DE GUTENBERG
Aucun livre imprfmé ne porte le nom de Gutenberg. Quelle en est la cause ? On l'ignore, et c'est un de ces mystères qui environnent l'origine de l'imprimerie que nul n'a pu pénétrer. Gutenberg a-t-il participé à l'exécution des ouvrages qui ont paru sous le nom de Faust et de Schœffer ? En ce cas, pourquoi l'omission de son nom par ses associa?
Est-on redevable à Gutenberg de ceux qui ont paru sans aucune date? En ce cas, il faudrait lui attribuer : 1° la Bible dite de Mayence
(1) Dans plusieurs endroits de sa correspondance il reproduit les mêmes détails.
(9) Je ne saurais admettre l'opinion émise par M. de la Borde sur ce témoignage de Trilbème, qu'il cite en partie. « Je ne m'arrête pas, dit-il , au récit « intéressé de ScbœlTer, assez peu au fait des débuts « de llnvenUon, auxqnela il était resté étranger ,- recf t « mai rapporté par l'abbé Trltbéme. qui ne comprenait « rien an mécanisme du procédé. »
M. de la Borde oublie queTrilbème nous déclare que c'est trente ans auparavant et de la boncbe même de Pierre Scbœffer, ie gendre de Faust, qull avait entendu ces détails! Qui donc pouvait mieux connaître tout ce qui tenait à l'origine de l'imprimerie que l'un des trois Inventeurs ? Je crois qu'on doit tenir grand compte de tout ce que Scbœffer a imprimé à la fin de ses ouvrages, en faisant toutefois abstraction de ce «al concernait son intérêt personnel.
sans date, de quarante-deux ligneSi qu'une BOte manuscrite proclame antérieure à 1457 ; V* le CatluUicon, terminé en 1 460 ; Z"* la Bible de trente-six lignes sans date, mais qu'on croit antérieure à 1461 (l) ; enfin l'impression des Lettres d'Indulgence, qui ont précédé le Psautier de 1457, imprimé par Faust et Schœffer, ainsi qu'ils le déclarent ayec une sorte d'orgueil. Mais nous Terrons qu'il est difficile, du moins pour la Bible de quarante-deux lignes, que Scbœffer soit étranger à son exécution.
Ëst-ce que Gutenberg, étant d'une famille iwbie et ayant épousé une demoiselle de noble famille (2), crut ne pas devoir accoler son nom à celui de Schoeffer, qui n'était qu'un ouvrier, un écrivain , un clerc (3), bien qu'il fût devenu gendre de Faust, lequel Faust était lui-même de famille rotu rière ?
Est-ce par une noble modestie et pour ne léguer la gloire de l'invention qu'à Mayence, sa patrie? En ce cas , cette souscription placée à la fin du Catholicon mériterait à juste titre l'épitbète de divine qui lui a été donnée (4).
« Avec l'assistance du Tout-Puissant, qui par un signe rend les enfants éloquents et leur révèle souvent ce qu'il cache aux doctes, ce livre insigne, le Catholicon, fut achevé d'imprimer en 1460, à Mayence, ville de l'illustre Germanie ( que Dieu, dans sa clé* menée, daigna élever au-dessus des autres nations par le don gratuit d'une telle production du génie humain). Ce livre n*a été fait ni à Taide du roseau, du stylet, ou de la plume (5), mais par l'accord merveilleux dans les rapports et la grosseur des lettres au moyen de poinçons et de matrices (6). »
Ëst*ce enfin par le moins noble des motifs,
(I) Ce* deux Bibles sont estimées les plos anciennes. On eooipte aa moins treize autres Bibles sans date. f^oif, Dannuo. Analyse de l'Opinion, etc., p. ssi.
L'exemplaire de notre Bibliothèque Nationale porte la date de i4ei, écrite à l'encre ronge de la main du rabrlcatenr. Mais il est trés>probabIe qne cette Bible panil antérieurement.
(t) La lamlUe des ÉUenne était aussi d'une noble origine.
(S) TéÙs est raceeption qu'on doit donner au mot clerioif*
(«)« Altissiml prssldio, cujus notu Infantlnm llogaa fiant disertes . qulque numéro saepe parvulis révélât quod aaplenUbus celât, hic liber egregins, Catholicon, domialeiB Incamatlonis annls M. CCCC. LX aima In ur|)e KognnUna, nacionis Inclytae germanicœ, quam Dtt lÉjUM iiUa tam alto logenil luminc donoqoe gra- UMMerUterraram naclonibus prcferre. Illustrarem tfignatus est, non calami styli aut penne snffra- "^fM Vitra patronarum forroarumqne concordla proet modulo , impresius ataue conlectus est.
Ami tUil Mmcle Pater.... »
€ftaont les trois Instruments avec lesquels on écrl-
•tane les temps les plus anciens ; la plume de roseau
-•nployée en Orient ; le stylus servait aux
lire sur la cire de leurs Ublettes, et
'■nier ou le parchemin.
devoir traduire cette
•n formarumgue con-