XXXVIII INTRODUCTION
pelite-vérole des vaches, là aussi coexistait très-souvent une épidémie de varioles humaines 1 ;
Quand je songe que le printemps, cette tiède saison de renouveau et de revivification, succède à 1 hiver, cette saison morte durant laquelle s’amasse à la surface de la terre, pour y être précieusement conservé et pour former l’humus indispensable à la fécondité terrestre, tout ce qui tombe, se fane ou meurt pendant l’automne ;
Quand je considère qu’une saison humide et pluvieuse, en prenant la place d’une saison chaude et desséchante, l’automne succédant à l’été, par exemple, produit en quelque sorte, quoique à un moindre degré, les mêmes résultats en fait de fumure et d’engrais terrestres, à cause des détritus de toute espèce forcément abandonnés sur le sol à la suite de la fauchaison et de la moisson ;
Quand je vois que c’est alors que les propriétaires et les fermiers s’occupent au dehors à nettoyer, à ratisser les prairies et à approprier leurs canaux d’irrigation ; que c’est alors qu’ils mènent leurs chevaux au vert; qu’ils conduisent tous leurs bestiaux dans les prés, et que ces animaux y séjournent toute la journée, les pieds enfoncés dans la vase ;
{ Dr Macperson . Dr Albers, Dr Bree, in Stembrenner, pag. 584, 585, 588. — Épizootie de Rieumes, Horse-pox de Toulouse, 1860. Union médicale, 29 mai 1862. Drs Auphau et Larguier, ouv. cit. — Je tiens en main le manuscrit de cette publication, que je dois à l'obligeance du Dr Auphan (d’Alais). J’y trouve le passage suivant, très-remarquable à ce sujet; «Pendaut le mois qui a précédé la maladie, les pluies ont été presque continuelles, et, chose remarquable à noter, une épidémie de variole, relativement assez bénigne et sans complication hémorrhagique, sévit depuis plus de deux mois à Alais et dans les environs.»
Ici, évidemment, 1 épidémie variolique a précédé l’apparition du horsepox et du cowpox.
PRINCIPES GÉNÉRAUX
Quand je me rappelle que les vaches, en particulier, s’y couchent très-volontiers pendant le temps de la rumination, et que dans cette posture leurs mamelles, presque dépourvues de poils, recouvertes d’une peau fine et délicate, et par conséquent mal défendues contre les agents extérieurs, sont forcément exposées à l’action des effluves terrestres et des productions matérielles qui se décomposent dans les interstices de la terre ;
Quand j’envisage enfin l’ensemble de ces considérations, je me demande si tous ces êtres ne se trouvent pas dans les mêmes conditions que les ouvrières employées à la filature des cocons anciens; si l’on ne peut pas, si l’on ne doit pas voir dans ces plaines humides, dans ces prairies fangeuses, dans ces bourbiers infects où grouillent tant d’insectes immondes, et dans ces écuries malpropres, de véritables bassines naturelles au sein desquelles se produit une macération subite ou prolongée de substances végétales et animales en décomposition, susceptibles de donner lieu, comme la chrysalide des cocons anciennement étouffés, à des émanations de nature spécifique, capables d’engendrer sur la partie du corps des animaux qui est mise en contact avec elles une éruption vésiculo-pustuleuse de nature également spécifique, une éruption varioleuse, en un mot.
J’aurai l’occasion, je crois l’avoir déjà dit, de raconter plus tard une épidémie de varioles qui, vu les circonstances au milieu desquelles elles se sont produites, pourront venir à l’appui de cette proposition et fournir une réponse à cette interrogation.
Mais toutes ces substances végétales ou animales en décomposition et en macération contribuent-elles àlapro-
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duction de la variole? Sinon, quelle est celle qui a le funeste privilège de lui donner naissance ?
En admettant cette hypothèse , qui me paraît assez vraisemblable, c’est là précisément ce qu’il importe de rechercher, à moins que l’on ne préfère attribuer cette génération, soit aux organites de M. Chauveau, soit aux microzymas (ferments organiques) du professeur Béchamp, soit à quelques-uns de ces êtres microscopiques (bactéries), ou à quelques-uns de ces êtres visibles à l’œil nu que l’on voit naître ou revivre, dans ces conditions, au sein môme de ces substances en décomposition, ce qui serait également admissible.
« Le microzyma, dit M. Béchamp, est organisé, vivant, capable de se multiplier.
» Pendant l’état de santé , les microzymas agissent harmoniquement, et notre vie est, dans toute l’acception du mot, une fermentation régulière. Dans l’état de maladie, les microzymas agissent inharmoniquement : la fermentation est régulièrement troublée; les microzymas, ou bien ont changé de fonction, ou bien sont placés dans une situation anormale par une modification quelconque du milieu.
» Enfin, le microzyma peut devenir malade et communiquer sa maladie, ainsi qu’on l’observe dans la maladie des vers à soie.
