LIVRE TRENTE ET UNIÈME
tare de la déclaration de guerre et du fetwa qui la légitimait, le grand vizir prit la parole: « Nous ne « sommes pas ici , » dit-il , « pour perdre notre « temps à nous consulter sur la nécessité d'une « guerre que nous avons déjà résolu d'entreprendre, t mais bien pour nous exciter à la conduire d'une « manière convenable, eonfonnémentà la sentence: < Combatâ les infidèles et sois sans pitié pour eux; «etVoiD», hommes de loi, qu'en pensez-vouâ? » Les uns lai f^pOttâirent : <x Que Dieu vous guide « et Votts soit favorable ; » les autres laissèrent atix généraux le soin de répondre à leur place.
«Le graûd vizir ayant jeté un regard sur ces derniers pouf Comiaître leur avis, ils s'écrièrent tous qu'ils étaient les esclaves du padischah , et qu'ils étaient prêts à faire le sacrifice de leurs corps et de leurs âmes pour le service de la religion et de l'empire.
c< Le grand vizir conclut en ces termes : « Il est ft hors de doute que Dieu nous accordera la vica toire si nous suivons cette maxime : Ne soyez ni a joyeux ni tristes ^ et vous serez supérieurs [par a régalilé d'âme). »
Le scheïk du camp impérial mit fin à ce troisième conseil de guerre en récitant les autres paroles de ce verset du Coran : « Dieu créa certaine TH. la
i78 HISTOIRE DE LA TURQUIE.
« liommespour le combat et d'autres pour soiqi
« Houpe. »
Un nouveau nianifesle, dans lequel le granc déclarait la guerre , faisait retomber la res[ bililc du sang versé sur le prince Eugène. L^ marcha avec le vizir et le sultan à Philippopoli intermédiaire entre Belgrade et Ândrinople ; i divisa en deux années^ Tune continuant sa vers le Danube, Tautre se dirigeant à gauche Macédoine et la Dalmatie, pour faire face aux tiens. Un ambassadeur polonais rejoignit le vizir à Nissa, pour implorer, selon Tusage d< tions sarmatcs, le secours des nations voisines* le roi Auguste. On croit, sans pouvoir aflirmc certitude la date, que Tordre de déposer H dar, ou prince de Valachic, Brancovan, sus la Porte, fut promulgué pendant cette halte à Mais, si la date est douteuse, la déposition supplice honteux de ce prince par Achniet I nissent à jamais la mémoire de ce règne, dicieux historien Salabcrry, d'après les sourc ques, retrace ainsi cette exécution, qui rappi atrocités commises, à la lin de l'empire by: sur la famille rovale de Trébizondo.