‹ Histoire de la TurquieChapitre 156 sur 360 · LIVRE TRENTE-DEUXIËMB · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-DEUXIËMB

intactes lui prêteraient vengeance ou refuge. Il suit un instant ce conseil, s'embarque avec sa cour^ rame vers Cronstadt, etapprend, avant d'y aborder , que rimpératrice, plus résolue, a embauché la ville et la flotte.

« Il n*y a plus d'empereur, » répondent les ma* rins de Cronstadt à ceux qui leur crient du pont des yaks que l'empereur est à bord; « levez l'ancre, ou « nous allons couler vos barques sous nos boulets! V Vive l'impératrice Catherine! »

A ces cris, Pierre pleure comme un enfant, et s^éloigne. a Le complot est général, » dit-il avec abattement, « je l'ai trop prévu dès les premiers « jours de mon règne..»

Résigné avant d'avoir combattu, il espère une réconciliation avec sa femme, se fait descendre de nouveau à Oranienbaum , désarme les remparts, ouvre les portes, et écrit à Catherine pour lui demander, comme dernière grâce, de le laisser retourner seul dans le Holstein avec sa maîtresse laFraile Woronzof.

Catherine lui répond en lui imposant, avant tout, une renonciation à l'empire ; il l'écrit, et il la signe aussi lâche et aussi humiliée que ses ennemis pouvaient la lui dicter. On désarme ses soldats du Holstein> on le fait monter avec sa maîtresse vn. 22

ilaijs une voiture, et on le conduit captif au château cic Péterhof. En descendant sur le perron du château, au milieu de ses gardes de la veille, maintenant ses bourreaux, on le reçoit aux cris insultants de vive Catherine ! on le force à se dépouiller luimême de son uniforme, de ses décorations, de ses armes ; on l'expose en chemise, demi-nu, à la dérision des soldats ; on le sépare de sa favorite Woronzof, dont les vêtements déchirés et les cheveux épars accusent les lâches outrages des troupes à une femme sans défense.

Ainsi fut détrôné le petit-fils de Pierre le Grand, pour une Allemande étrangère à la Russie, qui n'avait pour titre à l'empire que la pitié qu'elle inspirait, l'cmbauchement des troupes, son audace, son génie et sa beauté. Orlof régnait déjà sous son nom.

Mais déjà aussi le remords de l'empire transporté et d'un souverain avili commençait à murmurer dons le cœur des troupes éloignées de la capitale et des marins de la flotte étrangers à la révolution consommée sans eux. Les Orlof tremblèrent qu^un repentir ne défit ce qu'une sédition venait de faire. Leur impunité était dans la mort de l'empereur.

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