Histoire de la typographie
Bientôt, selon l'usage d^alors, on ajouta à ces images des textes explicatifs, tantôt au bas des pages , tantôt à côté ou au miKen même des sujets, dans des petits carrés; quelquefois ces textes sortaient de la bouche des figures pour les expliquer. Comme les planches gravées n'étaient imprimées que d'un côté, on collait le recto d'une feuille sur le verso de l'autre lorsqu'un sujet traité avait une suite ou plusieurs feuilles. Ces livres d'images, devenus très-rares, sont an nombre de neuf on dix prindpaux, et paraissent avoir été imprimés plusieurs fois dans la première moitié dn quinzième siècle.
Les plus importants sont :
Bible des Pauvres ^ ainsi nommée parce que la j^npart des prédicateurs, trop pauvres pour acquérir la Bible entière, ouvrage volu- DQineux et alors très^cher, se bornaient à l'achat de ces Bibles abrégées, ordinairement ornées de gravures en bois représentant et expliquant les principaux foits de l'Ancien et Nouveau Testament, On en connaît plusieurs éditions xylographiques en latin et en allemand ; elles ont de quarante à cinquante feuillets; il y en a qui sont datées de 1470, de 1472 et une de 1475. Le papier n'étant imprimé que d'un seul côté, on donne à ces impressions le nom d'anopisthographes ; c'est sans doute une de ces Bibles que vit exécuter à Bambei^ Paul de Prague. M. Ottley , qui s'est livré à un long examen de cet ouvrage, pepse qu'on peut fixer h 1420 sa date approximative (2).
L* Apocalypse ou Histoire de saint Jean VÉvangéliste. Il contient quarante-huit gravures, Heineeken en décrit six éditions.
Histoire de la vierge Marie , extraite du Cantique des Cantiques, contient seize gravures; on en connaît deux éditions.
VAri demourir,sive de tentationibus morientium, vingt-quatre feuillets petit in-folio. Ce livre est d'une extrême rareté ; Heineeken en décrit sept éditions. Une traduction allemande xylographique et anopistographique porte cette indication à la fin : « Jean Sporer, peintre de cartes, a exécuté ce livre. » — L'exemplaire
(i) Cette date ifis proave que l'impression en re- Bef a précédé la* découverte de l'Impression en taille douce, puisque la date la pins ancienne que l'on attribue aux JVi0l7e« de Maso Flnignerra, orfèvre de Florence, qui par hasard découvrit ce nouvel art en tirant sur du papier remprelnte d'une plaque gravée en creux, ne saurait remonter plus haut que f44tt.
(ft) An inquinf into tàe origin and eerty Mstory of engrmfng, upon copper and in wood : with an accùunt of «ngraven and their worki, front the invenUon of chaleography by Maso Finiguerra ta the Urne of Marc Antonio Raimondi. Londres, f aie, ft vol. gr. in-40. Livre très-remarquable, accompagné de gravures fort exactes.
que j'ai examiné à la Bibliothèque Nationale est évidemment xylographique.
Spéculum humanx Salvationis^ ou Spectdum' nostrœ salutis, petit in-folio. Dans les deux exemplaires en latin que possède la Bibliothèque Nationale 20 pages sont xylographiques , et 43 pages sont en caractères mobiles. Cette singularité se reproduit page pour page à l'un et à l'autre exemplaire.
Dans les pages en caractères mobiles les capitales sont toujours identiques, ce qui prouve qu'elles ont été fondues ou moulées dans des matrices. Quant au bas de casse, on remarque des différences dans plusieurs lettres, et leur exécution est tellement grossière qu'on pourrait croire qu'elles ont été obtenues dans des moules en terre cuite; l'égalité de l'écart entre les lettres' et leur similitude , comme on en peut juger par le mot baptesimo, répété trois fois au-dessus l'un de l'autre, page 28, et par le mot enUtte, répété de même quatre fois à la page 58 , offrent des preuves suffisantes de leur exécution typographique.
Les fissures qu'on remarque à plusieurs pages, surtout aux pages 13 et 14, constatent même à des yeux moins exercés que ceux d'un graveur en lettres qu'elles sont xylographiques. Quant aux images gravées sur bois, elles sont identiquement les mêmes dans chaque édition.
Foumier jeune, qui s'est livré à un examen attentif de quatre exemplaires du Spéculum humanx Salvationis, qui se trouvaient alors à Paris, signale dans une discussion de vingt pages les différences qui lui font croire à trois éditions différentes. D'après les renseignements qu'il a obtenus par correspondance, il croit pouvoir assurer qu'il existe tiois autres éditions en hollandais et en flamand, dont les images sont pareilles à celles des éditions la* tines. Il paraîtrait même qu'un exemplahre à Harlem aurait huit planches de plus que les autres (1).
