M . MATHIEU DREYFUS DÉNONCE ESTERHAZY
Ai’. Mathieu Dreyfus, par une lettre adressée au ministre de la guerre et datée du 14 novembre 1897, dénonça formellement Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau pour lequel on avait condamné son frère. Les journaux du 16 la reproduisirent avec de longs commentaires. Esterhazy demanda aussitôt une enquête au ministre de la guerre (16 novembre). Le même jour, le général Billot l’crdonna, et le gouverneur militaire de Paris en chargea le général de Pellieux, commandant le département de la Seine.
Après avoir entendu les témoins (Mathieu Dreyfus, Esterhazy, Scheurer-Kestner et Leblois), pris connaissance des dossiers du ministère, le général de Pellieux conclut dans son rapport, le 20 novembre, qu’Esterhazy était un « officier taré », mais que, malgré « les écarts graves de sa vie privée », il devait être mis hors de cause. Quant au lieutenant-colonel Picquart, en livrant à un tiers (M. Leblois) des lettres de service de son chef direct (général Gonse), il avait manqué au devoir professionnel et se trouvait dans le cas d’être traduit devant un conseil d’enquête.