DISCOURS DE M. JULES FERRT
fruit du sceplicisme de Tesprit ou de Tiadififérence du cœur. Avant d^être l'arbitre du camp, M. Le Royer avait été des plus ardents à la bataille, des plus tenaces dans le combat. Nous Tavons vu, dans les premières et difficiles épreuves de notre évolution républicaine, à la tète de cette petite phalange qui barrait obstinément la route au retour du passé, et aucun des témoins de ces heures rudes et glorieuses, — j'en vois ici beaucoup autour de moi, — n'a oublié cette éloquence chaleureuse et sobre, où tressaillait, en accents sincères et puissants, Tamour profond du droit et de la liberté. ( Vifs applaudissements. )
Celui qui recueille aujourd'hui ce noble et lourd héritage a pris aussi sa large part des mêlées brûlantes de la politique. Sa vie politique n'a été qu'un long combÀt. Vous ne l'avez cependant pas jugé incapable de ce rôle élevé d'arbitre, qui semblait peu fait pour lui. Vous avez pensé que l'adversité ne porte pas les mêmes fruits dans toutes les âmes ; que, si les unes en sortent aigries et révoltées, d'autres s'y retrempent et s'y instruisent, à la clarté des jours d'épreuve. {Applaudissements,) L'expérience des hommes et des choses est une grande école d'équité. La vie parlementaire serait odieuse, si l'on n'y apprenait pas à se respecter et à s'estimer les uns les autres.
N'est-ce pas là précisément l'état d'esprit de cette grande Assemblée, ce qui donne à vos débats tant de noblesse, ce qui assure ici aux relations personnelles tant de charme et de dignité? Et se peut^ il imaginer une plus admirable école de respect mutuel, que ce Sénat, illustré par tant de grands noms et dans lequel se rencontrent, comme par l'effet d'une secrète attraction, les orateurs et les hommes d'Etat qui ont porté le plus haut, dans l'opposition comme dans le gouvernement, l'honneur de cette tribune, pour le plus grand renom de la pairie française?
Messieurs, il y a dix-huit ans, presque jour pour jour, que nous avons fondé dans ce pays, impatient de se reposer sous un gouvernement défini lif, la République parlementaire. Dans une démocratie comme la nôtre, la tentative élait hardie; on peut dire que, dans le monde entier, elle n'avait pas de précédent. Notre République parlementaire avait contre elle certaines traditions et cette habitude invétérée de l'esprit français, qui tend à confondre le meilleur avec le plus simple, comme si, dans tous les ordres de phénomènes, la complexité n'était pas l'attribut des organismes supérieurs, comme si le despotisme n'était pas à la fois le plus simple et le pire des gouvernements. [Applaudissements.)
L'expérience s'est faite ; elle se poursuit, et, sans dissimuler les difQcultés qu'elle soulève sur son chemin, qui oserait dire qu'elle
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n'a pas réussi? La République parlementaire s'est-elle montrée iDférieurc aux grandes lâches d'uD gouvernemeot? L'ordre maJatenu effort et sans troubles, les finances rétablies, l'armée refaite andement fortifiée, la République conquérant en Europe, à de sagesse, de puissantes et précieuses amitiés, peut-on recone à des signes plus certains un gouvernement vivant et du-
i trois pouvoirs qui constituent le mécanisme gouvernemen- ; Sénat était encore, il y a quelques années, le plus attaqué, vénements ont pris sa défense et se sontcliargés de le justifier, lur est venu, jour de péril immense et de suprême angoisse, institution, dénoncée comme un obstacle, est apparue ne une sauvegarde. L'action fui rapide, résolue, efficace : la turectait vaincue. J'ose dire que, dans le pays républicain tout r, la leçon a été comprise.
is ces services éclatants autant qu'exceptionnels n'épuisent pas le de cette Assemblée. Il ne suffit pas au Sénat d'être le gararmê et vigilant de la Constitution; le meilleur moyen de dre une Constitution attaquée, c'est encore de la pratiquer. iritable formule du gouvernement parlementaire n'est ni le it des pouvoirs, ni leur équilibre qui ressemble trop a l'imance; c'est l'harmonie, l'harmonie qui laisse à chacun son
mais tout son rôle. L'harmonie cesse où l'elTacemenl com- !e.
