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plomb, et que leur ajustement dans le texte est le résultat d'ingénieux procédés.
Je me rappellerai toujours avec quel intérêt et quelle curiosité je cherchais avec mon père à découvrir les moyens que Schœnsperger avait pu employer pour tromper même l'œil des connaisseurs (l). Dans la seconde édition, ûnprimée à Augsbourg, en 1519, le tirage fut souvent interrompu pour varier dans les pages l'orthographe et les jeux des déliés et des traits qui s^échappent des lettres, afin de faire en quelque sorte de chaque exemplaire un ouvrage qu'on pût croire original (2).
Cologne,
On croit que Ulrich Zell faisait partie de l'atelier de Gutenberg à Mayence. Récemment on a découvert l'ouvrage suivant de saint Jean Chrysostome , qui porte cette souscriptiou :
Deo et De\fer3S refero grattas infinitas de fine primis Hbri Johannis Chrysostomi sancHfdoctoris et episcopi sup. Psalmo quinqiÂogesimoperme Ulricum Zell de Hanau, clericum diocesis moguntinensis. Anno Dmni millesimo quadringentesimo sexagesimo sexto (3).
L'abbé Mercier (4) dit avoir lu et tenu en ses mains un « Sanctus Augustinus , De Vila Christianorum et de Singularitate Clerico-
rum, à la fin duquel est : Explicit per me
Oldericum Zell de Uanau, clericum diocèses
moguntinen. anno sexagesimo septimo, »
petit in-4° , imprimé, dit-il, avec les caractères de Schœffer. M. Brunetlui attribue aussi cette année une édition des Bticoliques de yirgUe, in-fol. gothique à deux colonnes, et : Vtino (Leonardus de), Sermones aurei de sanetis (Coloniœ, Ulr. Zell.), 1473.
En 1467 il imprima deux traités de saint Augustin : 1° De Vita Christiana ; 2<* De Singularitate Clericorum. On lui attribue
(1^ Lorsqa'en iii7 je passai à Parme, où venait de mourir Bodonl , J'ai sa de sa yeuve et de son ami P. Cama , qal a écrit en deox volumes ln-40 la f^ie de Bodoni, que lorsque ce célèbre typographe, à la fois graveur, fondeur et Imprimeur, vit pour la première fois imprimés les caractères Imitant l'écriture gravés et fondus par mon père d'après les procédés de son Invention, Il ne put comprendre comment, par des moyens typographiques , un pareil résultat avait pu être obtenu. Mon père se fit aussi un plaisir de laisser deviner à son frère les moyens qull avait pris pour réussir, f^oy. la dédicace en caractère d'écriture placée en tète de la traduction en vers français des Bucoliques de f^irgile, édit. de laoa.
(s) J. B. Bernhart a signalé des différences aux pages suivantes :
Cahier. Pages.
Cahier. Pages.
B tf, «.
II , 1, «. S, 4, tf, 6. 7, 8.
(s) Karl Falkensteln Geschichte de Buchdruckerkunst. Lelpale. Teubner 1 8«o.
(4) Supplément à l'Histoire de l'imprimerie de Pcosper Marchand, p. »e.
même Timpre^sion de la bulle RetractUmvm PU II, Rom. 16 mars 1463 ; mais elle ne porte aucune autre indication.
Pierre de Olpe imprima le livre suivant, en 1470 : « Auctoritates Decretorum impresse Colonie Açrippine per me Petrum de Olpe. »
On croit que le Florus imprimé en trèspetit caractère, mais sans date, est de 1474 et fut exécuté à Cologne par Therhœrnen.
C'est ce même imprimeur qui, en 1471, eut ridée de numéroter les feuillets dans l'ouvrage d'Adrien le Chartreux De Remediis utriusquefortunœ. Du moins ce livre est le plus ancien où M. Daunou ait remarqué l'em* ploi des chiffres, qui sont arabes. Therhœrnen a donné aussi dans son édition des Quodlïbeta sancti Tfiomce, daté de 1471, l'exemple des titres courants placés au haut des pages.
Eltwill. — Le Yocabulabe Latino'Teuto* nicus imprimé avec les mêmes caractères que ceux du Catholicon par les deux frères Bech* termuncze en 1467 fut réimprimé à Eltwil en 1469 avec les mêmes caractères, et pour la troisième fois en 1472, sans nom d'imprimeur et en caractères plus gros ; cette édition est suivie de ces vers :
Nota ignota qui volt Teutunica verba Légat opus presens, et retinere volebtt Maxtma de mtnimis
Spire. — On y imprimait dès 1471. Le premier livre est Postilla super Apocalypsin, etc., in-4°.