» D’après le Professeur de Montpellier, il n’est pas douteux que le virus de Ici variole et celui de la svphilis contiennent des microzymas spécifiques, c’est-à-dire important la maladie de 1 individu dont ils proviennent ' . »
1 Séance de l'Académie du 3 mai 1870.
C’est donc parla recherche du principe spécifique, organique ou fermentatif, végétal ou animal, vivant ou putréfié, miasmatique ou virulent, déposé sur le trayon des vaches, engendrant le cowpox et par lui la vaccine, que l’on arrivera à la connaissance complète et parfaite de la nature et de la valeur intrinsèque et véritable de cet agent.
En définitive et au fond, d’après les principes ci-dessus posés comme bases d’appréciation, c’est là le seul problème que l’on ait à résoudre aujourd’hui, dans cette question d’origine de la vaccine.
En attendant qu’il soit complètement résolu, voici tout ce que nous apprend l’histoire de la vaccination à ce sujet, qui intéresse au plus haut point l’espèce humaine.
Je l’aborde sans plus d’hésitation et avec l’espoir d’éclaircir bien des doutes, de projeter la lumière sur beaucoup de points encore obscurs, de mettre enfin sur la voie de la vérité, difficile à découvrir au milieu des discussions soulevées par cette question.
N’ayant plus de programme à suivre, je n’ai plus à craindre le reproche de m’en être écarté, de ne pas y avoir complètement répondu, ou d’avoir traité l’histoire de la vaccination par trop exclusivement au point de vue historique, en me fiant outre mesure aux épreuves expérimentales des auteurs qui s’en sont occupés avant moi, et sans l’appuyer d’expérimentations récentes et personnelles.
Je me sens aujourd’hui beaucoup plus libre ; j’en suis heureux, et j’en profite pour agiter la question à ma manière. Celle-ci a très-bien pu ne pas être du goût des
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médecins russes : nos faits et gestes, nos idées et nos langages sont tellement différents, qu’il n’y a rien d’étonnant à cela; j’ai de sérieuses raisons pour le penser et pour le dire. Mais je me passerai parfaitement de leur approbation, pourvu qu’elle plaise au public médical de mon pays, chez lequel je trouverai plus de sympathie, je n’en doute pas, et auquel je tiens à en appeler en dernier ressort.
DE
La variole considérée au point de vue de l’hygiène publique, au point de vue de son extensibilité et de sa propagation épidémique.
Excursion dans le domaine de la pathologie générale : — infection et contagion. — Classification des maladies d'après leur extensibilité. Généralités sur la variole. — Nature de cette maladie. — Place qu'elle doit occuper dans les cadres nosographiques.
Faire l’histoire de la vaccination, c’est faire de l’histoire contemporaine, puisque la découverte de ce moyen de prophylaxie thérapeutique n’a pas encore un siècle de date certaine et positive.
Mais, avant de l’entreprendre, il convient de jeter un coup d’œil rétrospectif sur un point précis et restreint de l’histoire médicale antérieure : il est nécessaire d’esquisser
«Marche! Marche! Marche!....»
E. Sue, Juif errant.
C’est la loi du progrès en toutes choses. C’est la loi de la civilisation.
C’est la loi de l’humanité.
rapidement les faits historiques relatifs à la maladie contre laquelle le virus vaccin a été dirigé ; il est utile de faire connaître les circonstances qui ont précédé, préparé et amené cette découverte.
Qu’on ne s’attende pas néanmoins à trouver dans ce travail une description de la variole telle qu’on peut la lire dans tous los Traités de pathologie classique élémentaire.
Elle serait ici hors de propos.
Je dois la supposer présente à la mémoire de mes lecteurs.
Je me contenterai d’examiner cette maladie à un point de vue plus général, au point de vue de l’hygiène publique, et par conséquent au point de vue de son extensibilité et de sa propagation épidémique.
Ceci m’oblige à une digression nécessaire, à une excursion rapide dans le domaine de la pathologie générale.
Je sens le besoin d’expliquer ma pensée sur les deux grands principes de propagation des maladies, savoir : l’infection et la contagion, et de fournir une classification des maladies au point de vue de leur extensibilité, afin de bien déterminer la nature de celle qui m’occupe actuellement, et de lui assigner dans cette classification la place qui lui revient.
1° Infection et Contagion . — Je l’ait dit quelque part; il m’est donc bien permis de le redire ici :
Inscrire ces deux mots en regard et en opposition l’un a 1 autre, c est accepter la chance de relever un brandon de discorde ; c est courir le risque de raviver la trop Ion-
gue et trop acerbe polémique des contagionnistes et des anti-contagionnistes.
Mais qu’importe, pourvu que du choc des opinions naisse enfin la lumière !
Je dois cependant me hâter de déclarer que je ne suis l’adepte ni de l’une ni de l’autre de ces deux sectes, et qu’ici, comme partout et toujours, mon unique but est la recherche de la vérité.