L'opinion de Foumier est que ces images sur bois ont dû être exécutées à Harlem, et qu'il serait possible que Gutemberg, ayant eu l'idée de se procurer un certain nombre d'exemplaires de ces planches pour y joindre un texte, soit xylographique soit mobile , ce que d'autres faisaient aussi, comme on le voit par le grand nombre d'éditions auxquelles ces mêmes planches ont servi , aura ainsi donné quelque fondement aux bruits calomnieux qui l'accusent de s'être emparé d'un bien appartenant à Coster. Car, ajoute avec raison Fournier, les bruits publics ne sont guère sans quelque
(I) Foy. l'ouvrage d'Ottley, on il compare deux éditions latines et deux éditions hollandaises dont il donne des fac-similés. Mais quelque bien exécutés qu'ils soient, rien ne saurait remplacer l'examen comparatif des originaux mêmes. Ottley fait remonter la plus ancienne de ces éditions à 1410 et la dernière à fl47a.
fondement; ils ne pèchent pour Tordinaire que par les circonstances.
II paraît même certain qu'on imprima jusqu'à la fin du quinzième siècle xylographiquement des Donat, ou grammaires élémentaires, et des Confessionales (1). Un livre de seize feuillets, intitulé Defensorium Beatm Marke VirginiSy imprimé sur planches de bois par Eysenhust, porte la date de 1471.
L'utilité d'appliquer aux livres d'étude destinés aux coll4;es ces procédés imparfaitSi mais moins lents et moins coûteux que l'écriture , fit graver en relief sur des planches en bois des alphabets et une grammaire alors en usage dans les écoles, et connue sous le nom de Donat (2). II parait que ces premiers essais de l'imprimerie tabellaire eurent lieu presque simultanément en Hollande, en Allemagne et en Belgique : du moins chacun de ces pays fait valoir ses titres; mais comme en général ces impressions xylographiques ne portent ni date ni nom de lieu, la question reste insoluble.
C'est à ces informes essais des cartes à jouer, puis des images avec légendes , puis des Donats , imprimés d'abord sur tables de bois, puis en lettres de bois mobiles, puis en caractères de métal, soit sculptés sur pièce, soit retouchés au burin après avoir été coulés, que l'imprimerie rattache son origine (3).
Urgence de la découverte de l'imprimerie.
Une faible lueur prête à s'éteindre rayonnait encore autour de la chaire de saint Pierre.
L'empire d'Orient Succombait sous Mahomet, et l'empire d'Occident, que les invasions suc-
(I) M. delà Borde a donné les fac-similés de ces deux ouvrages. Dlbdin les déclare imprimés en caractères mobiles, Rtmini*cence$ of a lUerary Mfe; London, lase, pages 96a-9S4,ee «fui prouve combien peut errer dans ses jugements celui qui ne connaît pas la typograplde, et par typographie J'entends la gravure , la fonte des caractères et les divers procédés de l'imprimerie.
(a) Ainsi nommée, parce qu'on la croyait un abrégé d'un traité d'^llns Oonatus, grammairien latin en réputaUon an quatrième siècle.
(ft) La BibUothèque Nationale de France possède deux planches en bols faisaiit partie de deux différentes éditions d'un Donat. Les lettres sont sculptées en relief et à rebours : c'est l'art prtmlUf de riroprimerie tel qu'il se praUque en Chine. Ces deux planches furent achetées en Allemagne par Foucauld, conseiller d'État sous Louis XIV. De la bibliothèque de la Vallière elles passèrent à la Bibliothèque Nationale de Paris. D'autres éditions de Donat ont été exécutées en caractères mobiles de bois< Speckle (*) et Paulus Pater (**) ont vu, disent-ils, quelques-uns de CCS anciens types, l'un au seizième siècle, l'autre au dixseptième. Ce dernier s'exprime ainsi t « Je me rappelle avoir vu parfois à Mayence de semblables types en bois de buis de l'imprimerie de Faust qui étaient perforés au milieu de leur tige en buis, afin de pouvoir être Ués par une ficelle et appliqués les uns contre les autres aisément. » C'est la seconde époque de la typographie. Les Chinois faisaient aussi usage de typés mobiles gravés sur bois.
(*) Dans M Chronique manuierUe citée par Schrafioi, etc.; Woir, UoHumenta Typogr,, t. H, p. 29, 264, 676, etc. r)ii«., p. 719.
cessives des peuples du Nord avaient dévasté, ne pouvait être sauvé de la barbarie que par le christianisme, dont la seule arme était l'autorité religieuse. Les bibliothèques avaient péri, même la magnifique bibliothèque où Malhias Corviu, roi de Hongrie, avait réuni à grands frais les manuscrits dispersés dans les diverses contrées de la Grèce, et qui avaient pu échap» per à l'invasion de Tisiamisme. « J'ai vu tous ces livres, dit Brassicanus (1) ; mais pourquoi dirais-je des livres , quand chaque livre était un trésor! O cruauté des Turcs! ô farouche' folie des barbares ! 6 extermination des belles lettres ! »
Le peu de livres échappés à la destructioik générale n'avaient trouvé de refuge que dans quelques couvents d'où la littérature profane n'était pas encore exilée (2).
