Scheurer-Kestner, Trarieux, Yves Guyot, et dont le but proclamé était de défendre les indiA'idualités contre les abus de pouvoir, contre toutes les injustices, mais dont la principale occupation consista d'abord à diriger une campagne en faveur de Dreyfus,