jour où l'un des trois pouvoirs absorberait les deux autres, rait fait du régime parlementaire. Nous n'avons, à celle heure, de pareil à redouter. 11 n'existe, entre les pouvoirs de l'État, les rapports de collaboration bienveillante et de mutuelle déce. Le Sénat ne saurait jamais être un instrument de discorde I organe rétrograde.
l'est pointrcnnemi des nouveautés généreuses ni des hardies tives. Dans l'ordre politique comme dans l'ordre économique, t savoir envisager les transformations nécessaires. Ire République est ouverte à tous, elle n'est la propriété d'ausecte, d'aucun groupe, ce groupe fût-il celui des hommes qui fondée. Elle accueille tous les hommes de bonne foi et de e volonté ; mais, pour leur faire une place, les républicains
pas besoin, j'imagine, de se déclarer la guerre les uns aux s. Ce serait bien mal comprendre le grand mouvement de ralml qui s'opère dans les masses profondes et qui, en dépit des Qnts et des accidents, poursuit sa marche imperturbable, par-
il est conduit par la force des choses et par les intérêts les ilevés de la patrie. ( Longs applaudissements.)
Lettre du mtnitlre des Affaires Etrangères à rambasi de France au Vatican.
Paris, le 7 Mars 1894
Monsieur l'Ambassadeur,
Le débat qui s'esl engagé le 3 de ce mois à la Chambi pûtes, au sujet d'une question posée, par M. Cochin sur i du maire de Saint-Denis, n'a pas échappé àvntre allentior suffira de lire le Journal officiel pour vous pénétrer de l du Gouvernement. Toutefois, ea présence des efToi'ls qui < pour dénaturer le sens et la portée des déclarations du ïl il me parait utile de les préciser et de vous mettre à mém mer que le respect du clergé pour les droits de l'État et sa sion & toutes les lois, sont les condilious essentielles d'une | de tolérance et d'apaisement [A pplaudissemeitls au Centre
Si, à tous les degrés de la hiérarchie, le clergé le com trouvera l'État disposé à s'opposer aux mesures que poui pirer l'injustice ou la passion.
Si notre langage était, au coatraire, interprété coi abandon des droits de la société laïque, comme une prom' condition, le clergé s'apercevrait bien vile qu'il ne trou' pour arrêter ses empiétements, de Gouvernement plus . plus résolu que celui qui respecte l'Église dans le doinaii conscience. [Nouveaux applaudissements sur les mêmes bai
Je suis assuré que ce langage sera compris â Borne, t Saint-Père y verra notre volonté de forliner en France, ai prélats les plus ardents et les moins disciplinés, les consei gesse qu'ils reçoivent du Vatican. (Très bien! Tris bien!)
Dans la question de comptabilité des fabriques, nous r pirerons de ces mêmes principes. Quand les quelques évc ont publiquement protesté contre la loi, ou cherché moins
btement à en troubler l'application, auront cessé leur résistance et permetlront aux faits eux-mêmes, eu dehors de toute passion et de toute prévention, d'éclairer l'opinion publique, nous verrons s'il est des diflicuités, des complications ou des exigences fiscales iritent l'examen.
l'est plus l'heure de rechercher si l'élaboration du règle- .urait pu être entourée de plus de garanties -, les démonstraeu convenables de certains prélats et l'agitation qu'un parti ue veut entretenir sur cette question, nous mettent dans ition d'exiger le silence et la soumission, avant de décider nécessaire ou légitime de retoucher des points de détail. 'lien! Très bien!)
EURCES LbïGOES.— Nous n'avons jamais entendu un langage jnnéteet plus Her.
^oDis HÊMON. — Vous n'avez jamais parlé comme cela, lel!
ENB GoBLET. — Lisez ma lettre à l'archevêque de Paris l AUL Descuanel. — Nous n'avons pas oublié o les amertumes nl-Père.., «.(On ni.)
