LES APÔTRES DU CANADA
Les premiers missionnaires du Canada. — Les Jésuites de cette mission, — Leurs travaux, leur zèle, leurs souffrances. — Témoignage de la Mère de l'Incarnation. — Claude Martin entre chez les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. — Lettre de sa mère à cette occasion.
Plantaverunt ecclesiam sanguine suo.
Ils ont planté (cette) église par l’effusion de leur sang.
(Brév. rom. — Commun des Apôtres.)
L’honneur d’avoir porté au Canada les premières semences de la foi chrétienne appartient aux religieux franciscains de la branche des Récollets. Ils y pénétrèrent avec Champlain. On raconte que le saint sacrifice de la messe fut célébré pour la première fois, sur la terre canadienne, le 15 juin 4645, par le R. P. Dolbeau, religieux de saint François.
« Rien ne manqua, dit un témoin oculaire, pour rendre cette action solennelle, autant que la simpli-
"cité de cette petite troupe’ d’une colonie naissante I, — 1
le pouvait permettre ; s'étant préparés par la confession, ils y reçurent le Sauveur par la communion eucharistique. Le Te Deum y fut chanté au son de leur petite artillerie, et parmi les acclamations de joie dont cette solitude retentissait de toutes parts, l’on eût dit qu'elle s'était changée en un paradis, tous y invoquant le roi du ciel, et appelant à leurs secours les anges tutélaires de ces vastes provinces, »
Un an après cette prise de possession par le Dieu de l'Eucharistie des terres de la Nouvelle- France, le Père Le Caron, de l’ordre des Récollets, pénétrait, à la suite de Champlain, à plus de trois cents lieues dans l’intérieur du continent américain. Mais les fils de Saint-François, qui avaient eu la gloire d'inaugurer les Missions de cette partie du nouveau monde, ne tardèrent pas à céder la place aux fils de Saint-Ignace qui ont été, il faut le reconnaître, les vrais apôtres et fondateurs de l'Église du Canada.
On ne saurait dire tout ce qu'ils eurent à souffrir pour fonder cette glorieuse Église. Ils durent soutenir, pendant près d’un demi-siècle, une vraie lutte de géants contre toutes les puissances de l'enfer liguées contre eux, et surmonter les difficultés sans nombre de l’évangélisation d’un pays immense dans son étendue, peuplé d'innombrables tribus sauvages dont plusieurs étaient tout à fait féroces et sanguinaires, et dépourvu de toutes les ressources qui
4 Le P. Leclerc, cité par M. l'abbé Casgrain.
nients qu'ils a auxque gile, S leurs C barbare Pluie d tait enc mécont«