LÉON XIII <( RALLIÉ
cert fit céder radministration. Le rappel de M. Deroy, secrétaire général de la Fédération, mit fin à la grève. Les grèves d'oavriers de l'État soulevaient une question grave qui devait plus lard prendre une grande acuité et amener la chute d'un Ministère. Les grèves des ouvriers de l'industrie privée étaient presque toujours prolongées par l'intervention d'hommes politiques, députés ou simples meneurs. Le droit de grève comporte évidemment le droit d'excitationà la grève: c'est au Gouvernement à aviser, si les interventions dégénèrent en atteinte à la liberté du travail.
Au milieu de ces agitations locales et des mouvements fébriles du monde parlementaire, la France, dans sa grande majorité, était calme ; plus attachée que jamais à la République, elle attendait sans hâte, sans impatience, le moment de manifester sa volonté souveraine. La mort de hauts personnages comme celle de M°*® Grévy (le l®*" Mars 1893) ou celle de Jules Ferry, la surprenait un instant, mais ne la troublait qu'à la surface. Celle d'un philosophe et d'un penseur comme Taine ne causait quelque émotion qu'aux philosophes et aux penseurs. Quant aux décès des Ministères, ils étaient suivis de si promptes résurrections, qu'en dehors du monde parlementaire et des intéressés, chacun les considérait comme le plus banal des incidents de la politique courante. M. Ribot, par l'éclat de son éloquence, par l'étendue et la variété de ses connaissances, par le patriotisme dont il avait fait preuve, en acceptant une lourde responsabilité à un moment difficile, méritait plus de regrets qu'un autre : il en provoqua peut-être moins, parce que l'on se rendit compte que le plus éminent représentant du Centre Gauche était dans une situation fausse, à la tète d'un Ministère de concentration, et aussi parce que l'on crut, à tort ou à raison, qu'il ne fit pas tout ce qui était nécessaire pour s'assurer de la personne d'Arton et de celle de Cornélius Herz.
Edg. Zevort. — Troisième R«3publique. iv. — 15
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