E Président du Conseil. — Noua promettons notre respect re protection à l'Eglise, respectueuse des prérogatives du r laïque ; nous la convions à une œuvre de tolérance et de atlon. Si le clergé catholique rend cet apaisement possible, (ce y puisera des forces nouvelles. S'il croyait ou affectait ire nos déclarations inspirées par d'autres sentiments que cet de la pensée et de la liberté, il ne tarderait pas h être ipé et il aurait à se convaincre que le premier devoir d'un rnement, soucieux de maintenir et de rortilier l'autorité, 'exiger des serviteurs de l'Église, comme de tous les autres is, l'observation des lois. » (Bravos et applauditsements pro-
Discours de M. Casimir-Périer à V inauguration de V exposition de Lyon,
C est une heureuse fortune, pour un chef de Gouvernement, de pouvoir parler en un lieu où la loyauté sobre des déclarations est plus en honneur que les brillants artifices de langage. Je sais que je puis parler à cœur ouvert. [Assentiment.) Pour gouverner la démocratie, il faut lui appartenir tout entier et avoir foi en elle. Lui mentir ou la flatter, c'est lui témoigner de la défiance ou du mépris. {Mouvement.) Lui dire ce qui risque de lui déplaire, c'est souvent la servir. La juger capable d'entendre ce qui lui déplaît, c'est la respecter. {Applaudissements.) Tels sont les principes qui, en toute circonstance, inspireront notre politique. (Applaudisse^ ments.)
Si ces vérités sont presque banales à exprimer, il y a peut-être quelque nouveauté à les mettre en pratique. Nous convions tous les amis de la liberté à nous y aider. S'il est légitime que les républicains se souviennent qu'ils ont été longtemps — c'est leur honneur — des hommes de lutte, marchant à la conquête des libertés publiques, plus habitués à l'opposition qu'au gouvernement, qu'ils sachent bien qu'aujourd'hui, responsables de la France, ils ont de nouveaux devoirs à remplir ; qu'ils ne voient pas dans le pouvoir un adversaire, qu'ils y cherchent et qu'ils y trouvent l'action quotidienne, au service de toutes les doctrines de la Révolution.
Le Gouvernement qui est devant vous n'a qu'une ambition, c'est que la démocratie triomphante se reconnaisse en lui. (À ce moment, le directeur d'un journal socialiste de Lyon interrompt en criant : a Pas de politique ! » Des protestations s'élèvent de tous le points de la salle ; on a entouré l'interrupteur et on veut, à un moment, l'expulser.)
Messieurs, permettez-moi de vous le dire en toute sincérité, je sais le respect qu'on doit à la démocratie, et je ne crois pas que, dans aucune des paroles que j'ai prononcées, j'aie pu porter une atteinte quelconque à la liberté des opinions.
La confiance parlementaire porte ua homme au pouvoir, pour qu'il s'y inspire des principes qu'on sait être les siens, et c'est nrBEque une trahison qu'il cesse d'C-tre lui-même. S'il s'attache à 1 de son esprit le rendez-vous d'opinions qui se heurtent, quel jrgueil l'autorise à penser qu'il a clé jugé le plus capable d'apuer les idées des autres? El ce n'est pas se faire de moindres ions, que de croire le sort du pays lié à l'existence d'un Cabinet e s'imaginer que le vrai devoir pour ceux qui exercent le goulementest de s'y maintenir à tout prix. Ce sont là de mauvaises itudes (l'esprit. {Bravo .' bravo !)
i pouvoir n'est qu'une apparence, quand est compromise faute de ceux qui le détiennent. La vanité peut encore y Iruuver salisraclions, la conscience n'en trouve plus, et mieux vaut )ncer au pouvoir, par fidélité à ses convictions, que de le couer par une désertion, {ApptauilissemeiUs.i i la mission première d'un gouvernement est de maintenir ire, ce serait faire injure à la France de prétendre que toute ambition se réduit à être rassurée ; ce serait bien mal répondre vœux et à l'attente du pays de ne rien affirmer, de ne rien éprendre, de ne rien oser. (Applauditsemenls.) Ce sérail bien connaître et bien mal comprendre notre époque de fermer la le aux espérances {Mouvement) et de ne pas savoir qu'on peut : obtenir de la démocratie, en parlant & son cœur en même ps qu'à sa raison. {Applaudiisemeiils.)