Parnu les nombreux témoignages de l'époque contemporaine qui attestent l'urgence de la découverte de l'imprimerie, je me bornerai à traduire cet extrait de Sébastien Munster, dans sa Cosmographie universelle (3).
« C'est presque de notre temps que fut in- « venté cet art d'imprimer les livres au moyen « de types en étain, inTention toute divine, «événement mémorable» qui, déjà si digne « d'admiration , le serait encore plus s'il n'y « avait pas - d'inconvénient à la divulguer.
(I) Préface aux oeuvres de Salvlen.
(a) «Void, dit Benvenuto da Immola, le curieux récit que Je tiens de Boccace, mon illustre maître. Dans son voyage en Apulie . la célébrité du noble couvent du mont Cassin l'engagea à s'y rendre, surtout pour y voir la bibliothèque qu'on lui avait vantée. Il s'adressa donc humblement à un des moines qui lui parut le plus abordable, le priant de vouloir bien lui faire la grâce de lui ouvrir la bibliothèque. Mats celui-ci lui répondit d'un ton brusque en lui montrant une très-haute échelle. « Montez , elle est ouverte. M Boccace y grimpe plein de Joie ; mais parvenu à une salle qui n'avait ni porte ni clef pour en préserver les trésors littéraires, quel fut son étonnement de voir les fenêtres obstruées par les herbes que le temps y avait fait germer et tous les livres et les bancs recouverts d'épaisses couches dépoussière. Frappé de surprise, il prend un livre, puis un autre, et voit qu'à un grand nombre d'antiques manuscrits, aux uns des cahiers avalent élé arrachés, aux autres les marges blanches avaient été coupées, enfin une mutilation complète. Déplorant de voir les œcivrcs et le savoir de tant d'hommes illustres tombées en des mains si Indignes, 11 redescendit les yeux mouillés de larmes. Il rencontra au cloître un moine, auquel il demanda pourquoi des livres si prëdeux étaient ainsi mutilés. « Cest que des moines, lui dit-il, afin do gagner quelques sous, arrachent des cahiers, qu'ib raclent pour en faire de petits psautiers et les vendre aux enfants, et qu'avec les marges blanches Ils font des livres de messe qu'ils vendent aux femmes. » — Et maintenant qu'on aille dame se rompre la tète pour créer des chefs-d'œuvre littéraires ! «
Commentario da Benvenuto da Immola t Para" dUo di Dante, eanto Xll, p. 14.
Loin de ressembler & leura prédécesseurs, les respectables religieux du mont Cassin montrèrent l'an • née dernière à mon gendre, M. Moél des Vergers, ce passage du commentateur du Dante, en regrettant fort l'incurie d'un siècle d'ignorance qui les avait privés de tant de chefs^l'œuvre.
«ns, Basic, natA.
se»
«C'est une merreilie pisesque iDcroyable, « quoique yraie,qne dans un seul jour uu seul «c ouvrier produise autant que pourrait faire à « peine en deux ans le scribe le plus expéditif. «i Cette invenUon allenaànde produisit d'abord i> beaucoup d*étonnement et de grands béné- <c tices (1). L'auteur de cette belle découverte « fut Gutenberg, noble de naissance, qui fit les «i premiers essais à Mayence seize ans environ « avant qu'elle ne parvint en Italie. Sa persé- « vérance surpassa la foi qu^il eut en sa décou- «verte. Faible dans ses débuts, bientôt cette R ingénieuse invention de l'esprit humain at- « tdgnit la perfection qu'elle a maintenant.
« Sans elle c'en était fait de toutes les bonnes K études dans ces derniers temps, où tous n'ont <t soin que de leur ventre, el sont dominés <c par l'insatiable soif du gain à tel point qu'à <c peine daigne-t-on recueillir dans les rues ces (c livres excellents qu'on ne pouvait acquérir n autrefois qu'à grands frais. Certes , avant « l'invention de l'imprimerie, quand déjà les « bons auteurs commençaient à être délaissés «'et méprisés, toutes les doctrines auraient « disparu avec eux, si cet art ne leur fût venu « en aide. C'est donc Dieu , l'ordonnateur de « toutes choses, qui n'abandonne jamais celles « de ce monde , et avise libéralement au blen- « être général, qui fit don aux mortels de cette « indispensable invention au moment où péris- « saient les lettres et l'histoire (2). Mais par
(fl) Manster fait probablement aHaflon à ce que noos apprend Gaspard Hedlon dana aea ParaUpmnénei à la Chronique de Conrad de lAehtmaWt qui dit en deax endroits qoe Jean Mentello en imprimant i Strasbourg iin très-grand nombre d'ouyrages avec soin et correctement s'enrlcbit rapidement : factut tt Inrevi opulenUstimus. Voy. Meerman, p. laa, I70.
(a) Sébastien Franc de Word s'explique ainsi dans sa Ckroniqa» du Mondé ; Berne , inn.