Lumière et vérité, voilà ce que je voudrais obtenir.
Mais que de difficultés pour démêler l’une 'et apercevoir l’autre, au milieu des contradictions et des ténèbres amoncelées sur les diverses questions qui ont trait à ces deux modes de propagation des maladies !
J’atteste, pour ma part, que j’ai souvent parcouru divers articles écrits par les auteurs sur l’infection et sur la contagion. Et cependant, après lecture, mon esprit ne m’a jamais paru complètement satisfait.
J’ai vainement cherché, dans ces articles, la ligne de démarcation bien tranchée qui devrait séparer ces deux causes morbifiques, cependant bien distinctes.
A quoi cela tient-il ? Ne serait-ce pas à ce qu’on a donné trop d’extension à l’étymologie de ces deux mots, ou à la description que l’on a faite dos causes de maladie qu’ils expriment ; qu’ainsi on en est venu à les trop rapprocher, et qu’on a fini par les confondre? N’aurait-on pas quelquefois appelé contage, ou principe de contagion, ce qui n’était que miasme infectieux , ou principe d’infection ? C’est ce que j’ai pensé plus d’une fois en lisant les définitions écrites de l’infection et de la contagion, du contage et de l’infectieux.
Je prends pour exemple celles de MM. Monneret et
Fleury, qui sont des plus récentes et des meilleures :
«L’infection, disent-ils, est le mode suivant lequel se propagent certaines maladies qui tiennent à Faction toxique ou morbifique qu’exercent, sur un ou plusieurs individus placés dans une opportunité particulière pour en recevoir l’influence, les matières végétales ou animales en décomposition, et les miasmes exhalés par le corps de l’homme sain ou malade*.»
« La contagion est un mode de propagation des maladies en vertu duquel un individu affecté communique son mal à un ou plusieurs individus qui sont placés dans une opportunité particulière pour le recevoir, et qui eux-mêmes servent d’éléments de propagation à cette maladie, dont les caractères restent d’ailleurs toujours identiques. Le contact médiat ou immédiat paraît être, pour un grand nombre de cas, une condition indispensable à cette transmission1 2.»
«L’infectieux est l’agent toxique, inconnu dans son essence, qui détermine la maladie chez l’homme placé dans les conditions spéciales que nous avons fait connaître. Cet agent toxique a encore reçu le nom de miasme, d’effluve3 4, etc.»
« Le contage est le miasme qui détermine les maladies appelées contagieuses *. »
Ces définitions sont-elles irréprochables? Peut-on y trouver cette ligne de démarcation tranchée que je recherche entre la contagion et l’infection ? Y a-t-il une
1 Compendium d» médecine pratique : Infection, tom. V, pag. 167.
a Loc. cit.: Contagion, tom. II, pag. 464.
3 Loc. cit.: Infection, tom. V, pag. 168.
4 Loc. cit. : Épidémie, tom. III, pag. 382.
distinction évidente entre les deux principes morbigènes qui en sont les points de départ ? Je ne le pense pas.
En effet, les malades atteints de maladies infectieuses me paraissent être des foyers d’infection, aussi bien que les malades frappés de maladies contagieuses sont des foyers de contagion. Ils peuvent donc, aussi bien que ces derniers, servir d’éléments de propagation à la maladie dont ils sont atteints.
Les caractères des maladies infectieuses sont parfois, sinon toujours, également identiques, de même que ceux des maladies contagieuses. Je n’en veux pour exemple que la fièvre intermittente, le type des maladies infectieuses.
Enfin, les unes et les autres peuvent reconnaître pour cause un principe morbigène exhalé du corps de l’homme malade.
Reste donc, en faveur de l’infection, l’action toxique ou morbifique exercée par les matières végétales et animales en décomposition, et par l’air provenant des entassements d’hommes sains.
Il n’y aura conséquemment, et d’après les définitions qui précèdent, que les maladies qui auront pour origine un pareil principe qui pourront être facilement classées au nombre des maladies infectieuses. Toutes les autres flotteront incertaines entre la contagion et l’infection, puisque le contact médiat ou immédiat ne peut pas même être regardé comme toujours indispensable pour spécifier la contagion.
Et c’est en effet ce qui a lieu.
Quant aux définitions des principes eux-mêmes, il y a, ce me semble, confusion manifeste entre l’infectieux ou
principe de l’infection, et le contage ou principe de la contagion : miasme et contage s'excluent mutuellement en principe et ne peuvent s'accoupler ensemble qu’à la condition de vivre côte à côte et sans confusion.
Je ne suis donc pas étonné que la plus grande partie des maladies infectieuses aient été regardées comme contagieuses, et vice versâ.
Mais ce qui a toujours causé ma surprise, c’est qu’on ait accolé le mot de contagion à certaines maladies qui ne peuvent s’adapter à aucune des définitions acceptées de ce mot.
