LIVRE TRENTE-HUITIËME
|t(e OU le ^ rengagement. L'amiral
is commande par dro de l'âge ; sûr du con-
de ses deux collègue il foudroie le premier te ottomane; l'amiral de Rigny et l'amiral Hey« livrent leur feu sur les vaisseaux encore muets mt devant eux. Une explosion continue écrase dolit un à un les bâtiments turcs sous les bor^ les trois escadres. Immobiles à l'ancre, pressés is sur les autres, se communiquant bord à ['incendie dont ils sont dévorés, les Égyptiens
Turcs répondent avec l'intrépidité du fataau'feu des chrétiens. Leurs batteries éteintes s vagues où ils sombrent, tirent jusqu'au deranon qui surnage dans leurs sabords ; leurs aux, en éclatant sous l'explosion des soutes, înt le ciel de leur fumée, la rade de leurs 1 ; les cordages coupés par les boulets ou brûrles flammes laissent dériver sur les récifs les s fumantes de leurs navires. En deux heures, lille de leurs marins ont jonché les ponts ou ts de leurs cadavres ; à peine quelques cen-
d'hommes blessés^ par les batteries des forts int sur les escadres européennes les convulde l'agonie de la flotte ottomane. La fumée dissipant ne découvre que les restes embrasés atre-vingt-dix bâtiments de guerre, dont jas
flots jettent les débris, comme une expiation, au pied des falaises de la nouvelle Grèce.
Telle fut, non la victoire, mais Texécution de Navarin. Un cri d'horreur l'apprit à l'Asie, un cri de délivrance la salua en Grèce, un cri d'enthousiasme l'applaudit en Europe. Quand le sang-froid fut revenu, l'Europe hésita sur le nom à donner à cette conflagration des deux flottes ; héroïque pour les uns, elle restait incendiaire pour les autres. On Onit par réteindre dans le silence, de peur d'en scruter trop avant les mystères et d'y rencontrer quelque iniquité.
On assure que l'amiral de Rigny, enivré d'abord de la popularité que la cause grecque jeta sur sa participation à cet incendie naval de Navarin, finit par se reprocher à lui-même une gloire qui n'était pas complètement justilîée par sa conscience, et que les scrupules de Navarin troublèrent sa vie et hâtèrent sa mort prématurée.
Mais la France, au moment où elle apprit cet événement, n'y vit qu'un triomphe pour la religion, pour la liberté et pour elle, et si quelque chose avait pu rendre au roi de France et à M. de Villèle une popularité pcrduiî, ils l'auraient retrouvée à Navarin, comme ils pensaient déjà à la reconquérir à Alger ; mais les popularités sont fugitives et les