‹ Histoire de la vaccinationChapitre 5 sur 24 · ESPÈCES · texte numérisé non relu

ESPÈCES

Maladies sporadiques.

simples

infectieuses... .

contagieuses. . .

Gastrite, pneumonie, rhumatisme, squirrhes, etc.

Asphyxie par les gaz délétères, etc.

Syphilis , morsures d’animaux venimeux, variole, porrigo, etc.

Maladies infectieuses

proprement diles.

Typhus ( typhus des camps , des prisons), scorbut.

Fièvre typhoïde , dothiénentérite , fièvre puerpérale , pourriture d’hôpital, etc.

Maladies contagieuses

proprement dites

Peste ( peste de Marseille , peste de Java).

Pustule maligne , variole et ses variétés, morve.

Porrigo , pityriasis , parasitisme , etc.

Maladies endémiques.

simples

) infectieuses. , . .

contagieuses. .

Goitre, pellagre, ergotisme, bouton d’Alep, etc.

Fièvre intermittente, fièvre jaune, tri chôma, etc.

Frambæsia (pian-yaws) , rnolluscum, etc.

Maladies saisonnières.

Maladies régnantes.

Petites épidémies.

simples

infectieuses. . . .

contagieuses. .

Pneumonie bilieuse , oreillons , érysipèle, etc.

Diarrhée estivale , automnale , cholérine, etc.

Affections diphthéritiques, (croup, angines couenneuses), etc.

Maladies épidémiques proprement dites.

Grandes épidémies.

simples

infectieuses

contagieuses et inf.-contag. . .

Grippe , coqueluche , rougeole .

scarlatine.

Dysenterie , choléra , suette . typhus, etc.

Variole et ses variétés , peste , etc.

que dans ' la nomenclature qui le précède , je suis resté

et contagion.

En conséquence, je dis que la variole, suivant la définition qui en a été faite par MM. Monneret et Fleury, définition que j’accepte et que je donne comme description classique de cette maladie, suffisante pour l’intelligence de cette partie de mon travail, est « une pyrexie essentielle, contagieuse, aiguë, donnant lieu à un exanthème caractérisé par l’éruption de vésico-pustules qui se montrent en nombre plus ou moins considérable sur le visage, le cou, la poitrine et tout le corps, et parcourent, dans l’espace de deux septénaires environ, les différentes phases de leur évolution».

J’ajoute que cette affection morbide, essentiellement contagieuse , peut se rencontrer à l’état sporadique ; qu’elle peut aussi exister parfois, mais en apparence seulement, et non en réalité, à l’état endémique dans certaines villes populeuses au sein desquelles on en découvre à peu près constamment quelques cas authentiques; mais qu’elle se manifeste le plus communément à l’état d’épidémie, et qu’elle constitue alors une maladie épidémique infecto-contagieuse , se reproduisant simultanément et par le contage et par l'infectieux spécifique.

Je viens d’avancer, avec P. Frank, « que la variole était presque endémique dans certaines villes populeuses, dans les villes commerçantes où l'apportent habituellement un grand nombre d’étrangers ‘». Mais je me suis empressé de faire entendre que je ne voyais là qu’une apparence, et qu’en réalité cet état de choses ne constituait pas une véritable endémie. Et je l’ai dit à dessein, afin de trouver l’occasion de bien faire comprendre ma pensée au sujet

1 Traité de médecine pratique, tom. II, pag. 317.

des diverses manifestations que peuvent affecter certaines maladies infectieuses ou contagieuses , et particulièrement la petite-vérole.

Eh bien! je dis que dans ces circonstances la variole se manifeste, soit à l'état sporadique, soit à l’état de maladie contagieuse proprement dite. Tantôt le principe contagieux variolique, successivement introduit dans ces grands centres de population, ne donne lieu qu’à une succession restreinte de cas isolés de variole, engendrés par contact immédiat, et par de véritables inoculations successives, accidentelles et individuelles. Tantôt il attaque les membres d’une famille, les habitants d’une maison et les quelques personnes qui ont pu se mettre en contact avec eux. La variole résulte alors d’une cause spéciale, commune à un certain nombre d’individus, mais ne dépassant point les limites des lieux où elle a été importée. Elle n’est point engendrée par une cause générale, commune, permanente ou inhérente à ces villes ou à la contrée dans laquelle elles ont été bâties, et elle reste maladie contagieuse proprement -dite, parce que, dans le moment où son germe a été porté au sein de ces villes marchandes, il n’a pas rencontré dans leurs murs une constitution épidémique générale favorable à son développement; parce qu’il n’a pas trouvé leurs habitants placés dans une opportunité particulière, suffisamment généralisée pour en recevoir l’influence ; parce que, enfin, et conséquemment à ces dispositions spéciales, momentanées, la variole n’a pu passer à l’état de maladie épidémique, malgré sa puissauce de contagion.

Tout ceci explique comment et avec quelle facilité la variole devait s’introduire au milieu des populations, s’y

propager et étendre au loin ses ravages, avant la découverte de l’immunité concédée aux vachers et aux laitières par l’inoculation naturelle de la petite-vérole des vaches.

Tout cela prouve combien il est facile à la variole de devenir épidémique, même au milieu des populations actuelles, aussitôt qu’elle rencontre dans leur sein un certain nombre d’individus non vaccinés, mal vaccinés, ou dans l’organisme desquels, par suite du renouvellement moléculaire et atomique amené parla succession des âges, il ne reste plus aucune trace du virus inoculé par la vaccination, telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée.

Le virus-vaccin provenant de la vaccine humaine ne peut, en effet, préserver que pour un temps limité, parce qu'en l’employant on ne prend pas le virus préservateur à sa véritable source ; parce qu’avec lui on localise par trop l’affection morbide provoquée ; que l'on en restreint les effets outre mesure, et que le virus ainsi introduit ne s’ancre pas assez profondément dans l’organisme pour résister au renouvellement organique dont je viens de parler.

C’est ce que je me propose de démontrer dans le chapitre qui va suivre.

Tout cela prouve encore combien il est difficile de garantir complètement l’humanité des atteintes de la variole, à cause des affinités électives apparentes de cette maladie pour l’espèce humaine, et des aptitudes natives, héréditaires, de notre organisme à la contracter.

fout cela, enfin, me conduit tout naturellement à m’occuper de la variole épidémique, et à faire l’exposé des principales épidémies de petite-vérole.

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