Si Dens Tolàisset at baec ars ipslns largitione matarfns reperta fuisset, tune procal dublo tam multa opérât prcserUm Piinti, Tltl-Ltyil, etc., haad adeo oppresaa fuissent atque Interilssent. Hujns Impressori8B arda beneflcio absconditus dudum fons divin» atque IncrediblUs saplenti» ae scient!» cum publiée commanicatur. Qua de causa Germani, cumprimls in- Teutorhnjns artls, omnl praeconlo dlgnus est.imo Deoa In Ipso, quonlam per eum Deas banc artem noblaimpertivit. etc.
Parmi de semblables vœux, souvent répétés, un ancien cbronlqueur (Nuremberg, Koburger, I488) regrette particulièrement la perte de la République de Cicéron, si heureusement retrouvée de nos Jours dans nn palimpseste par le docte cardinal Angelo Mal.
Le seul manuscrit de Tacite qui existe a été re • trouvé dans un couvent de Westpbaile, et ce manuscrit nous a conservé à peine la molUè des écrita de ce grand hlsiorien, dont l'empereur romain son parent avait cependant fait placer un exemplaire dans toutes les bibliothèques publiques de l'empire, et dont il avait ordonné de faire écrire chaque année dix copies.
Malgré tant de pertes, & Jamais regrettables, Je suis surpris qne l'Imprimerie ait pu nous sauver encore tant de textes des principaux auteurs, lorsqu'on voit l'abbé de Ferrlères-Saint-Loup , né en ao», écrire au pape en le priant instamment de lui procurer une copie de V Orateur de Cicéron, et des ïmtitution» de QuiHf UlUni car , dit-il, quoique noua en ayons quelques llragmenia, U serait Impossible d'en trouver un exem-
« elle aussildt on les vit revivre et se répandre « en tous pays , ainsi que la mémoire des an- « ciens temps et la divine sagesse des philo- « sophes , etc. »
La dédicace suivante, adressée au souverain pontife Paul II , par l'évéque d'Aleria , Jean André, atteste l'intérêt que rË^li8e,non moins que les rois, la Sorbonne et l'Université, témoignèrent dès l'origine à l'imprimerie, dont ils se sont efforcés de propager le bienfait (1).
R Au nombre des bienfaits dont il convient <t sous votre règne de louer Dieu est celui qui « permet aux plus pauvres de pouvoir ache- « ter des bibliothèques à bas prix. N'est-il pas « infiniment glorieux pour votre sainteté que les « volumes qui autrefois coûtaient au moins cent « écus d'or peuvent être acquis aujourd'hui, « bien imprimés et très-corrects , pour vingt K écus, et que ceux qui en auraient coûté vingt « n'en valent plus que quatre et même moins.
R Ajoutez que les fruits du génie, jadis la proie « des vers et ensevelis sous la poussière, vu le « pénible labeur et les frais immenses de leur R transcription , ont commencé sous votre « règne à surgir et se répandre à grands flots « sur toute la terre. Tel est l'art ingénieux « de nos- imprimeurs et de nos fondeurs en « caractères, que nulle invention ancienne ou « moderne ne saurait régaler. Aussi l'AUe- « magne, mère des plus utiles inventions, « mérite*t-elle lés respects et la reconnais- « sance de tous les siècles. C'est cet art di" « vin (2) que Nicolas Cusa , cardinal de Saint- « Pierre-^-Liens, cette âme à jamais glorieuse « et digne dudel, aspirait à introduire à Rome. «C'est par cet art que votre pontificat, R d'ailleurs si glorieux , ne périra jamais dans R la mémoire des hommes tant que vivra l'a- R mour des lettres. C'est encore un des évé- R nements mémorables de votre pontificat que R de même qu'on vit sous le règne de plusieurs R princes , dont ce fut la gloire, les saps et les R tonneaux ue pas valoir plus que le blé ou le R vin qu'ils contenaient, de même aujourd'hui R les livres les plus précieux et les plus recher-
plalre complet en France. Et il suppliait nn ami de tAcher de lui obtenir une copie d'un exemplaire de Suétone qui existait dans un couvent qu'il lui désigne. « On n'en saurait trouver un seul exemplaire dans cette partie du monde , » lui dit-Il.
On doit probablement à Saint-Loup la conservaUon de plusieurs ouvrages de l'antiquité profane. Loin de la dédaigner, U entretenait A La GeUe Salnt-Josse sur-Mer des copistes pour transcrire ces livres qu'il faisait venir d'An^eterre, où Us étalent alors plus nombreux qu'en France.
(I) En tète de l'édiUon prlnceps des Épltres de saint Jérôme, imprimée & Rome en i4«a par Conrad Swejnhcim et Arnold Pannartz ; s voL In-f».
(s) L'archevêque de Mayence, dans son mandement ponr défendre de traduire en langue vulgaire les textes grecs et latine sans l'approbation préalable d'un docteur, s'exprime ainsi , le « Janvier I48a, au sujet de l'Imprimerie : f erttm, ciimitilMtim At^fta artii in hue aurea-nostra Moguntina divinitut emenerit..», jusUssime ejut artis deeuê a 9uMi tfi/SnMoMdir.
