‹ Histoire de la TunisieChapitre 1 sur 32 · A MONSIEUR · texte numérisé non relu

A MONSIEUR

Charles ROUVIER

OFFICIER DE LA LÉGION D’HONNEUR MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE DE PREMIERE CLASSE RÉSIDENT GÉNÉRAL DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE EN TUNISIE

Monsieur le Ministre,

Dans les pages qui suivent celles-ci, je me suis efforcé de retracer fidèlement l'histoire d’une des contrées les plus célèbres , à tout point de vue, du monde ancien.

Si vous daignez les lire, vous y verrez passer successivement sous vos yeux les noms les glus fameux de l'antiquité : ceux des Magon, des Hannon, des Amilcar, des Annibal, des Scipion, des Bélisaire, des Solomon, etc. etc., tous génies plus politiques et plus civilisateurs encore, peut-être, que guerriers.

C’est, en effet, leur administration , plus que le succès de leurs armes, qui fit la puissance et l’antique prospérité de ce pays.

C'est à leurs soins éclairés et à leurs labeurs incessants que notre Tunisie fut redevable de cet outillage agricole et commercial qui fit d’elle d'abord la Grande Rivale, puis le Grenier de Rome et du monde romain.

Routes , cités, travaux de tous genres, aqueducs, baimages, citernes , boisement, peuplement , marine, colonisation , leur génie fécond sut toucher à tout, renouveler tout, créer, compléter ou achever tout.

Hélas! après eux, des heures sombres vinrent où„ sous le flot montant de la barbarie, tout ce qu'ils avaient fait fut englouti !

La destruction fut telle qu’il faut tout refaire aujourd’hui , mais qu'il faut tout refaire mieux qu autrefois, sur un plan digne de ce prodigieux dix-neuvième siècle où nous vivons, digne surtout de

V Archange des peuples qui , pour cette œuvre de progrès et de civilisation , prête au loyal souverain de la Régence l’appui de sa richesse , de sa force et de ses lumières.

Pouvais-je donc mieux dédier les pages racontant tout le passé de gloire , de combats et de misère de ce pays , qu’au Représentant de la France , chargé par elle de coopérer directement , à l’heure présente , à sa résurrection merveilleuse ?

Pouvais-je mieux les offrir, avec l’hommage de ma gratitude et de mon respectueux dévouement , qu’au Ministre éminent appelé par la confiance du Gouvernement de la République ci succéder, dans le poste élevé qu’il occupe , aux devanciers glorieux dont elles évoquent les noms immortels et l’impérissable souvenir ?

Page 1