Qu’est-ce, en effet, que ces maladies appelées contagieuses par imitation? Tout autre chose que des maladies contagieuses. Il serait tout au plus permis aux gens du monde, aux gens étrangers à la science médicale, de les désigner ainsi, parce que le langage figuré leur est permis, mais ce langage ne doit pas être admis dans une œuvre scientifique, où tout doit être rigoureux et positif.
Qu’on donne à ces maladies tel autre nom que l’on voudra : névroses imitatives, convulsions imitatives ou tout autre; mais qu’on ne les classe point parmi les maladies contagieuses. Si l'on voulait leur conserver cette désignation, il faudrait modifier la définition du mot contagion, il faudrait même en changer la signification.
Oserai-je maintenant risquer mon opinion au sujet de ces deux mots, qui renferment deux idées antagonistes si souvent mises en scène et discutées sans succès, savoir: la contagion et l’infection? Puis-je espérer de jeter quelques éclaircissements sur l’obscurité qui les environne encore?
Je l’oserai, sans me leurrer d’un vain espoir, parce que,
d’après mes convictions, chaque membre du Corps médical, si humble qu’il soit, doit concourir, pour sa part et dans les limites de ses forces, de son savoir et de son intelligence, au perfectionnement de la science à laquelle il s’est cousacré. Il ne doit pas taire le résultat de ses réflexions, ce résultat ne serait-il qu’une lueur de science à peine perceptible, qu’une étincelle d’intelligent perfectionnement en apparence insignifiante. Cette lueur, cette étincelle, recueillie, choyée et avivée par de plus savants et de plus intelligents, ne peut-elle pas devenir un foyer brillant de lumière et de vérité ?
L’idée que je vais développer, et que je crois’entièrement neuve, m’est venue à propos des raisonnements généralement employés pour soutenir que l’air peut servir de véhicule au principe contagieux.
Pourquoi, dit-on, dans certaines circonstances, au sein des hôpitaux, voit-on la variole sévir sur un grand nombre de sujets dès qu’un varioleux a été introduit parmi les autres malades?
Pourquoi, dans l’hôpital des Enfants, voit-on la coqueluche exercer ses ravages dès qu’un enfant atteint de ce mal est amené près des autres enfants?
Pourquoi des médecins d’hôpitaux qui vivaient les quatre cinquièmes de leur temps loin des malades qui leur étaient confiés, ont-ils contracté le typhus dont ces malades étaient atteints, etc. ?
Pourquoi ? dit-on alors. C’est que le principe virulent se trouve mélangé à l’air ; c’est qu’il se met en contact avec les personnes saines, et finit par les affecter.
Certes, je ne nie pas que cela puisse arriver ainsi pour certaines maladies, pour la variole par exemple. Seule-
ment je ne l’admets, même dans ce cas, qu’au moment de la dessiccation des boutons varioleux et de la desquamation, alors que l’air peut charrier des particules de lymphe variolique desséchée. Mais avant cette période pour cette maladie, et à chaque période pour beaucoup d’autres états morbides, qui prouve qu’il existe dans l’air uu principe virulent? C’est là une hypothèse.
Or, hypothèse pour hypothèse, je pencherais pour la suivante, qui me paraît tout aussi probable et convaincante :
A ces diverses questions, je répondrais que cela arrive ainsi, parce qu’il se répand autour de ces malades un miasme (infectieux), produit de la maladie, et qui a la propriété de la reproduire de toutes pièces, de même que le miasme paludéen produit toujours la fièvre intermittente, que personne encore n’a eu l’idée de regarder pour cela comme contagieuse.
Je crois donc que l’on parviendra à élucider la question dès que l’on consentira à admettre des miasmes ou principes infectieux spécifiques, comme on admet la spécificité des principes virulents. Peut-on refuser cette qualification au miasme maremmatique, par exemple ?
On arrivera ainsi à établir une distinction manifeste et fondée entre l’infection et la contagion. Tous les points en litige, tous les cas actuellement douteux, finiront par s’expliquer naturellement.
Ces principes posés, j’entre dans les détails en déclarant ce que j’entends par infectieux ou principe d’infection, par contage ou principe de contagion, par infection et par contagion, en indiquant enfin quelles sont les maladies que je considère comme contagieuses ou comme infectieuses.
Pour moi, l’infectieux est une émanation gazeuse, invisible et intangible, dégagée, soit des matières végétales ou animales en décomposition, soit des corps vivants entassés ou malades, et capable de produire certaines maladies chez l’homme sain.
11 est de deux sortes : l’un, de nature non spécifique et pouvant donner lieu à des maladies diverses, suivant les circonstances au milieu desquelles il se produit et suivant les prédispositions spéciales des individus soumis à son action; l’autre, de nature spécifique, donnant naissance à des maladies identiques dans leurs manifestations, ou en tout semblables à celles dont il est lui-même le produit quand il procède d’une affection morbide.
Au reste, ces principes sont admis par M. de Gasparin, par MM. Bernard et Lafosse, sous les noms d’infectieux simples et de miasmes spécifiques.
