‹ Histoire de la Troisième République de 1897 à 1899Chapitre 14 sur 54 · ESTERIIAZY ACQUITTÉ PAR LE COXSEIL DE GUERRE · texte numérisé non relu

ESTERIIAZY ACQUITTÉ PAR LE COXSEIL DE GUERRE

(janvier 1898).

Le commandant Ravary interrogea longuement Esterhazy, qui prétendit que le « document libérateur » lui avait été remis « par une dame voilée », explication qu’il avait déjà donnée plusieurs fois. Il reconnut la similitude de son écriture et de celle du bordereau, mais indiqua quelques différences et répéta qu’il devait y avoir eu un décalque par l’auteur réel. D’ailleurs, ajouta-t-il, il lui était impossible d’avoir les documents signalés. Il reconnut

(1) M. Scheurer-Kestner, vice-président du Sénat, ne fut pas réélu à cette fonction lors de l’ouverture de la session parlementaire de 1898 (13 janvier).

PRÉSIDENCE DE M. l'ÉLIX FAURE (1S95-1S99) 97

avoir eu des relations avec Schwarzkoppen, mais simplement afin d’obtenir un permis de séjour en Alsace pour un officier. Le bordereau était écrit sur un papier pelure dont il ne s’était jamais servi. Trois experts inscrits au tribunal de la Seine, après examen, déclarèrent que l’écriture du bordereau n’était ni franche, ni naturelle et qu’il y avait des « incohérences •» dans l’écriture. « Les hésitations, les reprises, la gêne, la contrainte, sont des indices de fraude. » Le papier pelure suggérait l’hypothèse d’un calque. Certaines formes d’écriture du bordereau reproduisaient celles de l’écriture d’Esterhazy. Leur conclusion fut que ce dernier n’était pas l’auteur du bordereau. Après l’audition des divers témoins, l’instruction fut close le 31 décembre 1897. Le commandant Ravary émit l'avis que, faute de preuve « juridique, probante » de la culpabilité d'Esterhazy, il y avait lieu de clore l’information par une ordonnance de non-lieu (31 décembre 1897). Malgré ces conclusions, le général Saussier rendit un ordre de mise en jugement contre Esterhazy, le 2 janvier 1898, pour obtenir la lumière complète. Le procès devant le conseil de guerre, présidé par le général de Luxer, dura deux jours (10 et 11 janvier). Une partie des débats eut lieu à huis clos. Esterhazy fut acquitté à l’unanimité.

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