« elles ne Goûtenf pas plus que le papier blanc « et vierge (!)• Et ici je proclamerai, à la gldre « des créateurs de ces beaux caractères, que « sous le pontificat de Paul II Tart qu'ils exer- « cent avec tant d'habileté, grâce au divin « pasteur qui nous le fit descendre du ciel, « permet d'acheter les livres à plus bas prix « que n'en coûtait jadis la reliure (2). »
S'il est si difficile pour un grand nombre de découvertes, surtout au moyen &ge, de connaître le nom des inventeurs et de fixer la date de l'invention, on conçoit combien la difficulté s'accroît lorsque les inventeurs ont voulu s'entourer d'un profond mystère (3), afin que les produits de leurs nouveaux procédés ne pussent être distingués de ceux que la main des scribes créait si péniblement et si lentement (4).
Ce qui augmente les difficultés et complique la question, c'est que presque dès son origine des intérêts nationaux et aussi des intérêts de famille ont voulu s'attribuer l'honneur de cette découverte et £ure pencher la balance en faveur, soit de Harlem, soit de Alayence, soit de Stra^urg, soit même de Bamberg, et je ne cite ici que les villes dont les prétentions sont appuyées de quelques titres (5). Ce qui est constant, c'est que Strasbourg et Mayence sont les seules dont les droits à la découverte de Fiaipression des livres en caractères mobiles au moyen de la presse soient incontestables , en laissant toutefois à Harlem le mérite de les avoir devancées pour l'impression tabellaire.
(1) Papyrus yaeaa et nuila.
(8) TrlUiëme dit aussi :
Niane parro doctas quilibet este potest.
AUleurs, il dit de rimprUnerie :
loYenU de novo, mirabili IndiutriA, maoerc tlivinitatis ;
Philippe de Bergame, en i483. a dit aussi
Qua certe nuUa in mundo dlgnior, oalla laudabilior, aut profecto ntlllor, sive divinior et sancUor esse unquam potuisset.
(S) «c D'abord cet art ftat caché, et communiqué seu- « lemeot à un peUt nombre d'adeptes, qui apportaieot « eux-mêmes les lettres dans des lacs ferm^ , et les « emportaient ensuite de l'atelier. » Henricus Pantaléon, Ub. de Firis Illtutribus GermanUB, pars. 11, p. s«7, éd. Basil. iMit.
(4) Imprimlt 111e die qiuntain tIz scribitar anno. Et l'on peut affirmer que par les procédés récents du stéréotypage, des presses mécaniques mues par la vapeur et par la di/fusion de l'imprimerie dans toutes les parties du monde, on imprime aujourd'hui en un seul Jour, peut-être même en une heure, autant qu'imprimait dans toute son année Uldericus Gallus, pour qui ce vers fut composé par Campanus. Use trouve à la fin de son éditton de TiU-Live, s vol. in-f»; Rome, i47o.
(tt) Plus de quinze villes ont revendique cet honneur, Augsbonrg, BAle , Anvers, Bologne, Dordrecbt , Feltri , Florence , Lubeek , Nuremberg. Rome,Riissembonrg, Scheiestadt, Venise, etc. En 1777 de nouvelles prétentions ont été élevées en faveur d'une ville obscure du lirabant. L'inveoteur aurait été un célèbre violon; mais, après plusieurs discussions, Ua été teconnn qu'au lieu d'Inventer la manière de frapper des types, Il i'agisstit senloment de haUre ta mesure.
Témoignage d'Ulric Zell.
Parmi les nombreux témoignages recueillis jusqu'à ce jour par Meerman, Wolf et autres, nous rapporterons seulement les plus importants. Le. lecteur appréciera la difficulté de les concilier.
Le premier que je citerai, par celamèmequ'il est d'un imprimeur contempoi;ain, est celui d'Ulric Zell, qui vint s'établir dès l'origine de la découverte de l'imprimerie dans une viUe qui n'a pas élevé de prétentions rivales* Il me semble* donc tout à fait désintéressé dans la question. Son récit me parait le plus conforme à la vérité. Quoique trop succinct, il contient cependant en substance tout ce que cet événement offre de plus important (1).
