‹ Histoire de la troisième république (volume 2)Chapitre 21 sur 145 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LE PREMIER MINISTÈRE JULES FERRY On 33 Septembre 1880 an 14 HoTembra ISSl.

\.v CubincI du S3 Septembre. — La loi sur riiislruclion serondiiirc dei jeunes Glles. — L'inlernal. — Lee programmes de l'ea se ignei lient lies jeunes filles. — Conséquences Je la loi Camille Sie. — Loi du 16 Juin 1S8I sur les titres de capacité. — La loi du 16 Juin 18SI sur Ib gratuité. — Premières discussions, à la Chitiubre, de la lui du 3)1 Mars ISS2. — La loi du 30 Juin 18K1 sur le droit de réunion. ~- La loi du 29 Juillet tsgl «ur la lîbeHé de la presse devant les deux Clmnibres. — La loi sut la presse. — La presse, le jury et la magistrature. — Les bienfaits de la liberté. — llejel de la loi sur les Conseils généraux. — Lois sur l'intendance et sur l'avaDcemenl dans l'armée. — Loi sur le réengagement des sous-omciers. — Rejet de la proposition relative ou divorce. — Le tarif général des douanes,

— Loi du 7 Juillet sur les indemnités aux victimes du t Décembre.

— Le budget de 188â.

Les vacani^es parlementaires de I)t80. — Les décrets au Sénal. — Débuts du Cabinet à la Chambre. — Changements dans le personnel des AITaires l^^traogères el des t'inaoccs. — Mouvement admiaistratir — L'affaire de Koulla. — La laïcisation devant le Sénat. — Élections municipales de Janvier 1881. — Ouverture de la session législative de 1881. — Le Tribunal des ConQits. — Scrutin uninominal et scrutin de liste. — M\e de la question personnelle. -~ La propusilion Dardoux. — (iambetta et le Sénat. — Le scrutin de liste el M. Waddinglon. — l.a convocation des électeurs. — Les élections du il Aoiit. — Les programmes de Gauibetta et de Jules Ferry. — Le Manifesle de l'Extrême Gauche.

l.a question d'Orient : Monténégro, affaires grecques, discours de Uambelta. — I^ Tuuisie. — La Khroumirie. — Le caractère de rexpédiliiiii de Tunisie. — Itûle de la Porte cl de l'Italie. — L'expédition française. — Le Sud oranais. — L.a seconde expédition de Tunisie. — Les nITaires d'Egypte. — Les décrets de rallachcmenl. ~ Réunion de la nouvelle Cliambrc. ~ UémisBion du Cabiuct.

Le Ministère Jules Perry fut le Ministère de Freycincl, moins H. de FreycineL, avec MM. Barthélémy SainL-Hilaire aux Affaires Ëlrangëres, CIoué & la Marine, Sadi-Carnot aux Travaux Publics. Les nouveaux ministres remplaçaient M. de

LES MINISTRES DU i3 SEPTEMBRE M3

Frej'ciaet, ramîraIJauréguiberryetM. Varroy. Les nouveaux BOUS -secrétaires d'État furent MH. H. de Choiseul aux AfTaires Étrangères et Raynal aux Travaux Publics. Deux des choix faits par H. Jules Ferry prêtaient ft la critique. L'amiral Cloué, ancien préfet maritime à Cherbourg, s'était montré peu tendre pour les Républicains. Le Ministre des Affaires Étrangères, six mois avant son avènement au quai d'Orsay, avait adressé à H. Richard Fleischer, de la Deutsche Revue, une lettre où il se montrait trop tendre pour les Allemands el trop admirateur de M. de Bismarck. Dans son ensemble le Cabinet du 23 Septembre méritait un reproche plus grave : c'était encore une réunion, une juxtaposition de ministres, tous hommes de talent, plutôt qu'une administration homogène. En outre, le groupe le plus important de la Chambre. l'Union républicaine, n'avait pas plus de représentants dans le Cabinet du 23 Septembre que dans celui du 28 Décembre. Le Président du Conseil passait pour avoir plus de suite dans les vues, plus de fermeté dans le caractère, il avait certainement plus de décision que M. de Preycinel ; là était la principale différence entre les deux administrations.

H. Jules Ferry, en 1880, était surtout l'auteur des lois scolaires etcomme ces lois resteront sou meilleur titre auprès de la postérité, c'est par elles que nous commencerons l'étude des événements très importants qui se sont accomplis sou^ le premier Ministère qu'il ait présidé. Nous nous attacherons seulement à celles qui ont été votées définitivement et qui sont : la loi sur l'instruction secondaire des jeunes filles du i\ Décembre 1880, la loi sur les titres de capacitp de l'enseignement primaire el la loi sur la gratuité absolue de l'enseignement primaire dans les Écoles publiques du 16 Juin 1881.

La loi sur l'instruction secondaire des jeunes filles n'émanait pas du Gouvernement, bien que M. Jules Ferry eût élo- Edo. ZEVoai. — Troisitme République. [ii. —9

114 LE HINISTÉRE DE JULES FERRÏ (î'i Sept. 1880-li No*. 1881)

quemment tlémontré sa nécessité dans son célèbre discours du 10 Avril 1870 sur Y Égalité d'éducation ', bien qu'il pens&t que la République ne pouvait pas laisser d'œuvre plus grosse de conséquences que cette réforme. Le mérite de cette iniliative revient à un député de Saint-Dents, M. Camille Sée, qui déposa sa proposition sous le Hinistère de M. Dufaure, avec l'appui empressé du ministre de l'Iostruction Publique d'alors, H. Bardoux, le 28 Octobre 187S. Moins de deux années s'écoulèrent entre le dépôt et le vote : c'était l'âge d'or de l'activité parlementaire. Dès le 8 Décembre 18>8 la proposition était prise en considération ; elle était rapportée par son auteur le S7 Mai 1871) et adoptée en première délibération le 15 Décembre de la même année. Un mois après, le 19 Janvier 1880, la seconde délibération mettait aux prises le défenseur attitré de l'enseignement coQgréganiste, H. Kel- 1er, le rapporteur M. Camille Sée et le futur sous-secrétaire d'État de Paul Bert, H. Chalamet. Après l'adoption de l'ar- Ucle 1" stipulant qu'il serait fondé des établissements d'enseignement secondaire de jeunes filles, M. Jules Ferry prit la parole sur l'article S, ainsi congu: Le ministre de l'Instruction Publique, après entente entre les Conseils généraux et les Conseils municipaux, déterminera les déparlements et les villes où seront fondés les établissements qui recevront des internes et des élèves externes. >

Cet article imposait ce que H, Jules Ferry appelait l'internat obligatoire. Or, M. Jules Ferry était aussi opposé à ce régime que M. Camille Sée y était favorable. Il redoutait pour l'État les dépenses qu'entraineraienlla construction des internats et surtout la responsabilité qui serait assumée par lui d'une éducation très délicate dirigée par des maîtresses encore novices. La Chambre donna raison au ministre par

(I) Appendice IV.

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