LE CABINET DU 17 MARS
laïcisations d'Écoles au Sénat. — M. de Lanessan en Indo-Chine. — Remise de la barrette au nonce Rolelli. — L'Enseignement secondaire moderne. — L'escadre française à Cronstadt et à Portsmouth.
— Consé(iuences iumiédiates. — MM. de Freyciuet et Ribot à Vandeuvre et à Bapaume. — tlchec de la mission Crampel. — Mort de
Jules Grévy. — Suicide de Boulanger. — La Jeunesse catholique à Rome. — Circulaire de M. Falliéres. — Réponse de M«' Gouthe- Soulard. — La politique extérieure de M. Ribot. — Attitude du clergé dans l'affaire Gouthe-Soulard. — Interpellation du 9 Décembre au Sénat. — Interpellation des 11-1*2 Décembre à la Chambre. — La Chambre achève le i9 Décembre 1891 la discussion du budget de 1892. — La situation au Touat, au Siam. en Egypte. — Adoption de l'Acte général de Bruxelles modifié. — Grèves du Nord et du Pasde-Calais. — Nouvelle interpellation Laur sur les crises financières.
— Le tarif général des douanes au Sénat. — Importance de l'année politique 1891. — Prorogation de la session extraordinaire de 1891 en 1802. — M. Pauliat et les fonctionnaires algériens au Sénat. — La Journée des fj'ifles à la Chambre. — Déclaration des cinq cardinaux.
— L'opinion de Léon Xlll. — La séance du 18 Février 1892 à la Chambre. — lnter^^ention de M. lienri Brisson. — Incohérence des votes. — Chute du Ministère.
Le quatrième Ministère de Freyciaet comprenait M. de Freyciuet à la présidence du Conseil et à la Guerre, M. Falliéres à la Justice et aux Cultes, M. Constans à Tlntérieur, M. Ribot aux Affaires Étrangères, M. Rouvier aux Finances, M. Barbey à la Marine, M. Bourgeois à Tlnstruction Publique et aux Beaux-Arts, M. Yves Guyot aux Travaux Publics, M. Develle à l'Agriculture, M. Jules Roche au Commerce, M. Élienne au sous-secrélariat des Colonies, rattachées cette fois au Commerce. C'était l'ancien Cabinet Tirard, moins MM. Tirard etSpuller, qui n'auraient pas accepté de portefeuilles après le vole du Sénat; moins aussi MM, Thévenet garde des sceaux et Faye ministre de l'Agriculture . Un autre changement de portefeuille doit être noté : M. Bourgeois, passant à l'Instruction publique et aux Beaux-Àrts, abandonnait l'Intérieur à M. Constans.
La composition du Cabinet du 17 Mars 1890 appelle plusieurs observations. La première est relative à la remarquable compétence, à la supériorité intellectuelle ou oratoire de presque tous les membres de la nouvelle administration.
On pouvait seulement se demander si cette réunion de talents incontestables et incontestés aurait, sous la direction un peu relâchée du président du Conseil, toute la cohésion, toute Tunité nécessaires. L'expérience du passé autorisait quelques craintes, ou au moins quelques doutes, à cet égard. La présence de deux civils à la Guerre et à la Marine était rassurante, à la condition que ces deux civils eussent Ténergie suffisante pour introduire enfin le contrôle et la lumière dans la comptabilité de ces deux administrations ; à la condition surtout que le ministre de la Guerre comprît quel danger pouvait faire courir à la République la constitution d*un haut commandement de plus en plus aristocratique, quand Tarmée devenait de plus en plus démocratique. Les Cultes avec la Justice étaient confiés à un bon citoyen, à un homme d'une remarquable probité politique, qui aurait sans doute toute la fermeté désirable, quand les rapports entre TÉglise et l'État allaient être rendus plus délicats, par le fait même des concessions de Léon XIII et des résistances de Tépiscopat. Enfin le Commerce passait des mains de M. Tirard à celles de M. Jules Roche qui saurait, lui aussi, résister dans la juste mesure, aux exagérations protectionnistes de la Commission des douanes et de la Chambre.
Appelé à une durée de deux ans, presque égale à celle du Ministère Jules Ferry en 1883-1885, le Ministère [du 17 Mars allait avoir une existence assez tranquille à l'intérieur pour pouvoir tenter un grand effort à l'extérieur et resserrer une alliance dont la conclusion lui méritera le nom de Ministère de Cronstadt.
Formé le 17 Mars, le nouveau Cabinet ne fut en contact avec les Chambres que pendant douze jours, l'ajournement ayant été prononcé le 29. La Déclaration, qui fut lue le 18, aurait pu être contresignée par tous les Ministères qui se sont succédé depuis l'avènement de Jules Grévy. Les nouveaux ministres