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vaésj des réformés contre les catholiques, les diètes, les complots, les tentatives d'assassinat, devaient lui faire expier cruellement son ambition, et préluder par la main de tous les partis au démembrement de sa patrie.
Nous ne devons raconter de cette lente agonie de la Pologne que ce qui touche plus -immédiatement aux Ottomans. Un pressentiment secret semblait les avertir que l'union contre nature de l'Autriche, de la Russie et de la Prusse contre la Pologne, n'était que le prélude d'une coalition aussi ambitieuse, mais aussi impolitique, contre l'empire dont le vide ne serait comblé désormais que par le sang des puissances de l'Europe.
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it de reprendre, à quelques années de disle règne de Mustapha III, une réflexion nous ît ne peut manquer de frapper tous les esprits, ue la nature joue aussi un grand rôle dans ses humaines, et qu'en faisant naître dans
telle contrée du monde un grand génie, un caractère, une grande ambition, elle change
seul fait l'état de tout un continent et le )écifique des nations entre elles. C'est la grandividuelle de l'humanité tout entière, qu'un 3m me , apparaissant ou disparaissant dans
le drame si compliqué de la politique universelle, élève à l'instant dans une proportion démesurée la partie du globe où il est né, et abaisse dans une proportion inverse la zone de la terre prépondérante jusqu'à son avènement.
Or, la nature, en moins d'un siècle, venait de so montrer plus féconde dans le nord de l'Europe qu'elle ne l'avait été depuis Soliman le Grand en Orient. Quatre grands hommes (car la grandeur n'a pas de sexe), Pierre le Grand en Russie, Catherine II dans le même empire, Marie-Thérèse en Autriche, et enfin Frédéric le Grand en Prusse, étaient nés en Allemagne à des époques très-rapprochées, comme par un dessein concerté de la Providence, pour déchirer ensemble, dans la Pologne etdansTempire ottoman, une proie commune après s'être déchirés d'abord longtemps entre eux et réconciliés ensuite pour un même crime. Malheur aux nations contre lesquelles la nature se déclare ainsi, en ne leur donnant que des hommes médiocres, et en leur opposant pour adversaires des hommea d'État ou des héros I
Ce fut le malheur de la Turquie depuis le commencement jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. Le Nord était jeune, l'Orient semblait épuisé.
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Gatlierine II, certaine désormais de la complicité du grand Frédéric et de l'Autriche, dans Taléantissement convenu à profit commun de la Pologne, était sûre aussi que ces deux puissances fermeraient les yeux sur ses envahissements proielés en Turquie. La permission, stipulée ou tacite, à celte impératrice de démembrer Tempire ottoman partout où son ambition orientale lui offrirait une proie à saisir, était pour la Prusse et TAutriche la condition de leur part de la Pologne. La France, gouvernée, en sens inverse de son honneur et de sa politique, par les favoris d'une favorite, se contentait d*une paix honteuse après une guerre pleine de ï*vers ; elle ne voyait rien, ou plutôt elle feignait de De rien voir, pour ne pas sortir de la léthargie voluptueuse de son sardanapale chrétien.
Mustapha IIl, privé des lumières de Raghib, forait l'accord secret de Frédéric II et de Gath&ine. Admirateur passionné de ce roi guerrier dont s revers et les victoires avaient retenti jusqu'en rient, il se félicitait de voir un héros contre-balancer MIS le Nord le poids -croissant de la Russie. Il conmplait souvent le portrait de ce grand homme
suspendu par ses ordres dans une des salles du sérail. Trop probe pour soupçonner la duplicité sous riiéroïsme, il ne se défiait pas de l'intelligence déjà établie entre ce roi jusque-là ennemi des Russes et de l'impératrice de Russie. Bien quMleût eu sou»vent à se plaindre de la mobilité des Polonais, il croyait de son devoir comme de son honneur de \ ciUer à l'intégrité de cette- Pologne dont ses ancêtres avaient été, depuis l'origine de la monarchie , les aUiés et les protecteurs.
L'élection de Poniatov^^ski, plus proconsul de Catherine que roi d'un peuple libre , l'avait indigné. Par les conseils secrets de la France et même de la Prusse, intéressées à contester l'ascendant exclusif de la czarine à Varsovie, le divan avait protesté contre cet asservissement mal déguisé de la Pologne. Quarante mille Russes, sous les murs de Varsovie, avaient pesé évidemment sur cette élection. Le sultan réclama de Catherine II l'évacuation de la Pologne. La czarine répondit avec l'impudence de la duplicité grecque qu'elle n'avait que six mille Cosaques en Pologne pour y protéger les libertés dont la Russie avait garanti l'exercice aux Polonais par la constitu-
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tion même de la répul I
diplomatie aussi contrad déconseilla alors laguen
L'insurrection des Wahabites, en Arabie, cette réforme fanatique de l'islamisme, que nous raconterons bientôt à son heure, détourna un moment ses regards de la Pologn II destitua même l'intrépide khan des Tartares Crimée, Krim*Gheraï, qui osait à lui seul s'é * avec ses Tartares en Pologne pour y secouri les républicains polonais contre les Russes. Krim-Gheraï, en passant à Gonstantinople pour se rendre à Brousse, lieu de son exil, s'entretint seul à seul avec Mustapha, et tenta de lui inspirer son courage.
« Vous avez raison, » lui répondit le malheureux Mustapha en levant les yeux au ciel; « mais, « mon frère, quepuis-je faire tout seul? Ils sont « tous amollis ou corrompus ; ils ne connaissent, ils a n'aiment que leurs maisons de plaisance, leurs a musiciens, leurs harems ; je travaille à rétablir « l'ordre, à ramener mon peuple à ses antiques a mœurs ; personne ne veut m'aider. »
La décadence des caractères depuis la mort de
Raghib préludait à la décadence de la politique* Un rejaillissement accidentel de l'anarchie de Pcp' logne décida fatalement la guerre de i768. Une de5 armées de ces confédérés polonais, qui combattaient les Russes au nom de leur parti politique^ pendant la neutralité forcée et honteuse de leur roi^ entra, poursuivie par les Russes, sur le territoire ottoman, sous prétexte d'y demander asile à un ter-« ritoire neutre. Reçus dans la petite ville de Balta, voisine de la forteresse de Choczim, les Polonais en rcssortirent pour attaquer un détachement russe, et pour lui faire violer, en se retirant, le sol ottoman.
Les Russes, en effet, poursuivirent les Polonais au delà de la frontière, et incendièrent dans la poursuite la ville turque de Balta, abandonnée à leur vengeance par les Polonais. Cette fuite simulée des Polonais confédérés et cet incendie sans provocation d'une ville turque, allumèrent la guerre avec l'étincelle qu'ils avaient fait jaillir en pleine paix.
Le divan frémit; le grand vizir Hamsa-Pdcha, jeune et bouillant caractère, qui venait de succéder à Mouhsinzadé, suspect de* partialité pour les Russes, fit appeler devant lui l'envoyé de Catherine, Obrcskof. Assis, contre Tusage, sur un divan, elles jambes étendues nonchalamment sur le tapis, Hamza