GRÈCE
Jusqu'en 1820 c'est principalement à Venise, chez Nicolas Glyky, que s'imprimaient en grand nombre les livres de liturgie , et en très-petit nombre ceux de science , de littérature et d'éducation dont la Grèce avait besoin. Quelquesuns étaient imprimés aussi à Vienne. C'est à Paris que le docte Coray publia,aux frais des généreux frères Zosima, laBibliothèque Hellénique, enrichie de ses savants commentaires.
Quand je visitai Cliios, les amis de Coray , les Rhodokanaki , les Rhalli me témoignèrent le désir d'y établir une imprimerie, dans le oollége où Bardalachos et Bambas instruisaient la jeunesse grecque , si avide de leurs leçons. Une imprimerie composée de nos caractères y fut envoyée, et le discours prononcé par Bambas dans le collège fut la première impression faite à Chios. Plusieurs ouvrages y furent ensuite bien exécutés, ainsi qu'on en peut juger par la grammaire grecque de Méophytos Bambas, imprimée en 1821 à Chios par les soins de J. D. G. Bayroffer, dont le nom figure en Allemagne parmi ceux des bons imprimeurs.
Mais bientôt, en avril 1822, cette imprimerie fut anéantie avec la malheureuse ville d^ Chios. La bibliothèque, qui contenait déjà ! 2,000 volumes , disparut également (1).
(I) « Ils me montrèrent dans la blbliothèqae de lear Gymnase, avec un plaisir égal à celai que j'épronv<ii<t iiioi-m6m«, les livres dont J'avais fait présent en
En 1817, pendant mon séjour au collège de Cydonie (1), les professeurs et les élèves me> témoignèrent aussi le désir d'y établir une imprimerie, et me prièrent d'enseigner à l'un d'eux les diverses branches de la typographie. Dès mou retour à Paris Constantin Dombras , qui avait été mon camarade au collège de Cydonie, vint dans notre établissement y apprendre la gravure, la fonte des caractères et l'imprimerie. Après deux ans d'études il revint à Cydonie; mais l'imprûnerie qu'il y avait rapportée eut le sort de celle de Chios, et fut anéantie le 15 juin 1821, lorsque les Turcs incendièrent la ville.
Pendant la lutte d'extermination entre les Grecs et les Turcs, qui excita si vivement en Europe l'intérêt des amis des lettres et de l'humanité, MM. Firmin Didot firent don à la Grèce d'une imprimerie, qui fut établie d*abord à Hydra, où elle imprima en 1824 le journal FAmi de la Loi, à ^CXoç toQ M\im; elle fut transportée ensuite à Nauplie (2).
Deux imprimeries s'étaient établies à Missolonghi, et en 1824 le journal des Chroniques Helléniques, Kpovixà *£XXY]vixà, s'y imprimait, avec les caractères que lord Byron y avait fait venir. L'autre imprimerie possédait les types de notre fonderie ; et c'est, dit -; M. Cotton (3), avec les caractères de Didot que fut imprimée l'oraison funèbre de lord Byron prononcée à Missolonghi, encore assiégée par les Turcs (4).
En 1830 André Koromélas, sur la recommandation du prince Michel Soutzo, fut admis dans la typographie de MM. Firmin Didot, et établit sous leurs auspices à Athènes une im* primerie, maintenant considérable.
L'imprimerie royale vers le même temps fut fondée, et convenablement pourvue de caractères de la fonderie de MM. Didot , qui y ont envoyé une presse mécanique, la seule qui existe encore en Grèce.
Mais jusqu'à présent presque tous les livres ûnprimés ne sont que des traductions ou des livres d'éducation. Je citerai cependant quelques mémoires historiques, tels que V Histoire des combats maritimes desstrois îles Hydra
ISIS an collège lorsque J'appris de mon respectable maître Coray qn'on 7 devait former une bibliothèque publique. • (Notes d^un Foyage faU dont le Levant en iai« et i«i7, p. i4o. )
(I) Ville du continent de l'Asie derrière les îles Hécatonnèscs ( MotehonrUsi). Le collège était dirigé par les professeurs TliéophUos Kairts, mon hôte et mon ami, Bustratlos et Gregorios. Les professeurs étaient habiles et les bâtiments magniflques.
(«) Voy. Cotton, Typographical Gazetteer, seconde édition, Ozfordy at the UtUvtnitff press, issi.
(s) P. 174, mime ouvragé. Le Courrier de POnent fut imprimé quelque temps à Fatras.
(4) L'histoire oonservera le souvenir de l'énergie patiente et courageuse avec laquelle M. Maurocordato a défendu Missolonghi après la mort de lord Byron , i^vt^npment si déplorable rour ia Grèce et pour les Icllrui
Spezia et Psara pour conquérir Vindépendance, par Antoine A. Miaoïflis^Nauplie, 1833, typographie de Constantin Dombras; — le poème Sur le pays de Delvinaki sous Ali Pa^ cha, Égine, imprimerie de Koromélas ; — les Mémoires sur VHétérie, par Jean Philémony Nauplie, 1834; — ceax àePerraivos, en deux volumes, Athènes, 1836; — ceux de Germanos , évèque de Patras , Athènes , 1837, etc.
On a regretté de ne point voir les produits typographiques de la Grèce figurer à l'Exposition de Londres parmi ceux des nations civilisées. L'établissement de l'imprimerie à Athènes constate l'invincible puissance de la presse, puisque c'est elle qui en Europe a soulevé Topiniondes peuples chrétiens en faveur de la Grèce et forcé les rois à réunir leurs étendards, catholiques, protestants et du rit Grec, à Navarin pour cette nouvelle croisade du di»-neuvième siècle.
La Grèce s'est boméç à inscrire sur ses bannières à l'Exposition de Londres deux sentences de ses anciens poètes, comme gage d'un meilleur avenir.
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