Seulement ils n’en ont pas poussé aussi loin que moi les conséquences, leur distinction ne s’appliquant, je crois, qu’aux principes infectieux provenant de toute autre cause que d’une affection morbide.
On peut, après cela et avec ces principes, donner une explication plausible de la production spontanée de certaines maladies prétendues contagieuses, à cause de leur rapide propagation, et qui ne sont toutefois que des maladies infectieuses.
Ce ne sont en effet que des états morbeux engendrés, sous certaines influences cosmiques, par l’infectieux non spécifique provenant d’effluves, de miasmes ou d’émanations putrides, mais non morbides, et qui se propagent, une fois la maladie produite, par l’infectieux spécifique, production d’émanations putrides et morbeuses, aidé et
corroboré par l’infectieux non spécifique , tant qu’on le laisse subsister et qu’on ne cherche pas à le faire disparaître, ce qui est pourtant presque toujours possible, les miasmes qui l’engendrent étant le plus souvent le résultat de la négligence des lois ordinaires de l'hygiène publique ou privée.
Il n’y a que l’air qui serve et qui puisse servir de véhicule à l’infectieux.
On peut, sans inconvénient, le désigner sous le nom d’effluves, de miasme ou d’émanation putride, suivant que cet ageni toxique se dégage des marais, prend naissance dans le corps de l’homme malade et dans les lieux encombrés d’êtres vivants et sains, ou qu’il tire son origine de substances animales en putréfaction.
Le contage est un principe virulent, matériel, toujours spécifique et reproduisant fatalement , par le contact médiat ou immédiat, une maladie identique à celle qui lui adonné naissance. Tout, sans exception, peut servir de véhicule au contage. Mais il est bien entendu que le contage est toujours un principe virulent (à l’état d’humidité ou de siccité, de liquide ou de poussière) matériel et visible, si ce n’est à la vue, tout au moins au microscope, et provenant du corps d’un être malade.
On peut encore donner à ce principe le nom de germe ou de virus, en y ajoutant comme épithète le nom de la maladie adjectivé, si Ton peut le dire ainsi.
Les deux principes ainsi bien définis, il me semble facile de donner une définition réellement distinctive de l’infection et de la contagion.
Ces deux modes de propagation des maladies ayant néanmoins des caractères communs incontestables (ce qui les a fait confondre), les définitions qu’on peut en faire doivent nécessairement se ressentir de cette ressemblance. Elles ne peuvent différer, en effet, que par la désignation de l’agent morbifique qui donne raison de ces deux modes de propagation.
J’adopte, en conséquence, l’une de celles de MM. Monneret et Fleury , en modifiant simplement la phrase finale :
Ainsi, l’infection est le mode suivant lequel se propagent certaines maladies qui tiennent à l’action toxique ou morbifique qu’exerce, sur un ou plusieurs individus placés dans une opportunité particulière pour en recevoir l’influence, l’agent morbigène particulier désigné sous le nom générique d’infectieux (effluve, miasme ou émanation putride).
La contagion est le mode suivant lequel se propagent certaines maladies qui tiennent à l’action toxique ou morbifique qu'exerce, sur un ou plusieurs individus placés dans une opportunité particulière pour le recevoir, l’agent morbigène particulier désigné sous le nom générique de contage (germe ou virus). Le contact médiat ou immédiat est toujours, en temps ordinaire, une condition indispensable à cette transmission.
De là, deux grandes classes de maladies bien distinctes : les maladies infectieuses et les maladies contagieuses.
Dans la première, je range toutes celles à qui l'on
refuse la production d’un virus inoculable à toutes les
périodes de leur existence, et qui sont produites par l’infectieux spécifique ou non spécifique, telles que l’asphyxie par les gaz délétères, la fièvre intermittente, la fièvre typhoïde, le typhus, la fièvre jaune, la fièvre puerpérale, la pourriture d’hôpital, le scorbut, le choléra, lasuelte, etc.
Spécifique ou non spécifique, le miasme qui les engendre, ou qui en émane, ne peut jamais donner naissance qu’à une maladie infectieuse.
Dans la seconde, je place toutes celles qui produisent un virus inoculable, telles que la syphilis , l’hydrophobie, l’anthrax, la lèpre, le porrigo, la variole, etc.
Leur germe, toujours spécifique, peut constamment les reproduire parfaitement identiques, par contact médiat ou immédiat et surtout par inoculation, à moins qu’il n’existe chez les individus soumis à ce contact des dispositions réfractaires physiologiques, ou qu’ils n’aient été antérieurement soumis à un traitement préventif approprié.
Mais, parmi les maladies qui composent cette seconde catégorie, il en est quelques-unes qui, dans certaines circonstances déterminées (épidémies), peuvent engendrer à la fois un miasme spécifique et un virus inoculable. Celles-ci peuvent alors se reproduire, soit à leur début, soit à une certaine époque de leur durée, et par le contage et par l’infectieux spécifique, agissant conjointement
ou séparément, telles que la variole et ses variétés, la peste, etc.
