‹ Histoire de la TurquieChapitre 66 sur 360 · LIVRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME

séparément chacun d'eux sur ce qu'il y avait à faire. Il commença ses instructions aux princes Dolgorouki père et fils en leur faisant entrevoir que, si l'on pouvait empêcher le mariage prochain du jeune czar avec la fiUe de Mcntschikoff, la nation serait charmée de lui voir épouser une princesse Dolgorouki.

« Il ne s'agit, » dit-il, « que d'engager le jeune « czar à s'éloigner secrètement de Péterhoif àl'insu « de notre ennemi ; le sénat, convoqué, à cet effet, a dans une maison de campagne du grand chance- « lier GoloMrine, à deux lieues de Péterhoff, atten- « dra le prince , que nous ramènerons à Saintr- « Pétersbourg. »

« Le jeune Dolgorouki, encouragé par son père, se chargea de la commission de leur amener le czar. Le succès lui était d'autant plus facile qu'il couchait toutes les nuits dans la chambre de Sa Majesté.

« Aussitôt qu'il supposa tout le monde endormi, il lui fit la proposition de se rhabiller et de sauter par une fenêtre de son appartement, qui était un rez-de-chaussée peu exhaussé. Le czar, sans balancer, adopta ce projet, et s'évada sans que les gardes en faction à la porte de sa chambre s'en aperçussent. Use sauva par les jardins, et gagna le chemin,

m histoibë; ï>£ la Turquie,

où il i^tait attendu par tous les seigneurs et ofïjtiers, «|ui le coiidiiisirenl comme on triomphe à PeLersbourg. Mtntschikoff, avorli trop lard de révision de son pupille, se hâta de le suivre ; mais, ayant trouvé en arrivant toutes les gardes eliangées pt la garnison sous les armes sans qu^il IVùt mdonnc, il courut à son palais poury préi^r^ çpQseil de lui-même sur le parti qu'il devait adopter.

a En entrant, il fut arrêté par m détachisnaant de grenadiers qui environnaient sa maison, Il demanda la permission d'aller parler au q^ar ; mais on lui signiUa un ordre de partir dès le leadeiii^ip pour sa terre de Hennebourg, avec toute sa famille. Les officiers sous la garde de qui il était le traitèrent ce jour^à avec beaucoup de raénagemepts; ils lui dirent qu'il pouvait emporter ses effpl^ les plus précieux et emmener avec lui telle quantité de domestiques qu'il lui plairait. Quoiqu'il s^ doutât bien que c'était un piège qu'on lui te^dût» îl sortit eu plein jour dP Pétersbourg, dans §9s parrosses les plus magnifiques et avep un bagage ^t une suite si considérables, que sa sortie r^^^lPblait plutôt à un cortège d'ambassadeur qu^à C(4ui d'^un prisonnier qu'on conduisait en exil,

g Lorsqu'il fut arrêté de la part du czari U dit h l'ofûcier cbargé de cette commission :

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^ Je suis bien criminel, je J'avoue, et ce traitu- « ment m'est bien dû, mais il ne me vient pas A^ a czar. »

a En traversant les rues de Pétersbourg, il sa-p luait tout le monde à droite et à gauche, et il apor strophait, au milieu de la foule du peuple, qui était accourue de tonties parts, ceux qu'il connaissait particulièriewent , leur disant adieu de manière g faire connaître qu'il n'avait point l'esprit troublé,

a A peine fut-il à deui^ lieues de Pétersbourg, qu'il trouva un autre détachement de soldats. L'of» ficier qui le commandait lui demanda, de la part du czar, les cordons des ordres de Saint-André, à& Saint-Alexandre-Newsky, de l'Éléphant, de l' Aigle- Blanc et de l'Aigle-Noir.

a Je m'attendais, » répondit-il d'un grand sangfroid à cet officier, a qu'on me les redemanderait, « je les ai placés à cet effet dans un petit coffre que a voilà ; vous y trouverez ces marques extérieure» a de la vanité. Si vous, qui êtes chargé de la mis^ a sion de m'en dépouiller, venez jamais à en être a revêtu, apprenez par mon exemple le peu de ca^ a qu'on en doit faire. »

a L'officier, après s'être emparé du petit coffre, lui dit que sa commission ne se bornait pas simple?ment à lui redemander ses ordres, mais aussi à

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