INTERPELLATIONS SUR LA DÉCLARATION
se déclaraient décidés à défendre énergiquement les institutions républicaines et Toeuvre démocratique. Ils faisaient appel à tous les républicains, sans exclusion de personnes, pour le développement des réformes économiques et sociales qui sont la conséquence nécessaire, Taboutissement obligé de la République. Cette République, ils la voulaient large, ouverte, tolérante et paisible. Ils considéraient que le premier devoir des pouvoirs publics était de faciliter aux populations laborieuses le passage à une situation meilleure. Enfin, ils visaient à être un Gouvernement, dans la véritable acception du mot. On reconnaissait la marque de M. de Freycinet dans les appels à la conciliation et dans la définition d'une République largement ouverte; on retrouvait Tinspiration de M. Constans, de M. Rouvier dans l'affirmation de Tesprit gouvernemental.
Les interpellations ne manquèrent pas à la nouvelle administration. Celle de M. Lockroy, déposée le 18, aboutit au vote de Tordre du jour pur et simple, adopté par 309 voix républicaines contre 75 voix réactionnaires et boulangistes, après que M. de Freycinet eut déclaré que les lois militaire et scolaire seraient appliquées dans Tesprit même où elles avaient été votées.
Une interpellation sénatoriale sur la Déclaration ministérielle fut close le 28 Mars, comme à la Chambre, par le vote de Tordre du jour pur et simple. Même conclusion le 29, au Palais Bourbon, lors d'une interpellation sur le traitement des instituteurs. M. Ribot fut le seul ministre qui eut un ordre du jour de confiance, le 24 Mars, à la Chambre, à la suite de l'interpellation sur le traité franco-turc.
Un événement plus intéressant fut la promulgation, à la date du 22 Mars, de la loi qui autorisait la formation de Syndicats entre les communes, pour la discussion des intérêts communs. Certaines communes, étant trop pauvres pour rien
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entreprendre, avaient intérêt à se joindre à des voisines plus favorisées. Ce fut là une sage mesure de décentralisation, un très utile complément des lois de 1871 et de 1884.
Les vacances, qui durèrent cinq grandes semaines, furent bien remplies. L'un des principaux événements à signaler fut la nomination du général de Miribel aux fonctions de chef d*État-Mejor général de l'armée, faite sur la proposition de M. de Freycinet. La désignation de M. de Miribel en 1881 n'avait pas été l'une des moindres causes de la chute de Gambetta en 1882 et de son remplacement par le même M. de Freycinet, devenu le chef du Cabinet du 30 Janvier. Irréprochable, au point de vue de la compétence du nouveau chef de TÉlat- Major général, le choix de M. de Miribel avait été sans danger, au point de vue de l'esprit à imprimer au haut commandement et du recrutement des officiers généraux, sous un ministre comme le général Campenon. On pouvait se demander si l'action de M. de Freycinet, sous ce double rapport, serait aussi efficace, s'il ne serait pas porté, par tempérament, à se soustraire à certaines responsabilités, qu'il avait si hardiment assumées pendant la Défense nationale.
Les élections municipales de Paris, fixées au 27 Avril, n'aboutirent, au premier tour, qu'à la nomination de 21 conseillers, sur lesquels on comptait un seul boulangiste. Après les ballottages du 4 Mai, l'Assemblée communale comprit 65 républicains, 13 conservateurs et 2 boulangistes. Ce fut le coup de grâce du Boulangisme. Après cet échec, le général écrivit à l'un de ses fidèles, M. Laisant, qu'il n'estimait pas que cette défaite fût très grave. Avec sa logique habituelle, il ajoutait qu'il considérait la tâche du Comité « comme terminée ». Quant à lui, il avait à se recueillir, à méditer sur les leçons que contenaient les faits accomplis. On sait quelle fut la nature de ces méditations et de ce recueillement et