‹ Histoire de la TunisieChapitre 32 sur 32 · LA TU. N 191 K · texte numérisé non relu

LA TU. N 191 K

LA FRANCK

Noilà donc quelque chose de ce qu’est Tunis et la Tunisie.

Je dis bien : quelque chose. Car jamais, qui ne les connaît pas, ne soupçonnera les tiédeurs embaumées de nos nuits d’été, ni l’éclat lumineux et pur de ce que, par je ne sais quelle habitude étrange, nous osons nommer : nos nuits d’hiver!

Ce ciel si profond; ces astres, ruisselant comme pluie de diamant sur le manteau bleu des reines d’autrefois; cette Tanit, si radieuse lorsqu elle pose, en tremblottant, son croissant d’argent sur la coupe d ébène du Bou-Quarnaïn, que les Phéniciens tombaient à genoux devant elle, nul ne les peindra jamais sous des couleurs aussi séduisantes que la réalité à qui n’a point passé de longues heures à les contempler ! Et si telles sont nos nuits, que dire de nos jours ! Où les jasmins et les roses, les palmiers, les arbres aux fruits d’or et les rouges grenades s épanouissent-ils .sous des rayons plus chauds et de plus vivantes haleines? Au-dessus de nos lûtes, un firmament sans nuage; sur nos grèves, la plus belle des mers ; dans nos bois, le myrte et 1 oranger ; dans nos forêts, le lion ; sur nos cimes, l’aigle : toutes les forces, toutes les splendeurs et tous les parfums !

Au temps de Salluste, les rois de Numidie s’appelaient déjà, dit le grand historien : « Reges insermentés ! » et, quelques années plus tard, Tacite, parlant de la politique romaine, écrivait, dans la vie d’Agricola : « Vetere acjampridem recepta pop uli Romani consuetudine ut haberel « instrumenta seroitutis et reges. » Notre formule de Protectorat n’est donc pas inventée d’hier!

Le Protectorat Romain fut d’ailleurs l’honneur de ces rois vassaux et la fortune de leur pays. Jamais, en particulier, jusqu’à maintenant,

1 Afrique ne fut aussi riche, aussi éclairée, aussi grande, aussi prospère, ni aussi civilisée que lorsqu’elle fut romaine.

Espérons donc, pour son bonheur, et plus encore pour l’éternel honneur de notre France, qu’à l’ombre de nos trois couleurs, toute cette terre, qui fut jadis le grenier du vieil Empire romain, reprendra bientôt dans le monde la place à laquelle sa fécondité merveilleuse et sa glorieuse histoire la convient également.

11 faut que les splendeurs de ['Afrique Française fassent pâlir, devant les siècles à venir, les splendeurs de ['Afrique Romaine elle-même L

1 Cfr. P. II. Y, La Politique française en Tunisie; — Faucon, La Tunisie; — E. Poiké, La Tunisie française; — Ch. Lallemand, La Tunisie ; — Lanessan, La Tunisie; — Dick de Lonlay ; — Le Général Cosson de Yillenoisv, La Tunisie etc., etc.

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