« Ce noble art, dit -il, fut Inventé pour « la première fois en Allemagne, à Mayence « sur le Rhin, et fit grand honneur à la naît tion allemande. Cela arriva vers l'année « 1440; et à dater de là jusqu'à l'année 1450 « cet art et tout ce qui s'y rattache fut per- « fectionné. On commença à imprimer l'an « 14â0, qui était Tannée du jubilé, et le pre- « mier livre mis sous preste fut la Bible (2) kia tine, en grands caractères, tels que ceux avec « lesquels on imprime maintenant les Missels. « Quoique cet art ait été inventé à Mayence, « ainsi que nous l'avons dit et comme on le « croit généralement aujourd'hui (3) , <%•»
« pendant sa première forme (4) existait en Hol- « lande dans les Donat qu'on y imprimait anci térieurement à celte époque : c'est d'eux et « diaprés eux que cet art prit son origine; mais (c l'invention nouvelle fut bien plus importante « et plus ingénieuse que la première (ô). Le « premier inventeur de la typographie fut un « citoyen de Mayence, né à Strasbourg, nommé Cl Jean Gudenburch ; il était noble. Ledit art
(0 Ce récit nous a été conservé par l'auteur de la Chronique de Cologne, écrite en allemand et Imprimée à Cologne par Jean Kœlboff en 1499.
(9) Ind in den iairen uns beren do men Scbreyfrifooci. do was ejn gulden lair, do began men tzo drucken ind was dtU eynte Boich dat men dmokte die Bibel zo latin hid wart gedruckt mit eynre grover Schrifft.
J'ai reproduit le texte origioal allemand parce que Meerman en traduisant ainsi ce passage : « Primusque liber qui excnderetur Biblia fuere latina impressaque easuntscriptura grandiori,»ti induit en erreur la plupart de ceux qui ont écrit sur l'origlqe de l'imprimerie, et qui d'après cette traduction ont compris qui! s'agissait de Bible» latines, et se sont livrés à des dissertations ft ce sujet ; saDS faire altenUon que Biblia latina ne signifie rien autre que l'Ancien et le Nouveau Testament, que nous traduisons par la BUfle et non les Bibles. La phrase latine de Meerman est la traduction exacte et correcte de la phrase allemande, qui ne parle que d'une Bible. Ulrich Zell n'a donc voulu parler que d'une Bible, et non de deux Bibles.
(8) Als dan nu gemeynllch gebruicbt vrird.
(4) So is doch die eyrste vurbyldnng vonden in Hollant oyss den Donaten.
(5) Ind is vlll meysterllcher ind subtilicher vonden dan dieselve manier was, nnd ye longer ye kunstlicher wurden.
« fat transporté de Mayence à Cologne, ensuite « à Strasbourg, puis à Venise. C'est de l'hono- « rable maître Ulrich Zell de Hanau, imprimeur « actuellement à Cologne en raul499 (1), que « je tiens le récit de l'invention et des progrès a de cet art, dont rétablissement à Cologne « lui est dû. 11 est des insensés qui prélen- « dent que l'impression des livres date d'une « époque plus reculée; mais cela est contraire « à la Térilé ; en aucun pays du monde on ne K connaissait de livres imprimés alors. »
La date de 1440, fixée par Zell pour les premiers essais de Timprimerie en caractères mobiles me parait devoir être admise sans contestation. Elle s'accorde avec le récit de Mathias Palmeriu8,dePise, autre contemporain, qui dans sa continuation de la Chronique d'Eusèbe fixe à la même année l'invention de Pitnprimerie , « due au génie industrieux de Jean Gutenberg Zum Zungen, noble de naissance, et né à Mayence». Palmer dit qu'en l'année 1457 l'imprimerie se répandit en divers pays (2). La date de 1440, qu'il assigne ainsi que Zell à sa découverte, n'est point trop éloignée, puisque le premier procès de Gutenberg avec ses associés remonte à 1439 (3). Il
(f) 11 quitta Mayeoce en i468, époque de la grande émigration des ouvriers de cette ville, quand Adolphe, comte de Nassau, soutenu par le pape Pie II, ayant sorpris Mayence, la priva de ses libertés et de ses privilèges. Tous ceux qui s'occupaient d'Imprimerie s'enfuirent, et portèrent leurs iodnslries en dlfCérents pays. Ulrich Zell parait avoir fait son apprentissage dans l'atelier rival de celui de Schoeffer. Il est présumable qall commença son établissement d'imprimerie à Cologne dèarépoque où il vint s'y réfugier. C'est en 14M que le chroniqueur, qui tenait ces détails sur llnvention de rimprimerie d'Ulrich Zell lui-même, les consigna dans l'ouvrage imprimé chez Kœlhoff en 1499.
(a) Meerman . t. II, p. isi. Cette chronique s'arrête à l'année i48i. Deux ans après Mathias Palmer mourat, à rsge de soisante ans , le 19 septembre I483. Il était alors tecrétaire pontiftcaL
(3) La date de i«f0 , fixée par Ulrich Zell pour le terme de l'enfantement de l'imprimerie, est celle qui est généralement adoptée. J. Arnold de Bergel, dans son Poème en ^honneur de rimprimerie, dédié k l'archevêque de Mayence Albert, et Imprimé à Mayence en iMi, l'atteste aussi en ces vers, extraits de son poème , qui a deux cent soixante-deux vers.
Sacttla bis «eptem numerabant ordine fati
Cbristif en*, bine iilis lustra decemque dabaot, Tertitu ac orbis Frlderiovs freoa re^ebat,
Candida qui placida nomlna paci» habet.