e grands devoirs s'imposent à l'Eiat ; nous sentons les très :des responsabilités qui pèsentsur nos tôles. Pour défendi-e au ors les intérêts el la dignité de la France, il ne suffit pas d'être listre; il faut puiser dans la nation el obtenir de ceux qui la résentcnl autre chose qu'une autorité précaire, qu'une confiance :chandée. {Trêi Lien! très bien!) Puissions-nous prouver que t protéger le régime parlementaire et la liberté, de ne pas irmer le pouvoir, que ce n'est pas contre le Gouvernemenl, s avec son concours, par son initiative, que les réformes peut être accomplies, {Approbation.)
entends souvent associer l'idée d'autorité et celle de réaction, a de plus faux,
"autorité gouvernementale n'est pas seulement la garanlie de dre, mais la condition du progrès. {Bravo t) ous relevons de l'opinion publique ; elle nous jugera. 11 n'y a cinq mois que le Président de la Itépublique nous a confié le ivernement; nous avons eu l'occasion de nous expliquer sout, nous recherchons toutes les occasions de nous expliquer ore : les actes ont déjà courirmé les paroles. (Très bien !)
DISCOURS DB M. GÀSIMIR-PÉRIBR 385
Sans abuser de votre patience, je voudrais rappeler sommairement comment s*est exercée l'initiative du Gouvernement, au profit des idées qui nous sont à tous les plus chères : plusieurs projets militaires sont déposés par le ministre de la Guerre ; ils augmentent sans dépenses les forces défensives du pays. Nous avons demandé aux Chambres de ne plus percevoir les taxes successorales que sur l'actif net des successions. Témoins des souffrances de Tagriculture et des efforts que font les travailleurs des champs pour lutter contre l'avilissement, nous avons saisi le Parlement de deux projets : Tun dégrevant les ventes d'immeubles, Tautre organisant un système d'assurances agricoles.
La réforme de notre législation des boissons a été étudiée et présentée dans des conditions qui, nous voulons Tespérer, permet, tront aux Chambres de résoudre enfin une question qui intéresse la santé publique, notre richesse viticole et les consommateurs les plus dignes de sollicitude.
La simplification du Code de procédure et la réduction des frais judiciaires seront des satisfactions légitimes données à Topiinion publique.
Dans le projet de budget, le ministre des finances a introduit tant de mesures ingénieuses et sages, tant de réformes généreuses et fécondes, qu'on peut dire sans être démenti, même par ceux qui discuteront ses propositions, qu'on y trouve toute son intelligence et tout son cœur. {Applaudissements. Cris de : « Vive Burdeau! ») Des modifications profondes dans l'assiette des contributions directes, la suppression de l'impôt des portes et fenêtres, le relèvement, sans inquisition ni vexation, de la part contributive de ceux qui ont plus que le nécessaire, acquittent l'engagement pris par le Cabinet de soulager les déshérités de la fortune, en atteignant la richesse acquise. (Assenlimenl.)
Pour la première fois la question des retraites ouvrières est abordée par le projet de budget : un grand principe est posé, c'est que l'aide de l'Etat est assurée, dans une large mesure, à quiconque a fait un effort persévérant pour mettre sa vieillesse à l'abri de l'indigence. (Applaudissements.)
La solidarité sociale se trouve donc affirmée au profit des travailleurs. Les sentiments qui animent les Chambres nous autorisent à compter pour cette œuvre de vraie démocratie sur leur concours ; mais disons bien haut que l'Etat serait impuissant à réaliser ces progrès sociaux, si l'initiative privée, si les Associations libres, si les Assemblées départementales et communales n*avaient pour l'y aider de généreuses audaces. {Très bien!) Pour rendre cette œuvre durable, pour la rendre féconde, il faut, de
Edg. Zevort. — Troisième République. iv. — 25
Àlé, réformer dos mœurs ea même temps que nos lois, les prévealiODs tombent, que les préjugés s'effacent. Il que les privilégiés de la vie, ceux qui jouissent du '■ fasseat une notioa plus large de leurs obligations l'ils se résignent à assumer une part nn peu plus :hBrge3 publiques, pour soulager ceux qui achètent te amille avec le salaire quotidien. [Atsentimml.]
Discours de M, Waldeck- Rousseau prononcé à Lyon, le 4 novembre i900, à V inauguration du Monument Carnol.
Monsieur le Président de la République, Messieurs.