On peut, à la rigueur, en former une troisième classe sous le nom de maladies mixtes ou infecto-contagieuses.
lel est le cadre de classification que je propose, à priori, pour les maladies infectieuses et contagieuses, sauf à le modifiei , a le régulariser et à le compléter à mesure que
de nouvelles recherches feront reconnaître la présence ou l’absence d’un virus ou d’un miasme dans telle ou telle maladie, qu’elle soit ou non dénommée dans ce premier projet de classement méthodique.
2° Classification des maladies au point de vue de leur extensibilité. — En fait, et quant à ce qui a trait à la puissance d’extension des maladies, on doit pouvoir les diviser en classes parfaitement naturelles et à caractères nettement différentiels.
Tout le monde le sait, tout le monde le comprend , et personne peut-être n’a pu parvenir encore à donner de chacune d’elles une définition exempte de tout reproche, et à indiquer d’une manière précise les caractères qui les différencient.
De là, des hésitations et des perplexités lorsqu’il s’agit de faire l’application des définitions adoptées par les auteurs aux cas particuliers observés dans la pratique.
C’est là ce qui m’est arrivé plus d’une fois, à l’occasion de certaines manifestations varioliques.
Or la variole, maladie contagieuse par excellence, peut exister comme maladie sporadique, comme maladie contagieuse proprement dite, ou comme maladie épidémique.
Elle ne peut être considérée comme sporadique, que lorsqu’elle n’attaque qu’un individu à la fois, ou isolément quelques personnes, par suite de prédispositions spéciales et individuelles, ou par suite d’une véritable inoculation.
Elle est contagieuse proprement dite, lorsque le contage, qui est sa cause spéciale ordinaire, atteint par contact immédiat un certain nombre d’individus, et qu’il ne
s’étend pas au-delà du lieu où il s’est primitivement développé.
Enfin, elle doit être rangée au nombre des épidémies, lorsqu’elle frappe un plus ou moins grand nombre d’individus soumis ensemble aux principes varioliques (infectieux spécifique ou contage), sortis des limites assignées à la contagion immédiate, et répandus dans l’atmosphère.
Mais si l’on veut absolument, comme l’ont prétendu certains auteurs fort honorablement placés dans la science, qu’il n’y ait de maladies épidémiques proprement dites que celles qui naissent spontanément, sans cause connue, qui affectent un grand nombre d’individus à la fois, et représentent, dans leur marche générale, un tableau commun et analogue à celui qu’offre la même maladie chez un seul individu, quand elle n’est pas mortelle ( Schnurrer. . . Monneret et Fleury) : oh ! alors, nul doute que la plupart des épidémies de petite-vérole ne puissent être considérées comme telles.
Généralement elles ne naissent point spontanément, et leur cause première n’est que trop évidemment connue dans la pluralité des cas : presque toujours on peut leur assigner une cause toute spéciale. Le plus souvent, c’est l’arrivée dans une localité d’un ou plusieurs individus atteints ou convalescents de la petite-vérole, et j’ai eu l’occasion, en 1854, d’en observer une qui avait été déterminée dans trois communes différentes, très-éloignées l’une de l’autre, par une ou plusieurs vaccinations inoculatrices pratiquées fortuitement avec du virus-vaccin variolique provenant d’une ville où régnait la variole, et qui subsidiairement avaient donné lieu à la contagion médiate épidémique.
Me dira-t-on que, dans cette circonstance, je fais confusion entre les maladies épidémiques proprement dites et les maladies épidémico-contagieuses ? Non, sans doute, car ces dernières, toutes contagieuses qu’elles soient, n’en sont pas moins des épidémies, et la définition qui leur convient doit être conforme à celle des épidémies en général. Elle ne doit contenir qu’un élément de plus, savoir : la contagion.
Qu’on me permette donc de conclure qu’il y a encore quelque chose à faire pour arriver à une bonne définition des. maladies épidémiques. Que l’on veuille bien ne pas m’imputer à faute de penser que l’on y sera parvenu alors seulement que cette définition sera également applicable à tous les cas particuliers.
Là gît toute la difficulté.
11 n’est pas facile, *en effet, de séparer nettement les maladies suivant leur puissance d’extensibilité, et d’indiquer d’une manière bien tranchée, au moyen de définitions succinctes, les caractères différentiels qui distinguent chacune des classes ainsi formées.
C’est ainsi qu’on peut difficilement arriver à une bonne définition des maladies épidémiques.
Celles que l’on admet aujourd’hui ne peuvent être satisfaisantes :
1° Ou elles sont incorrectes et réclament pour ces états morbides, comme celle dont je parlais tout à l'heure, un caractère absolu qui n’existe point d’une manière aussi positive qu’elles l’expriment en réalité.
