‹ Histoire de la Troisième RépubliqueChapitre 107 sur 172 · DISCOURS PE M. WALDECK-ROUSSEA.U · texte numérisé non relu

DISCOURS PE M. WALDECK-ROUSSEA.U

trouver : Tappui qui la fait triompher; et c'est' vers le peuple, vers les travailleurs des villes et des campagnes, que le portaient son cœur et sa raison.

Vous savez comment, au cours des nombreux voyages où il se dépensait sans compter, il leur a maintes fois renouvelé l'expression de cette sympathie. Vous savez aussi comment une juste popularité, que n'atteignait point l'ironie d'adversaires déçus, le récompensait de ses efforts. De plus, on comprenait ce qui se cachait de bonté sous son apparente froideur; on appréciait sa parfaite correction et son absolue loyauté ; on rendait justice à ses intentions, et à l'œuvre on jugeait l'ouvrier. Le jour où il est tombé, il approchait du terme de son mandat. Fatigué par l'exercice d'une charge dont il avait accepté toutes les obligations, il pouvait espérer des années heureuses, où le respect du pays tout entier l'eût accompagné dans sa retraire. Une criminelle folie a ruiné cet espoir et mis une conclusion sanglante à une vie consacrée tout entière au travail et à la paix.

Telle qu'elle vous apparaît, avec un recul de quelque temps, — commencée dans le trouble, se poursuivant dans la paix, — la Présidence de Garnot est une belle page de notre histoire républicaine, et nous aurons, Messieurs, profit à la relire quelquefois. En effet, sous des aspects divers, la politique se retrouve parfois, à quelques années de dislance, semblable à elle-même, et la vérité de la veille est souvent la vérité du jour. Nos adversaires d'il y a dix ans n'ont pas désarmé ; leurs moyens d'attaque sont les mêmes ; et, hier encore, nous devions, comme alors, défendre contre eux, par les armes légales, les principes de nos libertés. Dans cette lutte où, à notre tour, nous avons triomphé, le souvenirdu chef de l'Etat, à qui nous rendons hommage aujourd'hui, a pu souvent nous inspirer.

L'exemple qu'il a donné n'a pas été perdu. L'esprit qui l'animait s'est retrouvé vivant. De même qu'en 1889, le Président de la République, en apparaissant au pays, dans un poste d'honneur, comme le premier serviteur de la démocratie, a rallié autour de lui l'immense majorité des Français, et les acclamations dont, il y a quelques semaines, le saluaient à Paris leurs représentants, ont une fois de plus prouvé que la République est invincible, lorsqu'elle se défend, la réaction inipuissante quand elle se démasque.

Le vœu le plus cher du président Garnot fut de voir réunis, dans une môme pensée de concorde et de progrès, tous les républicains. Réunis autour du monument élevé à sa mémoire, formons le même vœu et que tous nos efforts tendent à le voir bientôt réalisé.

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