‹ Histoire de la vénérable mère Madeleine-Sophie BaratChapitre 155 sur 236 · I. — il · texte numérisé non relu

I. — il

reux berceau de son apostolat. Mrao Aude fut suivie jusqu'aux bords du fleuve par ses pauvres écolières, et i là, dit Mmfi Duchesne, elle leur fit en pleurant les adieux de saint Paul ». La nouvelle résidence destinée aux religieuses était Saint-Ferdinand , appelée d'ordinaire Fleurissant ou Florissant, aux environs de Saint-Louis. On en prit possession le 24 décembre, en la veille de Noël. La neige était partout. On commença, en arrivant, par improviser un autel à l'Enfant- Dieu, dans une chambre nue, puis chacune se confessa. A minuit, un missionnaire, M. l'abbé Delacroix, y célébra la messe, à laquelle communièrent les religieuses et leurs cinq pensionnaires amenées de Saint- Charles. Les pauvres ouvriers irlandais et allemands, employés à la construction de l'école, communièrent aussi. Ce fut inoubliable; il semblait que Bethléhem revivait là tout entier, avec sa simplicité, sa nudité et sa ferveur.

Cependant Mmo Barat s'était rendue en Savoie « pour v recueillir, disait -elle, les épines à pleines mains ». La dame donatrice du couvent de Sainte- Claire et le plus dévoué bienfaiteur de cette maison avaient fait succéder à leur première bienfaisance une ingérence tracassière. Un jour, celui-ci voulut même inculper la digne mère Bigeu devant Mma Barat: « Non, Monsieur, lui dit celle-ci, en appuyant sa main sur le bras de son amie , non , jamais personne ne nous désunira. » Forcé de pourvoir à son indépendance, le Sacré-Cœur quitta sa première maison; et, après un an passé dans le château de Monjex, il s'établit à Lescheraine, proche de Chambéry . où Mmc Barat plaça comme supérieure la mère Angélique Lavauden , une de ses plus dignes filles.

A ces divers voyages, la mère générale ne manquait pas de s'arrêter quelque temps à Grenoble, qu'elle-même ap-

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