LA CONSTITUTION FAUSSÉE
rieures ont eu pour causes Tusage que le Maréchal de Mac- MahoQ avait fait d'un droit inscrit dans la Constitution et Tavis conforme donné par le Sénat de 1877. Le droit même de dissolution, droit démocratique par excellence, puisqu'il n'est, en dernière analyse, qu'un appel au peuple souverain, en est resté impopulaire et tel Président de la République a mieux aimé se démettre que d'y recourir. Les historiens les plus indulgents du 16 Mai doivent reconnaître que les ressorts de la Constitution ont été tendus à se rompre et que le Régime et les libertés parlementaires ont été mis à deux doigts de l'abîme par le plus imprudent des Présidents, par le moins scrupuleux des Gouvernements.
La Démocratie qui avait lutté à plusieurs reprises contre une ligue formidable, qui avait eu tant de peine à sauver du "naufrage Thérilage des vérités politiques léguées par la Révolution, s'était rattachée à la Constitution de 1875; elle y était entrée comme on entre dans le port, après une longue et orageuse traversée. Elle ne songeait qu'à vivre calme et paisible, à l'abri de ses institutions politiques enOn fixées, quand un pilote téméraire rejeta en pleine tempête le navire qui portait les destinées de la France, au risque de le briser sur les écueils. Les institutions nouvelles et la Constitution de 1875 ont été compromises par deux des pouvoirs qui étaient chargés de les mettre en œuvre. Elles ont échappé au danger qui les menaçait, mais elles ont été faussées dès le principe, parce que la Présidence et le Sénat ont singulièrement amoindri, par une fausse manœuvre, leur grande et nécessaire autorité K
• UEspnt de la Constitution du 25 Féviier 1875, par Léonce Riberl. Paris, Germer Baillière, 1875.
Edg. Zevort. — Troisième République. i. — 25