Toute la France s'associera à Thommage que la ville de Lyon offre aujourd'hui à la mémoire du Président Carnot. Elle a voulu qu'au lieu même où il est tombé, dans l'exercice de sa fonction et victime du devoir civique, son souvenir reçut une consécration délinilive. Le gouvernement de la République, uni avec elle dans une même pensée, lui sait gré du soin patriotique qu'elle a mis à rendre ce témoignage à la fois éclatant et durable.
Vous avez tous, Messieurs, présents à l'esprit les heures tragiques que vécut votre cité dans la nuit du 24 juin 1894. La fête du travail que vous célébriez alors s'achevait dans la joie sereine du labeur récompensé. Le chef de l'État vous avait apporté rex> pression de sa sympathie et de son admiration. La démocratie lyonnaise avait entendu avec respect les paroles par lesquelles il avait salué son œuvre. Et pendant les quelques heures qu'il devait encore passer au milieu d'elle, elle allait lui témoigner de plus en plus vivement son dévouement à nos institutions, son attachement à sa personne. C'était un cortège triomphal que lui préparait le peuple assemblé dans vos rues et dont sa simplicité et sa modestie eussent apprécié surtout l'hommage rendu, en sa personne, au gouvernement républicain. Ost à ce moment, dans cette heure de confiance et d'union que le poignard d'un assassin l'a frappé mortellement.
Le soir même la France apprenait l'attentat avec douleur, avec indignation, avec stupeur aussi : car les esprits se refusaient à comprendre ce qu'avait voulu le meurtrier. Frapper l'homme qu'il ne connaissait point, qui était pour les petits, pour les malheureux, la bonté, la générosité même? Atteindre la fonction que le président Carnot, par sa haute correction, avait précisément placée au-dessus des questions de personne et qui devait, le lendemain, dans un calme absolu, se transmettre à son succès*
scur? De quelque façon qu'on l'expliquai, le meurtre, aulantque détestable, élail inutile et absurde; el c'eût été, certes, pour I& victime une suprême satisfaclion de savoir que la République nniirrait, dans ces heures douloureuses, ne songer qu'à le pleurer, I qu'un seul instant la paisible transmission des pouvoirs éveilla moindre inquiétude.
D efTet, Messieurs, si voua vous rappelez quel était l'étal des .is, au moment où l'Assemblée nationale appela Sadi Carnot à résidence, vous estimerez sans doute qu'il est juste de lui Taire <art dans la situation qu'il laissait apics lui. Il avait trouve la ice irritée de certaines faulee, dupe de certaines promesses, e à toutes tes imprudences. Les adversaires irréconciliables la République rencontrera encore longtemps sur son chemin mençaienl déjà à modilier leur lactique, el, las d'élre vaincus lalaille rangée, s'essajaieot aux embuscades. Dissimulant leur )eau, ils prétendaient se servir des couleui-s nationales pour 'erser le Gouvernement choisi par la nation et reniaienl leurs cipes, préls à les affirmer de nouveau, au lendemain d'une >ire qu'ils espéraient prochaine ; si bien que, dans ce désarroi ilement préparé, les républicains risqueraient de s'égarer el de i le jeu de leurs adversaires,
fallait , ramener le calme dans les esprits, la clarté dans les Uigences, montrer à la démocratie que ceux qui l'avaient tous combattue n'aspiraient si brusquement à la servir que pour IX la dominer, remettre enfin la France de la Révolution dans •ie de réformes et de progrès dont une réaction déguisée tende l'écarter. Le Président Carnot mit au service de celle grande e des qualités personnelles précieuses, l'aulorilé d'un nom et passé républicains. Appelé pour la première fois à s'occuper affaires publiques au moment de la chute dcl'Emptre, il avait ,é de ces débuis le sens très exact des responsabilités du pou- II savait ce que peut un chef d'Etat pour le bien ou li: mal e nation, et que l'action du Président, pour être limitée par la ititution, n'en a pas moins sur la marche des alTairos une ence décisive.
tte influence, Carnot l'a, toujours et sans réserve aucune, au service de la démocratie. Celait pour lui tout à la fois conviction héréditaire et une idée personnelle que la Repule, étant le gouvernement de tous, doit gouverner pour le le, par le peuple, el qu'en servant les intérêts d'une minorité mentirait à ses origines. IL savait que, quand elle a besoin e défendue, — de même qu'au jour où il a fallu la fonder — dans le peuple qu'elle doit chercher ce qu'elle est sûre de