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mans. Il convoqua les vizirs, les pachas et les oulé* mas dans un conseil patriotique, et il ne craignit pas de sonder lui-môme devant ses sujets les plaies de la patrie,
<c Depuis mon avènement au trône, » leur dit-il, a j'ai gouverné par vos conseils : vous seuls m'avez a empoché d'aller en personne commander mes a armées. I^ choix que j*ai fait successivement de a dcp^ grands vizirs incapables n'a pas répondu à 0 mes espérances ni au)^ vœux de m€s peuples, a Vous aviez désigné vous^-mômes celui qui vient a d'ôtre vaincu. Si la gloire et Tinlérôt de mon a empire ordonnent la rx)ntinualion de la guerre, ff je demando de nouveau à mener moi-môme mes a troupes aux combats. Les ressources ne man« a quent point encore à nos dangers. La France, ff notre alliée de tous les lemps, ne se refuse pas a à soutenir mes elTorls : déjà Ton traite par mon a ordre avec elle de Tachai d'un grand nombre de a vaisseaux de guerre, et bientôt une Ûotte nou« a velleaura remplacé celle qui vient d'ôtre détruite a par Tincendie et par la permission de la Provi« a dence. Les puissances chrétiennes donneront à a l'empire du Croissant des marques de bienveil- « lance que le malheur des temps me force à ne « pas dédaigner. Les cours de Vienne et de Berlin
« m'offrent leur médiation : toutes deux proposent (( de négocier la paix sur des bases que ne désa- « vouent ni la gloire de mon trône impérial, ni la « dignité du nom ottoman, ni la loi de notre saint (( Prophète. Les deux nations qui se combattent « rentreraient dans les limites qu'elles reconnais- (( saient avant les hostilités , et les Russes s'enga- « géraient à sortir de la Pologne. Ainsi le premier, « le véritable, l'unique objet de la guerre se trouce verait rempli, et la justice des nations et des sou- « verains serait satisfaite. »
Ces accents, où respirait l'âme d' un grand homme, émurent l'empire sans le transformer. Les Tartares, contre lesquels Romanzoff s'était retourné après la victoire de Cakoul, fuyaient en Bessarabie; le général russe Panin pressait le siège de Bander, défendu avec l'énergie du désert par un corps d'Arabes, commandé par Amin, pacha de Ninive. L'explosion du magasin de poudre enseveliti pendant un assaut nocturne, vingt mille Russes et sept mille Arabes sous les décombres de la ville. Amin- Pacha ne rendit que des ruines et des cadavres aux Russes. Mais la possession de ce monceau de ora-
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dres assurait à Catherine Teatrée permanente de ses troupes en Moldavie.
Un de ses généraux pénétrait au même moment dans les gorges jusque-là inaccessibles du Caucase; un autre corps d'armée occupait Azof; ses amiraux conê>truisaient dans les embouchures du Don une flotte prête à dominer la mer Noire et à porter ses armes dans la Crimée. Le prince Dolgorouki, après avoir séduit les tribus tartares de Budjiack, marchait avec eux sur les lignes de Pérécop ou d'Orcapi, pour pénétrer dans la presqu'île de Tauride; maître de Caffa, il subjuguait en trois semaines la Crimée entière ; le khan vaincu et dépossédé s'enfuyait à Constantinople pour y mourir. Les trois cent mille Ottomans rassemblés à Schumla pour observer, du rempart de la Bulgarie, le Danube et la mer Noire, s'insurgeaient, pillaient ses tentes, mouraient de la peste et de l'indiscipline, cette peste des camps. La cour de Vienne commençait à s'alarmer d'un démembrement trop imminent de l'empire, qu'elle voulait bien humilier, mais qu'elle ne voulait pas effacer de l'Europe. Un congrès, provoqué par elle, à Foczani, en Moldavie, sous la médiation du nouveau roi de Prusse, fut stérile par la généreuse obstination de Mustapha III à ne pas sacrifier les Tartares de la Crimée aux Russes, qui,
SOUS le nom d'indépendance, demandaient leur
asservissement.
Le gendre du sultan, Mouhsinzadé, devenu grand vizir, contint, avec une sage lempor^ation, les Russes pendant la campagne de 1773. Silistrie, secourue par lui contre cinquante mille Russes de Romanzoiï, brisa comme un ôcueil Tinvasion des généraux de Catlierine II. Widdin, reconquis par le grand vizir, vit refluer les vainqueurs de Cakoul au delà du Danuble. Varna, vainement attaqué, assigna une borne infranchissable à la conquête des Moscovites. Hassan - Pacha , devenu de capitan* pacha sôrasker de Tarmôe de Varna, guida la cavalerie d'Asie avec la fougue et la dextérité d'un Persan.
La fortune sembla se repentir de ses infidélités à la vieillesse de Mustapha III ; Tempire se redressait partout sous sa constance. Ses derniers n^rds virent fuir les Russes devant son gendre et devant Hassan. Il mourut en sage qui n'ospère ni ne désespère trop des choses humaines. 11 appela auprès de son lit de mort son frère Abdul-Hamid, destiné à lui succéder; il lui recommanda la religion, l'em-