Rostoch, -^D^^ 1474 parait dans cette ville du duché de Mecklenbourg une édition in-fol.
de Lactance, dans l'établissement fondé par les frères de la Vie Commune, qui imprimaient encore à Rostoch en 1481.
Tubinge. — En 1 5 17 le célèbre Philippe Mélanchtou était correcteur d'épreuves chez Ansel me,ainsi que nous l'apprend Melchior Adam, dans la vie de ce novateur. « Prsefuit Tubingae typographie» officinae Anselmi aliquamdiu. »
Francfort-sur 'Mein. — Les Wechel firent le plus grand honneur à l'imprimerie de cette ville,par le grand nombre d'excellentes éditions qu'ils y imprimèrent. Ils avaient pour correcteur le célèbre Sylburge, qui resta longtemps employé dans l'imprimerie des Estienne h Paris. Il était aussi savant en grec qu'en latin.
Leipsick. — L'imprimerie n'y exista pas avant 1481 . Marcus Brandis est regardé comme le premier imprimeur en cette ville, et son premier ouvrage est daté de cette année.
J. D. Emmanuel Breitkopf, né en 1719, s'est principalement occupé de la gravure des caractères ; c'est lui, dit son biographe, « qui est le père de l'art typographique en Allemagne » ; il contribua à maintenir aux caractères les formes gothiques qu'on voulait remplacer par les lettres romaines. En 1754 il commença à imorir^^ 1^ (lousique avec des caractères mo-
TYPOGRAPHIB.
biles de son invention, et son système est préféré eLcore aujourd'hui eu Allemagne. Ses tentatives pour l'exécution des cartes géographiques furent moins heureuses; il améliora les presses et la fonte des caractères. Plusieurs ouvrages estimés sur la typographie ont été composés par lui, mais il n*a pu terminer son Histoire de la Typographie. II mourut eu 1794. Ses héritiers continuent avec succès à Leipsick l'impression de la musique.
C. C. Traugott Tauchm'tz, né en 1761, s'est distingué par son instruction et par ses éditions grecques et latines stéréotypées d'après le procédé Stanhope. Son fils et son successeur Charles Tauchnitz s'est distingué par quelques belles impressions.
L'imprimerie de M. B. Teubner s'est placée au rang des meilleures de l'Europe par la publication en 1846 du Codex Frederico- AugiLstanus , représentant l'un des plus anciens manuscrits grecs du vieux Testament découvert par M. C. Tischendorf en Orient.
M. Henri Brockhaus, à la fois éditeur, imprimeur et fondeur en caractères, a envoyé à l'Exposition de Londres de 1851 un exemplaire de tous les livres qu'il a imprimés dans l'année 18âO. Ils sont aussi remarquables par leur grand nombre que par leur mérite littéraire. Quelques-uns sont fort bien imprimés.
Les entrayes apportées au commerce de la librairie à Francfort-sur-Mein firent transporter à Leipsick la foire annuelle, ce qui a donné à cette Tille une grande importante commerciale et littéraire. Les libraires y sont à la fois instruits, laborieux et habiles négociants.
Berlin. — L'imprimerie y fut introduite fort tard. Le grand Frédéric accorda à l'imprimeur Spener, chez qui il allait étudier les nuits à l'insa de son père, ijn privilège pour imprimer le journal Berlinische-Nachrichten.
L'établissement d*Unger fut aussi protégé par Frédéric, et prit une grande importance à la fin du dix-huitième siècle. Unger fut célèbre à la fuis comme imprimeur, comme graveur sur bois et comme professeur de cet art à l'A* cadémie de Berliu.
Comme lui, M. Gûbitz était professeur instruit et gravait avec un grand talent sur bois. Les vignettes et fleurons qu'il exécuta pour notre fonderie sont remarquables par leur belle exécution.
M. Decker, imprimeur du roi et de l'Académie, se distingue aujourd'hui par ses belles impressions. Rien de plus beau que la Grande Bible in-fol., traduction de Luther, qu'il a en^ voyée à l'Exposition de Londres de 1851.
La Uhrairie jouit à Berlin d'une grande considération, due à la sévérité des examens que doit subir en Prusse tout libraire au ministère ue l'instruction publique et des cultes avant d'être reçu dans la corporation.
Stuttgardt. — M. Cotta a donné de la célébrité à cette ville par ses grandes entreprises littéraires et par les belles éêitions de Schiller et de Gôtlie qu'il a imprimées. Sa grande fortune lui permit de se montrer souvent un zélé protecteur des lettres. Son fils lui a succédé dans son grand établissement d'imprimerie et de librairie, ainsi que dans les titres de noblesse accordés à son père à la fin de son ho* norable carrière.