Littera de rlgido quia nonc dednoltor are,
Chaleo Ulan grqpkiam Gracia gnara Tocat.
Tentonlca gentis deciu, immensiuque Thésaurus,
Tempore qui prlaco nollius usus erat....
Auctorem qaarunt, primes qui repperit bujus
Arcbetypos artU, primaque pnncta tulit.
Decertantque du» non parri nominia urbes , .
QoKlIbet artificcm vendicat nsque slbi.
Annalesque tnos quidam, Germanla, torqueot,
Bullatas nngas hac quoqne parte Tomuut.
Sed, te ne fallat mendacis opinio vulgi,
lllios referam qu« sit origo rei.
Clame Joannes en Gntenberglus bic est ,
A quo, sen vivo flumine, manat opus.
Qoam Teterea nobU Argenti voce notaruut
A poero fertur aostlnuiase vimm.
Illa aed baie civi largita est munera grata,
CbI clarum noman Moguâ babere dédit.
fallut en effet bien des essais et de longs.travaux pour pouvoir achever Teiécution soit de la Bible de trente-six lignes, dont Timpression fut retardée, soit de l'autre Bible également sans date, dite de quarante-deux lignes, et qui est antérieure à Tannée 1456, ainsi que le prouvent des documents authentiques.
Il est même probable qu'elle parut en 1450, et que son apparition a servi à fixer la date indiquée par Ulrich Zell, par Arnold de Bergel et par beaucoup d'autres comme terme des essais de rimprimerie. Quelques ouvrages moins importants avaient été déjà imprimés :
tels sont les Lettres d'Indulgence, datées de 1454 et 1455, et peut-être le Donat imprimé par Schœffer avec les mêmes caractères que ceux qui ont servi pour la Bible de quarantedeux lignes (1).
Témoignage de Trithème.
Trithème, né en 1462, mort en 1516, nous donne dans ses Annales (2) un récit circonstancié de rinvention de l'imprimerie, mais qui doit naturellement être favorable à Pierre Schœffer (Opilio ), de qui ce chroniqueur déclare tenir ses renseignements (3) :
« A cette époque, ce fut à Mayence, ville d'Alc( lemagne près du Rhin, et non pas en Italie,
Primitias illic copit formare laboris,
4st bic matnmm protulit artis opos.
Stemmate prastabat, vicit virtnte sed illud,
Dicitur bic Terat nobiiiutis Eques.
Annulas in digitis entilli occasio prima,
Palladium ot ccbIo soUititaret opns.
Illum tentabat molli committere cens,
Redderet ut nomen littera sculpta suum.
RespiGit arcbetypos, auri Testigla lastrans,
Et secam tacitus talia Yerba refért :
Quam belle pandit certas base orbita voces,
Monstrat et èxaetis apta repcru libris.
Quid, si nunc juatos, «ris ratloae reducta,
Tentarem libros cudere mille modis?
Hobora perspezit debinc torcolaria Baccbi,
Et dixit *. prsli forma sIt ista novi....
(1) J'ai comparé l'exemplaire de ce précieux DoiuU que possède la Bibliothèque NaUonaie avec la Bible de quarante-deux lignes, et Je puis affirmer l'idenUté des caractères.
(s) Annales Monatt. Birsaugiens. Aà annum^ i4tfo-iBi4. Jypis mon<Mteri< 5. GeMi, I690, a voLln-fo.
(s) « His temporibus, in civitateMognntina Germanise prope Rhenum , et non in Italia, ut quidam falso scrlpserunt, inventa et excogitata est ars illa memorabills et prlus Inaudita imprimandi et characterlzandi libros per Johannem Gutemberger, civem Moguntinum, qui quum omnem pêne substantlam suam prq Invenûone hi^tts artis exposuisset, et nimia dilficultate iaborans, )am in isto, jam in alio deflceret, Jamque prope esset ut desperatus negotium intermitteret.consilio tandem et impensis Joannis Fust. œque civis MogunUoi, rem pertecit inceptam. In primis igltnr characteribus Utleraram in tabulis llgneis, pér ordlnem scrlptls, formisque compositis vocabularlum , dUhoUeon nuncupatom impresserunt ; sed eum Usdem formls nll aliud potuerunt imprimere, eo quod characteres non fuc' rint amobiles de tabulis, sed InsculpU, sicut dlxlmus, — Post bxc, ioventis successerunt subtillora, inveneruntque modum fundendi formas omnium latine alpliabeU Utterarum, quas ipsi matrices nominabant, ex quibus rorsum œneos sive stanneos cbaracterel fundebant, ad omnem pressuram suffideotes, qu'is qrius manlbus «oulpebant. Et rêvera, slcutl ante
TYPOGRAPfflE
