DU GOUVERNEMENT
Après quelques hésitations, le général Zurlinden,. gouverneur militaire de Paris, accepta de remplacer- M. Cavaignac au ministère de la guerre. Le 10 septembre, après avoir étudié le dossier Dreyfus, ce général le transmit au garde des sceaux en émettant un avis défavorable à la revision qui avait été de nouveau demandée, le 3 septembre, par la femme du condamné.
Le 12 septembre, le ministre de la guerre fît signer un décret prononçant la mise en non-activité par retrait d'emploi du lieutenant-colonel du Paty de Clam « à cause de ses agissements au cours des affaires Esterhazy ».
Le conseil des ministres, après de longues discussions, admit, le 17 septembre, le principe de la revision du procès de 1894, considérant que le faux du colonel Henry constituait « un fait nouveau », cas prévu par l'article 443 du Code d'instruction criminelle. Cet article exigeait l'avis préalable de la commission instituée au ministère de la justice. Celle-ci estima que, des pièces qui lui étaient soumises, ne résultait aucun « fait nou\eau » et elle conclut au rejet de la re\ision. Le conseil des mi-
nistres résolut alors de soumettre à la Cour de cassation la demande de revision adressée le 3 septembre par M""^ Dreyfus (27 septembre).