PRO OMNIBUS
La Variole est incontestablement une des maladies épidémiques les plus redoutées et les plus redoutables.
Elle est ainsi, non-seulement parce qu’elle est à peu près aussi épouvantable que la plus terrible d’entre elles, à peu près aussi meurtrière que le choléra morbus asiatique ; nonseulement parce qu’elle frappe à mort, mais encore parce qu'elle menace d’infirmités visibles, irrémédiables; parce que, seule entre toutes, elle laisse sur le visage des traces ineffaçables de son passage ; parce qu’elle altère la beauté la plus parfaite; parce qu’elle enlaidit les beautés intermédiaires et relatives, même celles qui sont dues au jeu des physionomies bien plutôt qu’à la régularité des traits; parce qu’elle rend horribles ceux qui, dès leur naissance, étaient disgraciés par la nature, et que les hommes, surtout les femmes, qui se mirent avec tant de complaisance qu’ils ne voient que le beau côté de leur figure, tiennent essentiellement à la conserver, quelle qu’elle soit, exempte de toute tare indélébile.
Voilà pourquoi, de siècle en siècle, les médecins de tous les pays ont constamment tenu leurs esprits et leurs pensées tendus vers un point fixe, pourquoi ils ont rêvé la perfection dans la recherche des moyens prophylactiques à employer contre la petite-vérole.
Mais en cela, comme en toutes choses, vu la faiblesse inhérente à la nature humaine, ils ne peuvent qu’approcher de ce but tant désiré, tant désirable, sans jamais pouvoir l’atteindre. Car, bien que leur esprit s’attache à faire disparaître la variole, la plus hideuse de toutes leurs maladies, ils ne pourront jamais y échapper complètement sur la terre : il