II. — a
Quand ces projets, qui n'avaient besoin pour réussir que « d'une voix de majorité », ont échoué, par la faute du « Roy », auteur de la malencontreuse lettre du 27 Octobre, quand la royauté « traditionnelle » a été reconnue impossible, il semble qu'il n'y ait plus qu'à organiser la République, qui existe de fait, ou à proclamer l'Empire. Le duc de Broglie invente un Régime bizarre, qui aurait dû s'appeler le Décennat, et qui fut nommé le Septennat, parce que sept ans de pouvoir seulement étaient accordés au Maréchal de Mac-Mahon. La personne du Maréchal, c'était là Tunique article de la Constitution votée le 19-20 Novembre 1873. Elle devait être complétée dans le plus bref délai. Il fallut quinze mois pour transformer cet organisme rudimentaire en une Constitution à peu près viable. Ces quinze mois furent remplis par la continuation de la lutte contre les Républicains, ou plutôt contre tous ceux qui ne voulaient pas de Tune des trois Monarchies, c'est-à-dire contre l'immense majorité du pays ; par le vote d'une loi antilibérale sur les municipalités ; par la chute du duc de Broglie, que ses alliés du 24 Mai 1873 abandonnèrent sans scrupule, le 16 Mai 1874 ; par la recrudescence de la propagande bonapartiste, que deux membres du Cabinet de Cissey toléraient, s'ils ne l'encourageaient pas ; par la substitution de deux ministres plus eDFacés, MM. Mathieu Bodet et de Chabaud-Lalour, à MM. Magne et de Fourtou ; par de nouveaux empiétements de TEglise dans l'ordre de renseignement supérieur, et, au milieu des discussions constitutionnelles les plus confuses, sans cesse ajournées et sans cesse reprises , par les votes décisifs du 30 Janvier, du 24 et du 2o Février 1875.
La République enfin reconnue, aune voix de majorité, la voix qui devait suffire à la restauration d'Henri V, et la Constitution faite, grâce à une nouvelle majorité, le ministère Buffet, où figurent trois membres du Centre Gauche, est la constatation du nouvel état de choses. La