« comme qaelques-uns l'ont faussement pré- « tendu, que fut imaginé et inventé par Guten- « berg, dtoyen de Mayence, cet art mémorable « et jusque alors inconnu d'imprimer les livres « au moyen de caractères en relief. Gutenberg, « après avoir risqué pour le succès de son in- « vention presque tous ses moyens d'existence, « se trouvant dans le plus grand embarras , « manquant tantôt d'une chose, tantôt d'une « autre, et sur le point d'abandonner par dé- «sespoir son entreprise, put cependant, à « l'aide des conseils et de la bourse de Jean « Faust, comme lui citoyen de Mayence, ache- « ver son œuvre. Us imprimèrent d'abord un « Vocabulairef appelé Caiholicon, eh carac- « tères écrits régulièrement sur des tables de « bois et avec des formes composées. Mais ils « ne purent se servir de ces formes pour im- « primer d'autres livres, puisque les caractères « ne pouvaient se détacher des plauches, mais « étaient sculptés à même, comme je l'ai dit. « D'autres inventions plus ingénieuses succé- « dèrent à ce procédé, et ils trouvèrent le «moyen de fondre des formes de toutes « les lettres de l'alphabet latin. A ces formes « ils donnèrent le nom de matrices, dans les- « quelles ils fondaient des caractères d'airain « ou d'étain, qui avaient la dureté nécessaire A pour supporter toute pression, lesquels ca- « ractères étaient auparavant gravés par eux a à la main. En effet, ainsi que je l'ai entendu « dire il y a environ trente ans à Pierre Schœf- « fer de Gemsheim, citoyen de Mayence, qui <t était gendre du premier inventeur, ce procédé « d'impression offrait de grandes difficultés à « 8on début. Car, avant d'avoir achevé le troi- « sième cahier de quatre feuilles de la Bible la- « tine qu'il s'agissait d'imprimer, ils avaient « dépensé plus de quatre mille florins. Mais « Pierre SchœfTer, alorsouvrier et ensuite génie dre, comme nous l'avons dit, du premier in- « venteur Jean Faust, unissant l'habileté à la « prudence, inventa une manière plus facile A de fondre les caractères, et compléta l'art,
ferme annos ex ore PeUri OplUonii der Gemsheim , clvis MogunUni, qui gêner erat primi artls inventoria, audivl, magnam a primo inventionis sas haec ara impressorla habait difficoltatem. Impressuri naraque Bibliam, priusqnam tertium complessent in ordine qaatemionem, plasqoAm 4000 florenornm exposnemnt Petma autem memoratos OpUlo, tune famulos, postea gêner, aient dlximna, inventoria priml, Joaonis Fnsti, bomo ingenlosua et prodena, facillorem modom fundendi characteres excogltavit et artem, ut nnnc eat, complevit.
« Et bi trea imprimendi modum allquandiu tenaerent occuUnm , quousque per famulos , sine quorum miniaterio artem exercere non poterant, divulgatus fttit, In Argentlnenaea primo, et paaiatim in omnes naliones.
« Et bsc de impreasoria mira snbUlitate dicta sufficlant, cujus Inventores primi cives Mognntini fuerunt. Habltabant antem primi trea artislmpressoriœ inventores, Jobaones videlicet Gntemberger, Jobannes Fttst et Petrus Opilio, gêner ejns, Mogontlae, in domo Zum-Jungen dicta . quœ deinceps i<«aue in prxso»- AnprefMrto nuncupatur. »
« en le portant au point où il est aujourd'hui. « Tous trois gardèrent quelque temps secrète et cette manière d'imprimer, jusqu'à ce qu'elle « fut divulguée par leurs ouvriers, sans l'aide « desquels ils ne pouvaient pratiquer cet art , « d'abord à Strasbourg, et peu à peu dans les « autres pays du monde.
a Ce que je viens de dire sur cette ingé- « nieuse merveille d'imprimer est suffisant.
Cl Ses premiers inventeurs furent des citoyens « de Mayence, Or , ces trois premiers inven- « teurs, Jean Gutenberg, Jean Faust et Pierre «Opilio (Schœffer), gendre de ce dernier, « habitaient à Mayence la maison connue « sous le nom de Zurn-Zam^en, qui ensuite « prit le nom d'Imprimerie, nom qu'elle con- « serve encore (1). »
Tout parait être parfaitement exact dans ce récit de Trilhème (2), pourvu qu'on ne confonde pas ce qu'il dit d'un Vocabulaire appelé Catholicon avec le Catholieon de Jean Balbuft de Janua (Gènes ) , gros volume in-fol. de 373 feuilles, imprimé en caractères mobiles, et qai porte la date authentique de 1460 , date postérieure au Psautier de Mayence y imprimé par SchœfTer et Faust en 1457 , et même à la Bible de quarante-deux lignes. Il est très-probable que ce nom de Vocabulaire ou Catholieon aura été donné soit à quelque petit lexique destiné aux enfants, comme la grammaire d'Ëlius Donat , soit même à quelque Donat xylographique dont Ulrich Zell noua dit que Gutenberg eut connaissance ; ouvrage» qui servirent d'essai et qui ne nous sont pas parvenus.