‹ Histoire de la TurquieChapitre 190 sur 360 · LIVRE TRENTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-QUATRIÈME

chefs do mamlouks rebelles et maîtres du Caire. Après Ibrahim, qui avait régné dix ans, Ali-Beg, esclave abaze, puis page d'Ibrahim, chassait le pacha, purement nominal du sultan, en 1766, battait monnaie à sa propre cfligie, et refusait môme le tribut à la Porte. Il s'emparait de la mer Rouge et de la Mecque, et s'alliait avec le scheik Daher^ de Saint-Jean-d'Acre, pour consolider mutuellement leur rébellion. Un de ses pages, le mamlouk Mohammed-Beg, le trahissait, comme il avait trahi Ibrahim, et le tuait d'un coup de sabre dans une mêlée au milieu du désert de Gaza. Plus habile que ses prédécesseurs, l'esclave perûde d'Ali-Beg simulait la déférence pour les Turcs et rappelait le pacha au Caire pour y légitimer sa domination.

Abdul-Hamid oublia bientôt la honte du traité de Kaïnardji dans les spectacles et dans les voluptés du sérail. Énervé par la captivité et par les vices que son oisiveté sédentaire inspire, ses cinq cents femmes ne lui avaient pas donné un enfani. Son favori et son beau-frère, le caïmakam Malek-Pacha, le gouvernait par les grâces de sa figure et par la douceur de son caractère.

Un seul homme, le capilan-pacha Hassan, soutenait l'empire croulant par la main d'un aventurier (lu désert. Il osa descendre de sa flotte sous le canon de Saint-Jean-d'Acre. Il emporta la place d'assaut; il tua de sa main, d'un coup de pistolet, le vieux Daher , qui s'enfuyait, à cheval, de ses jardins pour regagner Safad, lui trancha la tête et Tenvova au sultan.

Mais l'indépendance reconnue par le traité de Kaïnardji aux Tartares de Crimée n'était pour les Russes qu'un piège où devait succomber bientôt l'ctte indépendance. C'était le droit de se vendre à l'or ou de se soumettre aux armes de la Russie.

Les émissaires de Catherine II, en Crimée, souhîvcrent le khan Saïm-Ghérai, leur partisan, contre le khan légitime Dewlet-Ghérai, fidèle de cœur à sa race et aux Ottomans. Le sultan accueillit Dev^let- (^ihérai et promit de le venger. Catherine ordonna au maréchal Romanzoff de rassembler une armée sur le Dniester, pour intimider les Tartares amis d(^s Turcs. Les Tartares , indignés de la présence des soldats russes dans la garde de Saïm-Ghérai, les massacrèrent. Les Russes entrèrent dans la

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