LIVRE TRENTE-TROISIÈME
regards des Russes. Uu vent du nord le pousse inaperçu en peu de bordées dans une anse de rochers, sur la côte escarpée de Lemnos ;i\ distribue à ses compagnons des sabres et des pistolets, ses seules armes cachées dans la cale ; il repousse du pied sa barque aux flots, ne voulant plus d'autre asile que la mort.
<i Camarades, » dit-il à ses soldats, « plus de a salut pour nous que la victoire ; nous avons faim, (c nous trouverons des vivres dans les ports russes ; « marchons! »
Hassan les conduit aux tranchées, surprend, égorge , précipite dans la mer les quinze cents Russes, délivre le château, purge l'île, et voit les Orlof épouvantés couper leurs câbles pour abandonner l'île et la Méditerranée aux héros de Tchesmé. Après avoir renouvelé la garnison, il vogue vers Constantinople, et confond son accusateur, l'envieux Djafar-Pacha, en remettant au sultan Lemnos reconquis par un seul homme , et la mer libre de ses ennemis.
Mustapha 111, qui le chérissait, le nomma au poste auquel la nature l'avait nommé d'avance, celui de capi tan-pacha. 11 devait monter plus haut encore, avant de tomber dans la chute de son ingrate patrie.
Pendant que les escadres russes, épouvantées de rénergie d'un seul homme plus qu^elles no. Favaient été de la flollc enlière du sullan, allaionl liiverner, repoussées de partout, dans la rade de rUede Parcs, Romanzoiï, passant le Dniester par Tordre de CatherinOi se trouvait cerné entre cinquanlo mille Tartarcs et cent trente mille Ottomans commandés par le grand vizir.
Émule du grand vizir, dont Tcxcmplo ébit Mors la loi de la guerre, RomanzoGT, négligeant lo% Tar«< tares et fondant sur les Ottomans avec des bataiWi Ions carrés hérissés de baionnelles, qui s'ouvraient pour déchar er leurs canons et qui se refermaient pour les recharger, remportait la victoire de Ca« koul, 011 cinquanlo mille Turcs foudroyés joncha^ rent le champ de bataille. Les débris de Parmée du grand vizir, qui purent repasser le Danubei refluèrent jusqu'à Conslantinople.
Ainsi Tarmée et la flotte s'anéantissaient à la fois sur le Danube et dans rArchipel. Rien n'égalait le désastre, si ce n'est la religieuse impassibilité da sultan. Lui seul ne désespérait pas de Tempire^. parce qu'il espérait dans la providence dee musul*