LIVRE TRENTE-HUITIÈME
en envoyèrent un détachement attaquer l'aga dans son hôtel, et expédièrent successivement plusieurs messagers à l'intendant général Hassan-Aga, pour lâcher de l'attirer vers eux. Hassan-Aga dit à ces émissaires : « Je ne puis aller seul au rendez-vous; <c j'ai fait prévenir tous les commandants des com- <c pagnies ; quand ils seront venus, nous irons tous « ensemble. » Il se débarrassa d'eux avec cette réponse et échappa au piège qu'on lui tendait. Tl demeura chez lui en attendant la venue des capitaines, en proie aux plus vives angoisses, le dos appuyé contre le mur de la stupéfaction,
La troupe qui s'était dirigée vers l'hôtel de l'aga y arriva au moment où. Djelal-Eddin, revenant de faire une ronde dans le quartier du château des 5ept-Tours, se disposait à se mettre au lit. Il était dans un lieu secret lorsqu'on entra, et il dut son 5ulut à cette circonstance. Les soldats ne le trouvant pas sur-le-champ , supposèrent qu'il n'était pas chez lui, et pressés d'aller se livrer au pillage, but principal de l'insurrection, ils retournèrent précipitamment à rEtmeidan ; mais avant de partir ils >c dédommagèrent d'avoir manqué leur entreprise, 3n brisant les portes et les fenêtres de l'hôtel, et en mettant le feu en diflerents endroits. Heureusement ce feu s'éteignit de lui-môme.
Des que l'aurore parut, les conjurés firent sortir les marmites des casernes, et les apporteront à TElmeidan; ils coururent à la caserne des djebedjis (armuriers) et des serradjis (selliers), pour s'emparer aussi des marmites de ces corps. La compajrnie du djebedji-lmsclii (5"orta} leur livra les marmites, et par là le brave corps des armuriers se trou^Ti eniraînc dans le parti de Tinsurrcction.
En môme temps les cbcfs envoyaient des sousofficiers dans les quartiers du château des Sept- Tours^ d'Asma-Alti, de Cabbani-Dakik, réceptacU de tous les mauvais sujets de la capitale, pour le? engager à se joindre à eux. Ils répandirent le brui que le grand vizir Hussein-Pacha, Taga et tous le* grands fonctionnaires, étaient pris ou tués. Ils cherchaient par ces fausses nouvelles h soulever la populace et à l'exciter au pillage. Bientôt on vi accourir les portefaix, les mercenaires et les geni sans aveu , qui remplissent les rues de Constantinople. Les rebelles formaient alora une niassi impcusante. Une troupe de furieux marche sur l'hô tel du grand vizii', conduite par Moustafa le frui tier. Vue autre troupe, ayant à sa tôte Moustafi l'ivrogne, va saisir Tinslructeur Daoud-Aga, e saccage la maison de l'agent du vice-roi d'Egypte Nedjib-Eflendi, contre lequel les janissaires noup