MISE EN RÉFORME DU LIEUTENANT-COLONEL PICQUART
Le lieutenant-colonel Picquart fut mis aux arrêts de forteresse le 13 janvier, en attendant sa comparution devant un conseil d’enquête qui se réunit le 1er février. On entendit comme témoins : le général de Galliffet qui avait eu cet officier supérieur dans
son état-major et qui lui témoigna son estime en manifestant son indignation des accusations portées contre lui dans le rapport Ravary; M. Leblois, qui nia avoir eu communication du dossier secret de Dreyfus, de celui d’Esterhazy et d’un troisième sur les pigeons voyageurs (accusation du commandant Henry); l’archiviste Gribelin et le lieutenant-colonel Henry, qui affirmèrent au contraire que ces dossiers lui avaient été montrés par le lieutenant-colonel Picquart; le commandant Lauth, les capitaines Junck et Valdant; enfin, le général Gonse. Par quatre voix contre une, le conseil émit l’avis de la mise en réforme, qui ne fut prononcée que le 26 février.