‹ Histoire de la TurquieChapitre 339 sur 360 · LIVRE TRENTE-HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-HUITIÈME

On a vu que la lâcheté, l'insolence et l'indiscipline des janissaires avaient été depuis trois règnes la honte et la faiblesse des armées ottomanes. C'est l'institution des janissaires qui avait livré la Crimée, la Bessarabie, la MolJavin, la Valaohie aux Russes, et qui livrait en ce moment môme le Péloponcse et ; les îles auxGrecs révoltés. L'opinion publique, soulevée contre une milice qui ne savait que troubler l'empire et non le défendre, secondait le ressentiment de Mahmoud, et lui donnait enfin l'occasion épiée en vain par ses prédécesseurs et par lui-môme. 11 conspira à son tour contre ces éternels conspirateurs. Le massacre des Strélitz n'avait été pour Pierre le Grand qu'une explosion de colère, l'extinctiortdes janissaires fut pour Mahmoud un plan concerté.

Sûr du grand vizir dont l'autorité absolue avait décliné sous son rc^çne et dont il supprima bientôt le titre, appuyé sur Hussein , pacha de Widdin, créateur des troupes disciplinées et prêt à frapper comme à organiser pour 1»^ salut de sou maître, autorisé par le niuphli, oracle véntTé ih la loi, ouvertement encouragé par les oulémas, organes de

l'opinion religieuse, Mahmoud^ avant de frapper, voulut provoquer un flagrant délit de révolte et de crime dans la milice proscrite. Il rassembla en conseil de réforme le mupliti, les oulémas, le grand vizir, les vizirs de la Coupole, Hussein-Pacha, Islet- Paclia, Kosrov-Pacha, et après avoir sondé devant eux le mal, il proposa le remède. C'était un lirman de réformalion en quarante-six articles, qui organisait et disciplinait le corps des janissaires, sur le modèle des nizams-djerids, troupes régulières tant de fois tentées, tant de fois vaincues par Tobslination des janissaires.

La promulgation de cette reforme par le grand vizir souleva, comme le sultan s'y attendait, la résistance de la milice réformée. Une conjuration d'abord sourde, bientôt tumultueuse, s'organisa dans la nuit du 15 juin 1826.

Cette irrésolution se prolongeait depuis près d'un mois quand tout à coup la sédition éclata. La nuit du 15 juin 1820, les conjurés se rendirent isolément ou deux à deux sur la place de l'Eimeidan, qu'ils choisirent pour le centre de leurs opérations. Ils adressèrent à tous les officiers et soldats, evci'pté à quelques capitaines et ortas sur lescjuels ils ne conq)laient pas, Tiiivilalion de venir se joindre à eux. Bientôt la place se remplit de rebelles. Leschels

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