TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII
pagnes son précieux et cher souvenir. Son corps avait été placé provisoirement, on s’en souvient, dans le jardin du monastère. Mais, quand le caveau de la nouvelle église fut terminé, la Mère de l’Incarnation et ses chères filles n’eurent rien tant à cœur que de l’y transporter au plus tôt.
Dans une lettre que nous avons déjà rapportée, notre vénérée Mère nous a raconté les admirables phénomènes que toute la communauté fut appelée à constater au moment de l’ouverture du cercueil, Ce fut d’abord un suave parfum d’iris qui se répandit au dehors. On vit en même temps toute la substance charnue du corps réduite en une masse blanche au-dessous des ossements, et plusieurs des vêtements de la défunte et particulièrement les quatre nœuds de sa ceinture, demeurés intacts sans le moindre signe de corruption.
« Le R. P. J. Lallemand, directeur de la Mère Marie de Saint-Joseph, qui présidait la cérémonie, raconte notre Mère, nous fit une exhortation touchante. Ayant pris pour texte ces paroles de saint Paul aux Romains : Saluez Marie, qui a beaucoup travaillé parmi nous, il rapporta les vertus de cette bienheureuse servante de Dieu, donna une explication morale de cette substance blanche, de cette odeur si douce, des quatre nœuds de sa ceinture !
1 La ceinture dont il est ici parlé est celle que l'on porte dans les maisons d'Ursulines fondées par la congrégation de Bordeaux; cette ceinture fut portée par nos Mères jusqu'en l'année 1681, où l’on adopta les constitutions et règlements de Paris.
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restés sans corruption, et il ne fit point difficulté de l'appeler sainte, disant qu'il la croyait au ciel dans un très haut degré de gloire. Il fit aussi remarquer que dans la vie du R. P. L. du Pont il se trouvait quelque chose de semblable, et que les médecins ayant été appelés pour examiner ce qui paraissait être extraordinaire à l’ouverture du cercueil, ils attestèrent que de pareils faits ne pouvaient être attribués à des causes naturelles; et il ajouta que l’on devait rendre le même témoignage aux restes mortels de la vénérée Mère Marie de Saint- Joseph. »
Quelle douce consolation n’éprouvèrent pas nos ferventes Ursulines en cette circonstance ! Ce retour vers le passé, ces parfums exhalés de la tombe, ces éloges si mérités, tout cela n’était-il pas pour elles la plus douce des consolations et un ineffable sujet d'espérance !
L'année suivante, My" de Laval, ayant fait un voyage en France, en était revenu, au bout de quelque temps, accompagné de plusieurs prêtres d’un mérite fort distingué qui formèrent &ne petite société sous l’autorité du pieux et saint prélat. On raconte qu'il aimait à l'appeler la sainte famille des missions étrangères, car son plus vif désir était qu’elle fût à l’image de la sainte Famille de Nazareth !.
Une toute petite maison située près de l'église pa-
1 Ces détails et tous ceux qui suivent sont empruntés au précieux ouvrage : les Ursulines de Québec jusqu’à nos jours.