Et, en effet, les maladies épidémiques sévissent sur un grand nombre d’individus, à des moments plus ou moins rapprochés, mais ne les frappent point ensemble
ou à la fois, c'est-à-dire au même instant et à la même heure .
2° Ou elles sont incomplètes et laissent quelque chose à désirer quant à l’énonciation de certains caractères qui les séparent, et des maladies sporadiques et des maladies endémiques.
Il n’en est aucune, par exemple, qui fasse mention de l’espace do temps qui s’écoule entre leurs manifestations successives, et de la distance des lieux qui se trouvent entre les malades qui en sont les victimes.
30- Ou elles sont trop générales et réunissent, par confusion, des maladies qu’elles sont appelées à diviser (l’endémie et l’épidémie).
Je citerai comme exemple cette définition empruntée au Dictionnaire abrégé des sciences médicales (tom. VI, pag. 542): « L’épidémie est une maladie qui sévit accidentellement sur un grand nombre de personnes, par l’effet de causes non inhérentes à la contrée qu’elles habitent, ou par surcroît momentané d’activité dans les causes mor~ bifiques que cette contrée peut recèlerai .
Il s’agit évidemment ici des endémies transformées en épidémies, dès qu’elles sévissent avec plus de violence qu’à l’ordinaire, ou dès qu’elles étendent leur action audelà des limites où elles se font habituellement sentir.
Or, que l’on considère en général les endémies comme des épidémies spéciales!... rien de mieux, c’est même là ce que je me propose de faire dans un instant ; mais que l’on conçoive la possibilité de les métamorphoser complètement on épidémies générales, accidentelles ou proprement dites!.. voilà ce que je ne saurais admettre.
Cette pensée, au reste, n’a pu se montrer à l’esprit de
certains auteurs, à propos des maladies endémiques simples, telles que le goître et le crétinisme, et n’a pu s’y développer qu’à l’égard des maladies endémiques infectieuses ou contagieuses, à l’égard de la fièvre intermittente, par exemple.
Dans ce cas, l’endémie, comme toute autre maladie, peut avoir ses moments d’exacerbation et de recrudescence. Elle peut, dans ces circonstances, et sans changer de nature, attaquer un plus grand nombre d’individus ; elle peut même étendre son rayon d’action au-delà de ses limites habituelles, et se montrer, d’une manière intermittente ou périodique, dans des localités où on ne la rencontre pas habituellement.
Mais sa cause reste toujours 'permanente et locale, et l’on ne peut conséquemment, sans commettre une erreur matérielle et grossière, la désigner comme une maladie épidémique générale, accidentelle.
Au surplus, il est une comparaison fort souvent employée dans ces occasions, pour indiquer la cause qui engendre les maladies endémiques, et qui rend suffisamment compte deV modi faciendi affecté par elles en pareille occurrence. C’est celle qui consiste à assimiler cette cause à un foyer de chaleur autour duquel est réunie une nombreuse société.
Parmi les personnes qui la composent, il en est qui, trop rapprochées du centre, se chauffent trop ou se gril lent ; il en est de plus éloignées qui ne sentent qu’une douce chaleur ; il en est, enfin, de trop écartées qui, bien que soumises à l’influence du calorique rayonnant, ne perçoivent aucune des sensations pénibles ou agréables éprouvées par les autres. Mais si, par une cause toute
naturelle, le foyer devientmomentanément plus ardent, il en est alors un plus grand nombre qui se brûlent ou se chauffent, et le calorique rayonnant se fait alors sentir avec activité jusqu’aux derniers rangs de la société.
N’en est-il pas de môme des habitants d’une contrée soumise à l’action d’une cause morbifique générale, endémique, soumise à l’action d’un foyer d’infection ?
Les uns, trop avancés vers ce foyer, éprouvent continuellement les désastreux effets des miasmes qui s’en échappent, et leur constitution en est profondément détériorée. Les autres, plus distants, ne ressentent que quelques symptômes plus ou moins graves, et les plus éloignés conservent habituellement une parfaite santé, bien que soumis aux mômes influences, mais considérablement amoindries et profondément mitigées. Mais si, par une cause également naturelle, le foyer d’infection devient passagèrement plus intense, il en est un plus grand nombre qui souffrent cruellement, et les influences miasmatiques de l’endémie se font alors sentir activement, même chez ceux qui d’habitude les supportent sans danger.
C’est ainsi, pour citer un exemple, que l’endémie paludéenne qui sévit sur les habitants des villages bâtis près des marais du département de l’Hérault, et qui respecte ordinairement la ville de Montpellier, s’étend de temps à autre jusqu’aux portes de cette ville. Certains de ses quartiers habituellement indemnes, comme le reste de la cité, mais qui sont plus rapprochés que les autres du foyer d’infection (le faubourg de Lattes, par exemple), ces quartiers, dis je, ressentent alors l’influence de l’endémie, et l’on y voit apparaître la fièvre intermittente, quand les
autres restent, comme toujours, exempts de toute espèce de fièvre paludéenne. (Souvenir de mes études médicales à Montpellier. )
4° Ou bien enfin elles ne contiennent pas des indications suffisamment générales pour qu’elles puissent s’appliquer à toutes les épidémies particulières que le hasard vient soumettre à l’observation, ainsi que j’ai eu l’occasion de le faire remarquer tout à l’heure.
Peut-on mieux faire, et pourrai-je y parvenir ? Je ne sais. Je vais néanmoins l’essayer.
Et d’abord, pourquoi éprouve- t-on tant de difficultés à diviser franchement les maladies au point de vue sous lequel je les envisage actuellement ? Parce que, suivant les circonstances, elles ont une plus ou moins grande puissance d’extensibilité, et qu’elles peuvent se manifester sous plusieurs états distincts; parce qu’il existe deux principes morbifiques qui dominent en quelque sorte la pathologie tout entière, savoir : le contage et l’infectieux ; parce que ces principes, non-seulement engendrent des maladies spécifiques, mais encore peuvent s’adjoindre à tous les autres genres d’états pathologiques, et constituer ainsi des maladies, mixtes ou combinées, qui s’écartent plus ou moins des maladies modèles; parce que, enfin, ces combinaisons diverses jettent nécessairement quelque confusion dans les classifications tentées à cet égard.
Il y a néanmoins possibilité de les diviser d’une manière assez naturelle, en prenant pour point de départ, et les causes qui les engendrent et les limites possibles de leur extensibilité. On peut ainsi former des] types do maladies vers lesquels il y a moyen défaire converger toutes les autres.
Voici : Certaines maladies surviennent indifféremment en tout temps, en tous lieux, et n’attaquent à la fois qu’un seul individu, ou isolément plusieurs individus soumis à une cause spéciale, individuelle. Ce sont les maladies sporadiques.
D’autres ne se montrent qu’en certains temps ou en certains lieux, et atteignent, en même temps ou successivement , un certain nombre de personnes réunies en famille ou en agglomération restreinte, et vivant ensemble sous l’influence d’une cause spéciale commune. Cette cause est spécifique ou non spécifique : c’est le contage ou l’infectieux. Delà, deux classes nouvelles de maladies, savoir : les infectieuses et les contagieuses proprement dites .
Ces trois premières classes sont particulièrement dépendantes des influences hygiéniques.
Les trois suivantes sont plus spécialement soumises aux influences cosmiques (hygiéniques, telluriques et sidérales).
Ce sont les constitutions épidémiques , qui sont engendrées par une cause générale désignée sous le nom de principe ou de génie épidémique , qui doivent être considérées comme spéciales ou comme générales , suivant l’étendue des limites imposées à l’action de cette cause, et qui sont soumises ou non soumises au retour périodique des saisons.
De là : 1° Les maladies épidémiques spéciales ou endémies, états morbides qui, régnant habituellement dans une contrée, atteignent, à des époques indéterminées, un plus ou moins grand nombre des personnes qui l'habitent,' sous l’impulsion d’une cause générale, permanente, locale ou inhérente à cette contrée.
2° Les maladies épidémiques générales (subdivisées en
épidémies saisonnières ou petites épidémies , et en épidémies non saisonnières, grandes épidémies , ou épidémies proprement dites), états morbides qui, pendant un laps de temps plus ou moins déterminé, attaquentàla fois, ouséparément et successivement, à intervalles de temps restreints, à intervalles de lieux indéfinis, un grand nombre d’individus soumis ensemble à l’influence d’unecause générale , accidentelle, universelle, ou communément applicable , non seulement à une contrée tout entière, mais encore à plusieurs peuples, et pour ainsi dire à l’ensemble du monde.
Enfin, dans ces différentes classes, chacune de celles qui ne sont point sous la dépendance immédiate de l’infectieux et du contage peut se subdiviser en trois genres, suivant que la cause spéciale ou générale qui la caractérise est simple, miasmatique ou virulente.
Et l’on a alors les maladies sporadiques, endémiques ou épidémiques , simples, infectieuses ou contagieuses .
Les dernières de toutes, c’est-à-dire les maladies épidémiques contagieuses, ont été quelquefois très-naturellement désignées sous le nom d’épidémico-contagieuses. Elles se propagent nécessairement, vu la spécificité de leur principe, et par le contage qui en est le principe ordinaire, et par l’infectieux spécifique qui se répand fatalement autour du lit des malades et dans la contrée qu’ils habitent ; ce qui explique la grande facilité avec laquelle elles se propagent. On peut donc les désigner encore sous le nom de maladies épidémiques mfecto-contagieuses.
Conséquemment et d’après ces principes, on peut diviser les maladies, considérées à ce point de vue, en six classes parfaitement distinctes , et les ranger dans un tableau synoptique ainsi conçu :
Maladies dépendant :
CLASSIF